AutreMonde

06 mai 2019

VA PENSIERO G VERDI - FX BELLAMY

                                     NABUCCOLes-desherites

L'envie m'a pris d'aller un peu regarder ce que pensait un politique récemment sorti de l'anonymat médiatique de l'Ecole et de ses problèmes. Il faut se renseigner.

Le titre choisi, et qui l'a été par référence au livre de Bourdieu et Passeron, Les Héritiers, m'avait a priori davantage renvoyé à celui de Maurice Barrès, Les Déracinés. Anti-Bourdieu dans ses contenus, on pourrait peut-être trouver dans l'essai de FX Bellamy des accents qui n'auraient pas tous déplu à Barrès.

Il y a dans ce petit livre, je crois quatre temps. 

Un premier et court chapitre tout à fait réussi, émouvant, sur la représentation du Nabucco de Verdi du 12 mars 2011 à l'Opéra de Rome, Ricardo Mutti au pupitre, et au bis exceptionnel du Va pensiero du choeur des Hébreux consenti par le maestro. Ouverture de l'essai en forme de chant du cygne, peut-être, de la culture. 

Sous l'intitulé: Trois secousses dans un séisme, on trouve ensuite en trois chapitres une analyse précise des conceptions de Descartes (Discours de la méthode), de Rousseau (Emile) et de Bourdieu (Les Héritiers, essentiellement) que l'auteur met aux origines de la maladie de la transmission des connaissances, de la transmission de la culture, qui gangrène le système éducatif. C'est rigoureux, précis, tout à fait passionnant.

La troisième partie: Refonder la transmission, m'a moins convaincu. On retombe là dans l'ornière propre aux réflexions sur l'Education nationale: les analyses sont convaincantes, les dénonciations efficaces et percutantes, mais les remèdes ne dépassent pas le niveau des voeux et l'on ne lit aucune proposition opérationnelle, aucune piste de restructuration effective de l'existant, aucune esquisse de refondation du système, rien qui permette de voir se dessiner la possible mise en oeuvre d'un ressaisissement.

Les dernières pages de l'essai, en deux étapes, l'une de conclusion, rédigée à la fin de l'été 2014, l'autre, en post-face, dans l'urgence de novembre 2015 et qu'ont imposée les attentats de janvier (Charlie Hebdo) et du Bataclan, de nouveau, dans leur réflexion générale, tout à fait accrocheuses et pointant le vide abyssal et mortifère sur lequel a pu déboucher dans la construction de quelques esprits l'échec de l'école en tant que système de formation. Mais elles n'en demeurent pas moins sans ouvertures ou pistes opérationnelles. Un constat affligeant, affligé et un Que faire? intact.

Le livre fait avancer la prise en compte du constat d'une école en situation d'échec et propose des hypothèses diagnostiques singulièrement convaincantes ... jugement que doit compléter un mais trop usuel : Pour quelles solutions?

 

foire-dempoigne                

                                    Conseil de classe 1                         

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30 avril 2019

JEAN-MICHEL BLANQUER : PROFESSEUR DE PLAISIR ?

 

Herakles_Farnese

 

Hercule pensif, avant les douze travaux :

Voyons, qu'est-ce qui me ferait plaisir ?

 J'en doute…

 

 

 

 

Les interventions de JM Blanquer en réponse aux réserves que suscite son école de la confiance comme entre autres sa réforme des parcours du lycée ont ceci d'étonnant que le ressort qu'il met en avant dans le choix des options des classes de fin de cycle (classes de première et de terminale) est celui du plaisir. Foin de frileux réalisme dans vos choix, dit le ministre aux élèves, faites-vous plaisir!

L'argument est aberrant et par ailleurs surréaliste dans la bouche d'un responsable dont le sourire étriqué n'ouvre pas au premier abord sur les forces de la joie.

Sauf erreur, la quasi totalité des commentateurs des propos ministériels et, depuis sa conférence de presse, présidentiels – la courte intervention de Claude Lelièvre, spécialiste reconnu de la question éducative,  sur France-inter au lendemain de la conférence était caractéristique - soulignent l'évidence: nos responsables ne proposent au pays aucun dessein d'ensemble articulé de la formation initiale. Des mesures ou mesurettes replâtrent ici ou là, mais il n'y a pas de colonne vertébrale. L'objectif devrait impliquer les moyens. Mais l'objectif n'est pas défini. Il ne reste donc qu'à bricoler quelques moyens sans âme qui ne résoudront pas grand-chose et surtout ne pourront pas, énoncés sans finalité globale, entraîner la condition nécessaire et suffisante de tout succès: l'adhésion volontariste et enthousiaste des troupes.

Sur cette affaire de choix d'options au lycée, l'antienne du "Faites-vous plaisir!" est proprement scandaleuse. Faire appel à la libido sciendi dans le cadre scolaire est une vaste plaisanterie. On est là dans le champ de l'effort. Il faut se préoccuper de lui donner un sens. Et le ressort principal sur lequel il conviendrait de jouer est l'utilitarisme. JM Blanquer pense-t-il qu'en appelant Rabelais à la rescousse, il va nous propulser loin des griffes du chômage?

