Macron

Dans le fond, je n'ai rien contre les couples "prof-élève".

J'ai gardé le souvenir enchanté de Mme Vernière. Je l'ai eue comme professeur de Lettres Classiques (en seconde et en première) au lycée de Talence (33405) qui, sauf erreur, ne se disait pas encore lycée Victor Louis, ni ne se proclamait éco-solidaire. On était à la toute fin des années 1950. C'était un professeur original à la compétence sans faille, fantasque, et avec qui je me sentais en totale amitié. Je ne l'ai jamais oubliée. Elle est morte en 1994.

Et même sans que les histoires aient le moindre rapport, je reconnais que la relation développée par Emmanuel Macron me touche.

Cela prononcé, il a été bien mauvais, l'Emmanuel, dimanche soir 23/4, dans son discours de succès au premier tour. Vaseux, pâteux, avec des blancs … pas terrible tout ça. Il va falloir faire un effort.

Mélenchon non plus, mauvais perdant, n'était pas très gaillard. Et son refus de se prononcer immédiatement pour le vainqueur provisoire, en attendant le second tour, n'a fait malheureusement que confirmer combien le bonhomme, qui s'était déjà signalé par son algarade ridicule pour des questions de voussoiement avec Daniel Cohn-Bendit, manque de qualités personnelles pour incarner absolument la noblesse de la fonction convoitée.

Bref, Macron.

Il est certain qu'il n'y a pas d'hésitation à avoir, qu'on ait ou pas voté pour lui dimanche dernier. Et je pense qu'il est à peu près sûr que ce sera lui, le successeur de Hollande. La question, c'est de savoir de qui il s'entourera pour gouverner, tenant pour sincère sa volonté d'écarter les chevaux de retour … ce qui ne laisse guère de place à l'obstiné François Bayrou, par exemple, bien encombrant allié.

On verra. Les législatives, déjà, seront intéressantes.

Oui, au fond, avec Macron, on est un peu dans le flou, mais un flou qui ne m'est pas antipathique puisqu'il peut laisser place à de bonnes surprises. Et puis surtout, lors du débat à 11 du 20 avril, il a été le seul à mettre en avant, dans ses projets, l'éducation. En fera-t-il quelque chose? Nous verrons bien, mais en tout cas, il y a pensé.

Et là aussi, Mélenchon m'a déçu. Au lieu de vouloir se lancer dans cette affaire embrouillée d'assemblée constituante en vue d'une sixième république, il aurait mieux fait de bâtir un projet simple, solide et complet de mise à plat et de reconstruction, d'abord, de la scolarité obligatoire.

Sur la durée d'un quinquennat, il aurait pu prévoir une première année de remise en ordre ne demandant pas de gros investissements, avec pour commencer l'abrogation de la réforme des rythmes scolaires (bon, ça, il y avait pensé), le retour de l'école élémentaire au statu quo ante, et la remotivation des "instits" (mais si … c'est bien mieux que "professeur des écoles") dans la perspective d'une plus grande autonomie guidée de leur action en direction des savoirs fondamentaux.

Autonomie guidée? Mais si!  Même pas peur de l'oxymore …

Ce point calé, il mettait en place durant cette première année, puisqu'il aime les grands "machins", sur la base d'un pré-canevas, au lieu d'une Constituante-VI°-République, un système de consultation directe de tous les établissements scolaires de la Scolarité Obligatoire visant à redéfinir entièrement celle-ci.

Avec des résultats, pour partie à faire légaliser par l'Assemblée nationale lors d'une session spéciale au printemps 2018, et pour partie relevant de l'autonomie à développer des établissements  "Nouvelle manière", résultats entrant dans les deux cas en phase opérationnelle à la rentrée 2018 et ayant devant eux les quatre dernières années du quinquennat pour démontrer leur efficacité, ce qui correspondrait déjà au parcours complet en Collège (6°-5°-4°-3°) d'une cohorte d'élèves et constituerait un premier test efficace de validation.

Avec la Scolarité Obligatoire, on est au cœur de tous les problème de la société, actuelle et à venir. Et c'est là qu'il faut porter le fer et repenser tout le système.

Mais je crains que sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon ne soit un révolutionnaire d'opérette, accroché à quelques automatismes syndicaux de nature à interdire tout réel bouleversement.

Sinon, je regardais l'appel à candidature du mouvement d'Emmanuel Macron, En Marche, pour les législatives (https://legislatives-enmarche.typeform.com/to/hz0tTV).

Je n'ai plus ni l'âge, ni vraiment l'envie, mais l'aventure de la candidature paraît un challenge amusant.

Je suis d'ailleurs tout à fait séduit, plus largement, par l'idée, mais il faudrait l'étendre à la désignation de pas mal de responsables. Il y a au fond là un principe bien français de recrutement sur concours qui me semble tout à fait pertinent. Et qui pourrait peut-être permettre de sortir du népotisme et des réseaux.

Dans l'immédiat, wait and see.

Mais si l'on écoute les rumeurs dont se faisait l'écho ce midi France-Inter qui évoquait déjà les possibles premiers ministres, le seul fait d'entendre les noms de François Bayrou, de Gérard Collomb, de Jean-Yves Le Drian était déjà le commencement des déceptions à suivre.

Qu'est-ce que c'est que ça ????

On veut des inconnus de qualité, bordel!

Ça doit pouvoir se trouver !