Toute leur vie estoit employée non par loix, statuz ou reigles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levoient du lict quand bon leur sembloit, beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient quand le desir leur venoit ; nul ne les esueilloit, nul ne les parforcoit ny à boyre, ni à manger, ny à faire chose aultre quelconques. Ainsi l’avoit estably Gargantua. En leur reigle n’estoit que ceste clause : FAY CE QUE VOULDRAS.

Ben voyons!

Le président de la République devrait articuler sa réflexion jupitérienne autour de deux axes simples.

Le premier axe consiste à définir prioritairement avec précision l'ensemble coordonné de connaissances et de compétences nécessaires pour entrer efficacement et harmonieusement dans l'âge adulte, dans l'âge social, dans l'âge de la contribution personnelle active au fonctionnement de la société, puis, cet ensemble bien dessiné, à charger le ministère de l'Education nationale de veiller à son acquisition – sauf cas pathologique – par tous. Redisons par tous et renommons-le: socle commun.

Le second axe consiste à obtenir de toute filière d'emploi, de tout chemin de poursuite d'études, la définition précise de ses attentes en termes de compétences et d'acquis préalables, attentes à poser comme condition sine qua non d'un recrutement. Le codex ainsi défini est porté à la connaissance du public et s'impose au Ministère de l'Education nationale comme référence pour l'organisation de ses formations initiales, hors le cadre du socle commun.

Dûment informés, les publics en formation, en fonction de leurs projets d'insertion sociale ou de prolongement d'études, choisissent leur parcours hors socle commun. Un parcours modularisé dans les différents champs disciplinaires par le biais d'unités de valeurs cumulables offrant tous les niveaux de spécialisation. Et l'utilitarisme, là, prime. On ne cherche pas le plaisir, on vise l'efficacité. Le plaisir d'ailleurs peut venir par surcroît: l'effort est gratifiant et la victoire sur soi-même porte sa propre satisfaction.

Le schéma indiqué, en version molle, est vaguement dessiné par les soi-disant démarches d'orientation existantes. Les mots que j'emploie sont déjà utilisés dans les textes officiels, mais ce sont des mots, il n'y a rien derrière et rien ne fonctionne vraiment, parce que rien n'est réellement pensé, réfléchi globalement, conçu pour être exécuté, pour aboutir. Il faudrait pour cela revoir profondément la structure même des enseignements, les profils et les missions des enseignants, le fonctionnement des établissements, les modalités des formations.

La société est à rebâtir, j'en conviens, mais la première pierre, c'est l'école. JM Blanquer ne devrait pas être là pour dire: Fais ce que veux, mais : Fais ce que dois pour atteindre ce que veux.

Et une analyse approfondie des exigences des différents champs d'activité devrait ouvrir devant "l'apprenant" les chemins d'apprentissage efficaces, balisés en toute rigueur et exigence, qui pourront le conduire, dans l'investissement et l'effort personnel, au but qu'il se fixera.

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18 avril 2019

Dure Actualité .....

                     HUGO pleureND des Gilets Jaunes

Dons

 

Il me semble que ces trois illustrations de l'incendie de Notre-Dame couvrent assez bien le champ des questions . 

La tragédie culturelle, l'incompréhension du malaise général, le scandale des grandes fortunes et de la fuite devant l'impôt. 

Les pleurs d'Hugo peuvent d'abord être l'occasion d'une remarque. Notre-Dame de Paris, le roman, est publié en 1831. Le clocher initial du XIII° siècle a été démonté à la fin du XVIII° et la cathédrale est restée sans flèche jusqu'à la restauration de Viollet-le-Duc en 1859. Victor Hugo, né en 1802, a écrit son roman à la gloire d'une cathédrale sans flèche. On peut donc estimer que l'aura culturelle internationale de l'édifice, largement due à l'oeuvre du romancier, ne tient pas essentiellement à ce qui vient de brûler. D'où la question iconoclaste : est-il si urgent, voire, est-il besoin de la reconstruire ou de la remplacer?   

Le poète souffre pour "son" monument. Mais le mot terrible dont il a inventé l'inscription sur un des piliers de la cathédrale, Ἀνάγκη, la fatalité, le destin, en grec ancien, il en acceptait en les développant dans son roman les conséquences. Le mot a de nouveau frappé. On peut en prendre acte. Et passant avec le même Hugo, de Notre-Dame de Paris aux Misérables, se demander si le malheur des monuments ne doit pas le céder au malheur des hommes.

Il n'est pas obscène devant la disparition de la flèche de ND de s'intéresser à Quasimodo en gilet jaune réclamant un toit, un toit dont on comprend bien qu'il ne s'agit pas de la voûte effondrée de l'édifice. Ce mouvement des gilets jaunes n'est pas en totalité sympathique parce que trop de dérapages médiatisés et de réels dégâts de devantures, trop de violences parasites détériorent l'élan de sa protestation, justifiée non dans le détail, mais comme affirmation d'un malaise social général incompris des responsables. Le côté sympathique, on le voit dans les salles de cinéma où le film de Gilles Perret et François Ruffin, J'veux du soleil, apporte un touchant témoignage. Le côté haineux, il est dans les images de l'agression qu'a subie Alain Finkielkraut à Montparnasse et il signe l'agrégation à une protestation recevable de trop d'éléments parasites sans rapport et incontrôlés. Mais au-delà d'un mouvement incapable de s'autogérer et donc de "prendre", il y a le politique, dont on peut craindre le pire tant il semble ne rien comprendre à l'étendue profonde du mal-être. Le pouvoir en réalité ne sait que faire, parce qu'il lui faudrait tout repenser. Le discours différé d'Emmanuel Macron risque fort de ne rien arranger ...

Le canadair siglé "paradis fiscaux" souligne assez le problème. La compétition ridicule que se livrent les grandes fortunes dans leur concours de surenchère dans les dons, sous les absurdes applaudissements de divers responsables qui s'engouffrent dans une reconstruction à l'horizon des J.O. probablement aussi sotte qu'impossible à tenir, a quelque chose d'abject. La question mineure des suites à donner à l'incendie du 15 avril 2019 ne devrait pas occuper le devant de la scène. Un défi à cinq ans plus noble serait celui de l'éradication de la fraude fiscale, de l'arasement des inégalités, de la fin du scandale permanent des richesses excessives. Là est la véritable "grande cause" nationale. Tout succès franc dans cette direction signerait une amélioration significative du traitement des autres questions relevant de la santé, de l'éducation, etc., c'est-à-dire pourrait refonder un équilibre social gravement en péril et permettre de reconsidérer sous un autre angle la question du commun, de la tolérance, de l'accueil par le biais d'un apaisement économique dont tous sans exception seraient bénéficiaires. Mais ...

On peut aussi pousser la dérision jusqu'au bout de l'humour noir, ou l'inverse, comme ici dans une invention potache d'une  injuste mais si drôle cruauté:

 

Macron & ND

 

 

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14 avril 2019

J'VEUX DU SOLEIL

J'veux du soleil

Le film sonne juste. Je n'y allais pas conquis d'avance. Pas d'engouement particulier pour JF Ruffin et puis, les images haineuses des quelques Gilets Jaunes agressant Alain Finkielkraut du côté de la gare Montparnasse ....

Mais ce "ronds-points movie" touche. Bien entendu, le montage est parfaitement de parti pris, les images intercalées d'Emmanuel Macron soigneusement "anti", un ou deux flashes de "répression policière" convenablement révoltants ... mais les hommes et les femmes qu'on voit sur les ronds-points véhiculent à l'évidence des difficultés à vivre qui ne laissent pas indifférent. 

Une chose frappe, qui ne m'a sauté aux yeux qu'ensuite: ces gens, là, en train de faire cuire des saucisses à côté de cabanes bricolées avec des palettes, dans le froid de novembre et l'obstination des convaincus, si j'y reconnais facilement les silhouettes que je croise sur la place du marché d'un village du sud de Toulouse où j'ai mes habitudes, je n'y retrouve rien de ce que je vois autour de moi quand je monte dans une rame de métro, un peu tôt le matin, à Paris. Deux populations étanches.

Il vaut quoi qu'il en soit le coup d'aller voir le film, oubliant qu'il est "de propagande": il suscite un élan généreux. Et les derniers plans, sur une reprise du tube du groupe Au P'Tit Bonheur (Clip de la version originale ICI) est une belle et émouvante idée.  Dans la salle de cinéma, une voix s'est élevée, à la fin, pour proclamer : Il faudrait que Macron le voie. J'imagine qu'il l'a vu. Mais ensuite? Je ne suis optimiste à aucun niveau, dans cette affaire.

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11 avril 2019

LA LUTTE DES CLASSES

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C'est un film de Michel Leclerc, avec Edouard Baer, Leila Bekhti, formidables, et quelques autres, pas mal non plus. Et c'est depuis une semaine à l'affiche. C'est un film tout à fait excessif, assez injuste, mais très jubilatoire sur la "tempête sous un crâne" de parents qui veulent concilier équilibre de leur gosse et attachement aux valeurs républicaines et à l'école publique.

C'est aussi un film paradoxalement trop optimiste. Les conflits évoqués ne se résorbent pas "comme au cinéma". Mais cela vaut la peine d'y aller. Il y a un peu de provocation, mais avec des limites : on peut y enculer le pape en chanson, mais on se garde bien d'y conchier Mahomet, par crainte des mots qui tuent, et le voile finit par y sauver la vie d'un homme. Passons. En termes de divertissement, Edouard Baer en vieux rocker distancié est impayable et Leila Bekhti est extraordinairement attachante, touchante. 

En termes d'analyse de la situation de l'école publique, on reste dans la caricature, et le traitement est trop superficiel. Ce n'était pas non plus la philosophie du film, qui a des objectifs avant tout ludiques. Mais enfin, même en grinçant un peu des dents à l'arrière-plan, on voit passer et se poser des problèmes réels. Simplement, l'impuissance affichée dans des registres différents des deux enseignants en première ligne est trop simpliste. 

C'est malgré tout la deuxième fois (sur ma seule et étroite cinéphilie) qu'un film peut être l'objet d'un prolongement de réflexion. Il y a eu "Entre les murs", palme d'Or à Cannes, tiré de l'indispensable roman de François Bégaudeau, et celui-ci. D'autres certainement, que je n'ai pas vus, mais ... Je ne compte pas le très médiocre et regrettable  "L'esquive" (malgré les engouements d'une critique aveugle pour ne pas dire imbécile) d'Abdellatif Kéchiche. Seul Bégaudeau a vraiment frolé le réel de la classe, mais on peut sortir des deux en se disant que le système ne se réformera pas par le haut. 

Il faut absolument des prises de conscience locales et alors même que globalement, les chefs d'établissement sont le maillon faible du système, ils pourraient en être le recours. C'est à ce modeste niveau hiérarchique que la notion (asexuée) d'homme providentiel peut paradoxalement jouer. Le ministère malgré la tentative de réforme du recrutement de 1989 n'a pas trouvé la bonne méthode.  Il faut dans cette perspective des marges de manoeuvre réelles couplées avec une véritable autonomie des établissements pour aller vers un maillage efficace du territoire à l'aide de cellules d'enseignement cohérentes et coordonnées. On tâtonne et on en est loin, car l'extraordinaire défiance des enseignants ne peut pas se lever par décret. Il reste toujours à engager un travail de longue haleine et de fond, adossé à une clarté absolue dans le dessein qui fait défaut.

Tout redétailler est lassant. Ce billet fatigué n'est là que pour mémoire. Mais au moins, il faut aller voir le film, dans la logique tant de fois répétée après lui de Beaumarchais : Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.  

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04 mars 2019

LA RÉFORME DU LYCÉE

In Le Monde, page 13 du numéro daté de Mercredi 28/2., un article sous la signature : Violaine Morin. 

RÉACTION ....

Protection

Des rivalités entre les disciplines …  Le temps de cours chamboulé par les sciences numériques … Tout cela n'est en réalité pas sérieux.

Un tronc commun est prévu, articulé autour des disciplines suivantes : français, histoire-géographie, deux langues vivantes, E.P.S. (éducation physique et sportive), EMC (enseignement moral et civique), bloc enseignement scientifique (SVT (sciences de la vie et de la terre + Physique)). Ce tronc commun a deux défauts évidents :

1 - il est absurde de ne pas énoncer  que les mathématiques font partie du bloc scientifique (pas "les", en fait, mais "des" mathématiques : un noyau dur incompressible de procédures calculatoires et de géométrie très élémentaire)

2 - pour d'évidentes raisons de réalisme, l'anglais doit être la langue vivante du tronc commun et il n'en est là besoin que d'une.

Au-delà, ce sont les spécialités optionnelles.

Les tensions enseignantes, les interrogations locales sur la répartition des services, tout cela, détaillé dans l'article, n'est que le signe évident du décalage entre le corps enseignant  et les nécessaires transformations de l'école. Le ministère va inhiber sa propre réforme (qui n'est pas, loin s'en faut, optimale, mais représente un pas en avant) s'il n'ose pas expliciter : le métier d'enseignant doit changer. Il n'est pas possible de se couler dans les intentions d'une réforme où affleurent:  le contrôle continu - l'exigence d'un enseignement commun minimal ouvert sur la perspective d'un vivre ensemble - les choix optionnels permettant le déploiement d'une excellence individuelle, si la notion d'équipe d'établissement ne prend pas corps, avec la conscience des spécificités de la population locale à scolariser, la compréhension des objectifs nationaux poursuivis, l'intégration positive des moyens enseignants à disposition (compétences, savoir-faire, investissement personnel) et la volonté de déboucher sur l'élaboration d'un véritable projet local de formation adapté, autonome et réaliste.

Il faut accepter, en réclamant une indispensable formation des maîtres orientée dans cette direction, une évolution de la vision de l'établissement et de son équipe non pas, "à l'ancienne",  en termes d'addition des horaires disciplinaires connectés aux spécialités des postes à disposition, mais en termes de potentiel humain global disponible (par exemple : 1 professeur = 36 heures hebdomadaires d'investissement dans la direction des élèves dont 4 heures réservées à la formation continue ; à multiplier par le nombre de professeurs), afin d'organiser en équipe et sans a priori la meilleure répartition des responsabilités, des activités et des tâches permettant de former efficacement des élèves à encadrer sur place et à mettre au travail 40 heures par semaine.

C'est seulement à partir de cet énoncé "scandaleux" que l'on pourra envisager et de reprendre en main le système de la formation et d'installer dans l'effectivité une réforme approfondie de l'école. Un tel cadre affirmé, on peut redescendre aux détails d'application. Procéder autrement, c'est se vouer à l'échec au milieu des anathèmes croisés des tenants de l'approche maintenue d'un geste éducatif obsolète et inadapté aux évolutions de la jeunesse, chacun, fût-il vegan, confondant comme en témoigne Violaine Morin, la priorité à donner au renouvellement du système et la défense de son bifteck pédagogique ! 

Matin

 

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26 février 2019

TOLÉRANCE, LAÏCITÉ, ÉCOLE … PENSÉES DE PRINTEMPS PRÉCOCE ET DE MON BALCON.

 

BALCON

Jean-Michel Blanquer nous rebat les oreilles avec son "Ecole de la confiance", il ferait mieux d'instituer une "Ecole laïque de la tolérance" et regrouper ainsi en une fois deux combats indispensables et convergents.

Sur France-Culture, dans l'émission Répliques qu'Alain Finkielkraut pilote les samedis matins, deux débats se sont succédé en ce début d'année. Le 19 janvier sous l'intitulé La tolérance est-elle une vertu? étaient invités Claude Habib et Pierre Manent. Samedi dernier 23 février, c'était Laurent Bouvet et Philippe Raynaud qui échangeaient avec Alain Finkielkraut sur le thème Qu'est-ce que la laïcité?

En arrière plan, des livres :

Comment peut-on être tolérant? - Claude Habib - Desclée de Brouwer - 2019

Situation de la France - Pierre Manent - Desclée de Brouwer - 2015

La nouvelle question laïque - Laurent Bouvet - Flammarion, 2019

Laïcité, histoire d'une singularité française - Philippe Raynaud - Gallimard 2019

Des ouvrages enrichissants, fouillés, mais dont on se demande toujours, tant la réponse à la question posée nous semble tomber sous le sens et tenir en quelques lignes, s'il n'y a pas, dans le décalage significatif entre les approches érudites et savantes et l'exigence brute d'une mise en application concrète, dans une société épanouie, de principes d'équilibre dont on voit chaque jour combien ils sont fragiles et menacés, la signature de nos impuissances essentiellement verbeuses. Faut-il tant parler pour ne rien faire?

Ils doivent parler, et nous, nous devons, par une prise de conscience collective, faire.

Il faut agir. Il y a le court terme et le long terme.

Le court terme .

Hijab de course

Claude Habib, dans son livre, renvoie à John Stuart Mill (1806-1873). Ce philosophe anglais fut aussi un précurseur du féminisme, je le rappelle compte tenu de ce que je veux en faire. Elle cite son ouvrage De la liberté (1859) : "Les actes d'un individu peuvent être préjudiciables aux autres ou ne pas prendre suffisamment en considération leur bien-être, sans pour cela violer aucun de leurs droits constitués. Dans ce cas-là, l'offenseur peut-être justement puni par l'opinion, mais non par la loi". Or, aujourd'hui, je lis (référence : huffingtonpost.fr) que Décathlon, faisant suite à Nike qui a commercialisé un produit semblable l'année dernière, va mettre en vente un "hijab de course". Il n'y a rien là de "contraire à la loi". Mais bien, à l'évidence, une soumission aux influences convergentes de l'argent et de l'islamisme et qui s'inscrit dans le cadre de l'expansion du voile, attribut "préjudiciables aux autres", agression visuelle qui signe un abaissement insupportable du statut de la femme. Quid alors de la punition par l'opinion à laquelle en appelle Mill? A un affichage public, il faut, je crois répondre par un affichage public du même ordre. Et je trouverais logique, et potentiellement efficace, de tirer parti des beaux jours qui s'annoncent et du printemps qui vient pour porter, face au voile, des T-shirts floqués de slogans comme : "Femmes, osez le dévoilement / Sous le voile, la beauté ment" ou "Soyez donc belles et dévoilées / Dieu n'en sera pas désolé" ou "Femmes! Osez vous dévoiler / Car Dieu aime votre beauté!", etc. L'opinion a besoin d'une masse critique; atteinte et dépassée, elle bascule.

Ce peut même être un coup à faire! Un équipementier français pour relever le défi? Aigle, Lacoste, Le coq sportif, Lafuma, Millet ... Il n'en manque pas.

Le long terme .

Le long terme, c'est l'Ecole. Loin des pitreries auxquelles s'est prêté, ce dimanche 24 février, dans le 20 heures de France 2 et sous la houlette de Laurent Delahousse, face à un Fabrice Luchini dont la pertinence sur la question scolaire relève de l'envolée lyrique nombriliste et non de la proposition structurée, le ministre de l'Education Nationale (voir le billet de Claude Lelièvre qui dit ce qui doit l'être ICI), c'est sur la mise en place d'une pédagogie active de la tolérance et de la laïcité qu'il faut se pencher. J'ai largement détaillé et depuis longtemps  dans ce blog les éléments de ce qui me paraît être l'indispensable refonte du système de la formation initiale, clé de voûte d'un ressaisissement de l'harmonie sociale et de l'épanouissement individuel. J'en ai même rassemblé et publié sous la forme d'une fantaisie sérieuse le bilan (voir ICI). 

Je dirai seulement que pour introduire la tolérance (son enseignement et son effectivité) à l'Ecole laïque, la seule voie réaliste et réalisable est l'enseignement et la pratique de l'argumentation dans le débat contradictoire. Et que dans les perspectives que je défends, l'installation d'une dichotomie de la formation, dont un mi-temps dédié au groupe-classe, encadré-guidé par un binôme d'enseignants bien formés à polyvalence large organisant, en continu, des activités de mise en commun et en perspective des acquis en construction des élèves (acquis gagnés au long d'un second mi-temps voué aux disciplines, confié à d'autres compétences, plus classiques), des activités ouvertes sur le monde, la vie, les échanges autour des questions universelles dans lesquelles s'inscrit le vivre individuel et le vivre-ensemble, des activités relevant du débat, des argumentations croisées, de la prise de recul active, de l'explicitation des questions, de la prise en compte des différences, de la recherche du compromis, de l'arasement lucide des outrances, etc. serait l'outil optimal.

Cette démarche, qui présuppose que l'on redessine une philosophie éducative dont les résultats montrent assez qu'elle est globalement en situation d'échec,  n'est hélas pas en vue. Il y faudrait autre chose que les gestionnaires sans vision qui se succèdent aux responsabilités, juste bons à manier quelques éléments de langage creux et à se prêter à quelques singeries télévisuelles. L'Ecole devrait être la colonne vertébrale de la nation, elle prend le chemin d'en être le ventre mou.

Il ne nous restera que nos yeux pour pleurer.

 

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30 janvier 2019

RIONS UN PEU : TAXATION ET LIMITATION DES REVENUS.

Soit le point de départ suivant: 

Il me paraît aberrant que des individus, quelles que soit leurs responsabilités et leurs mérites, bénéficient de revenus nets illimités. D'où l'idée d'une limite. Choisissons 300 000 € par an. Cela me semble confortable.

Il me paraît aberrant que l'on ne demande pas au citoyen qui touche un revenu, quel qu'il soit, de participer sur celui-ci à l'effort collectif. D'où l'idée d'une taxation dès le premier euro.

Il ne me semble pas aberrant de garantir à tout citoyen les moyens de rester acteur de la société en disposant d'un revenu minimum. D'où l'idée d'un revenu plancher, garanti à chacun. Base de discussion : 12000 euros annuels (1000€/mois)

Il me paraît souhaitable et nécessaire qu'un groupe parental (éventuellement monoparental, plus souhaitablement bi-parental, formé alors de deux personnes qui se sont choisies pour une vie commune, sans doute plus rarement polyparental au-delà de deux), groupe qui contribue à l'avancée de la société en élevant dans de bonnes conditions des enfants, soit aidé, si ses revenus sont faibles, par la société dans cette tâche. Prenons comme base de cette aide un montant de 6000 € annuels pour un enfant (base 1) élevé par un groupe parental au revenu annuel de 12000 €, en appliquant à ce montant de façon dégressive les coefficients 5/3 pour deux enfants, 13/6 pour trois enfants, 15/6 pour quatre enfants soit un apport respectif par enfant supplémentaire de 2/3, puis 1/2, puis 1/3 du montant de base, éventuellement à reconduire au-delà.

Cette aide doit être proportionnée aux revenus du groupe parental. On peut estimer qu'au-delà d'un net parental de 50 000€ annuels, elle n'a plus lieu d'être. On peut construire une formule simple (fonction trigonométrique) qui assure une dégressivité continue, sans effet de seuil (de 6000 à 0) pour l'aide de base (1 enfant) avec application pour 2, 3, etc. des coefficients indiqués. Si A est le montant de l'aide pour 1 enfant, et N le revenu net du groupe parental

A = 6000x(1+cos(πxN/50 000))/(1+cos(0.2307692308xπ))

Ces principes posés, revenons au revenu individuel, à brider si excessif.

Sous réserve absolue de maîtriser effectivement la transparence desdits revenus au regard de l'administration, on peut appliquer de façon simple, dès le premier euro comme affirmé, la formule (fonction hyperbolique) suivante, où B est le revenu brut et N le revenu net qui s'en déduit:

N = 30xB/(0,0001xB + 30)

Simple à appliquer, cette formule, continue, élimine tout effet de seuil et, dérivable, assure une bonne progressivité de l'impôt. En outre, elle limite à 300 000 € annuels le revenu individuel net, quel que soit le montant du revenu brut, la somme de 300 000 € n'étant d'ailleurs qu'une limite correspondant à un revenu brut "infini".

Sur la base de ces principes, on peut contrôler sur le tableau Excel ci-dessous, les résultats d'une simulation pour une échelle de revenus individuels bruts annuels jusqu'à 5 000 000 € et de revenus parentaux annuels nets (plus raisonnablement) jusqu'à 58 000 €  avec 1, 2 ou 3 enfants. Pour lire ce tableau dans le cas des groupes parentaux / familiaux, on précise ce qui suit :

L'imposition est toujours individuelle. Ainsi, un couple parental de revenu brut total 240 000 € par addition de deux revenus bruts individuels de 120 000 €, aura un revenu net double du revenu net individuel associé au brut de 120 000 € et non pas le revenu net d'un seul individu de revenu brut 240 000 €. 

La présence des enfants fait passer du groupe parental au groupe familial et ajoute au net parental l'aide à l'éducation des enfants. En colonne K, le montant de l'aide à l'éducation pour un enfant (base 1), fonction du revenu net parental de la colonne J. D'où les revenus nets familiaux en colonnes L, M, et N selon le nombre d'enfants.

La colonne H met en évidence le taux d'imposition (en %) auquel sont soumis les revenus bruts individuels. On voit clairement en comparant les colonnes F et G les effets de l'imposition hyperbolique

SCAN IMPÔTS

                                                                                   Incompréhension

 

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09 janvier 2019

DÉLASSEMENT ARIDE – POUR ÉLÈVE DE TERMINALE S – SPÉCIALITÉ MATHS

Sur une remarque de Catalan (Eugène -  X 1833)

(référence : Revue des Anciens élèves de l'Ecole Polytechnique - janvier 2019)

"Le sextuple de tout nombre impair est la somme de trois carrés non nuls".

1- On fait fonctionner explicitement cette observation sur les nombres impairs compris entre 0 et 20.

6x1 = 22 + 12 + 12

6x3 = 42 + 12 + 12

6x5 = 52 + 22 + 12

6x7 = 52 + 42 + 12

6x9 = 62 + 32 + 32

6x11 = 82 + 12 + 12

6x13 = 72 + 52 + 22

6x15 = 82 + 52 + 12

6x17 = 72 + 72 + 22

6x19 = 82 + 52 + 52

2 – Résultats admis :

a) Théorème des quatre carrés de Lagrange : Tout entier naturel est somme d'au plus quatre carrés.

 b) Résultat de Gauss-Legendre : Les nombres pour lesquels le recours à trois carrés ne suffit pas sont les nombres qui peuvent s'écrire : 4q(8r-1), avec q et r entier naturels.

  & - Identité à démontrer (immédiat) : (3a)2 + (3b)2 = (2a + 2b)2 + (2a – b)2 + (2b – a)2

3 – A l'aide des résultats de 2, validation de la remarque de Catalan .

Tout nombre impair s'écrit : 2p+1

Son sextuple s'écrit : 12p+6

Il est congru à 2 modulo 4

Par Lagrange, il est somme d'au plus quatre carrés. Peut-on se contenter d'au plus trois carrés?

Pour q et r entiers naturels:

si q>0, 4q(8r-1) est congru à 0 modulo 4

si q=0, 4q(8r-1) est congru à 7 modulo 8

Constat : 12p + 6 est congru à 2 modulo 4 et à 4p+6 modulo 8

p, mod 8

0

1

2

3

4

5

6

7

4p, mod 8

0

4

0

4

0

4

0

4

4p+6, mod 8

6

2

6

2

6

2

6

2

Donc, quels que soient q, r, 12p+6 n'est jamais de la forme 4q(8r-1)

Par Gauss-Legendre, on peut donc décomposer 12p+6 en somme de trois carrés au plus.

Peut-on garantir trois carrés non nuls?

Un seul carré? Non: (2k)2 est congru à 0 modulo 4 et (2k+1)2 est congru à 1 modulo 4.

Deux carrés?

(2k)2 + (2k+1)2 est congru à 1 modulo 4. Exclu

(2k)2 + (2k')2 est congru à 0 modulo 4. Exclu

(2k+1)2 + (2k'+1)2 est congru à 2 modulo 4. Pas exclu.

Par l'identité démontrée en 2, si on dispose de la somme de deux carrés non nuls de multiples de trois, on peut les remplacer par la somme de trois carrés non nuls.

12p + 6 est congru à 0 modulo 3.

2k + 1 et 2k' + 1 sont interchangeables. On examine les cas possibles :

{2k+1, 2k'+1} mod 3

{0,0}

{0,1}

{0,2}

{1,1}

{1,2}

{2,2}

(2k+1)2+(2k'+1)2, mod 3

0

1

1

2

2

2

(2k+1)2 + (2k'+1)2  ne peut s'écrire 12p+6 que si les deux carrés sont carrés de multiples de 3.

Donc, si 12p+6 peut s'écrire comme somme de deux carrés non nuls, on pourra aussi l'écrire comme somme de trois carrés non nuls d'entiers naturels par :

12p+6 = (3a)2 + (3b)2 = (2a + 2b)2 + (2a – b)2 + (2b – a)2

12p+6 = (2a + 2b)2 + (abs(2a – b))2 + (abs(2b – a))2

Exemple :

6x27 = 162 = 92 + 92 = (3x3)2 + (3x3)2 = (2x3 + 2x3)2 + (2x3 – 3)2 + (2x3 – 3)2

6x27 = 122 + 32 + 3

Finalement, le sextuple (12p+6) de tout nombre impair (2p+1) peut toujours se décomposer en somme de trois carrés d'entiers naturels non nuls.

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04 janvier 2019

2019 .....

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Des Gilets Jaunes aux Stylos Rouges, des ronds-points aux salles de classe, le début de l'année risque fort de se maintenir sous le signe de la protestation. Sur les ronds-points, je ne dirai rien, sur les salles de classe, il y a trop à dire.

Et pourtant …

Je n'ai pas repris à la rentrée 2018, mon investissement de l'année scolaire précédente dans le cadre de la procédure Devoirs faits. Initiée par le ministère, cette procédure d'accompagnement des élèves en termes d'encadrement et de soutien sur place, dans l'établissement même et  au quotidien, ne m'avait pas semblé, sauf cas d'espèce, d'une bien grande efficacité. Il faut souligner que mon expérience (intervention dans un établissement, observation dans un autre) était trop limitée pour juger . On trouve sur internet des comptes-rendus globalement positifs, mais dans le cadre de bilans académiques officiels qui n'offrent pas, remontés par la voie des chefs d'établissement, toutes les garanties d'une photographie réelle, sur le terrain, en situation, dans la salle. De fait, il faut voir, et sur mon expérience de l'an passé, on est loin du compte …

Là comme ailleurs, ce sont les établissements qui doivent se structurer et examiner leur gestion propre des moyens attribués mis en regard des compétences disponibles. Il y a beaucoup de frilosité et de réticences, dès qu'il s'agit de prendre des initiatives .

Autre chantier ...

La réforme du baccalauréat en cours de mise en œuvre par JM Blanquer sur la base revue des propositions du rapport de Pierre Mathiot rencontre des oppositions qui permettent de réfléchir encore aux difficultés soulevées par toute innovation pédagogique et aux moyens d'y répondre.

Le principe d'une scolarité de tronc commun assorti de spécialités optionnelles est un bon principe. Mais est-il besoin de rappeler qu'un tronc commun, pour être efficace, ne peut poursuivre des objectifs démesurés? Un cadre général d'élaboration est défini. On peut se reporter à la Note d’orientation à destination des groupes d’élaboration des projets de programme – Avril 2018 (http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/24/7/Note_d_orientation_GEPP_VDEF_968247.pdf)

Les résultats seront-ils raisonnables?

La question des spécialités aux yeux des contestataires se heurte à l'argument de l'inégalité territoriale dans les choix. Une douzaine de thèmes sont proposés qui ne  pourront pas être offerts dans tous les établissements, d'où des restrictions dans l'éventail des possibles, d'où des inégalités dans l'offre de formation.

Le ministère répond qu'entre eux, les établissements pourront passer une convention permettant d’enrichir l’offre d’enseignements de spécialité proposée à leurs élèves [tandis que] par ailleurs, les familles pourraient également opter pour l’enseignement à distance dans le cas où la spécialité souhaitée serait proposée par le CNED [Centre National d'Enseignement à Distance].

Ce sont des mots.

Il est certain qu'un enseignement efficace à distance doit aujourd'hui s'adosser aux techniques informatiques de la communication. Mais comment structurer efficacement, avec les moyens matériels nécessaires, la mise en réseau des établissements ou le dialogue avec le CNED?

Beaucoup, partout, dépend et dépendra de la qualité des chefs d'établissement, de la qualité des équipes pédagogiques, de l'aptitude des uns et des autres à fonctionner à la fois en autonomie pour l'optimisation de leurs moyens propres et en collaboration pour les nécessaires mutualisations. L'expérience ne pousse pas à l'optimisme. L'énorme machinerie de l'Education Nationale est et reste un grand machin assez rouillé qui exigerait à tous ses rouages plus d'audace et parfois plus d'investissement. Mais se pose alors immédiatement la question de la reconnaissance sociale et des salaires.

De fait, c'est l'ensemble du système qui est à reconstruire, avec, horresco referens, une révision complète des services enseignants impliquant une présence en continu largement accrue dans les établissements - mais intégrant la totalité des tâches (à redéfinir) et associée à une revalorisation très significative des salaires.

C'est sans doute seulement à ce prix qu'on pourrait envisager une amélioration satisfaisante de l'offre de formation. Un contact ininterrompu avec des élèves de collège et de lycée ne donne pas le sentiment d'une bonne adéquation de celle-ci aux évolutions sociétales  qui cumulent le délitement des valeurs et l'effacement des familles.

Mais la thérapie structurelle de choc à mettre en œuvre ne me paraît pas à l'horizon des prises de conscience et des préoccupations des responsables.

Alors, 2019 …

                  Salle de Classe2

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