AutreMonde

19 septembre 2016

ANNE HIDALGO - DYSORTHOGRAPHIE ARTISTIQUE.

Journées, le week-end dernier, du Patrimoine. Je vois chaque année approcher cette manifestation avec crainte. J'ai horreur des visites, ma femme les adore. Le compromis s'établit, comme toujours à l'imparfaite satisfaction des deux parties. Mais ne nous plaignons pas trop, on fait, au gré des portes ouvertes, des découvertes parfois très intéressantes.

Au programme d'hier, il y avait la Fondation Le Corbusier, square du docteur Blanche (une bonne heure de queue, on a laissé tomber), la verrière du Grand Palais (annoncée ouverte au public, annonce erronée relayée par internet – aimable filtrage à l'entrée – on nous a  refoulés), la (nouvelle) piscine Molitor et l'Hôtel de Ville de Paris.

Piscine_MolitorH_tel_Le_Molitor

A Molitor, il fallait prévoir plus d'une heure de queue, à moins … eh oui, à moins de passer par l'Hôtel  Sofitel Le Molitor qui l'englobe dans ses locaux, et qui fermait avec bienveillance les yeux sur ces quelques dizaines de petits malins qui franchissaient son seuil façon clients au lieu d'aller rejoindre les quelques centaines de disciplinés qui sagement s'alignaient à l'extérieur, sur le trottoir, devant l'entrée de la piscine.

Pas grand-chose à raconter, en fait. Beau bassin intérieur de 25 mètres, beau bassin extérieur de 33 mètres, segmentés sur le mode 25 + 8 par un muret à peine immergé pour séparer bassin de natation et barbotage. Le plus intéressant? La terrasse de l'hôtel, au 4ième étage, avec vue sur les serres d'Auteuil menacées par les projets d'extension de Roland-Garros.

Broutilles.

H_tel_de_Ville_de_Paris

Et puis l'Hôtel de Ville de Paris. Aucune queue à l'entrée, vers dix heures, dimanche, filtrage serré mais bienveillant (sans portable, puis sans montre, puis sans pardessus, je faisais sonner le portique de sécurité. On m'a dit: Passez quand même, inch allah!)

C'est immense, fastueusement décoré et vide. Quelques vitraux amusants, une exposition des étudiants de l'école des Beaux-Arts, une présentation des corps de métiers de la Ville de Paris, de beaux plafonds, etc.

On voulait voir le bureau du Maire.

C'est une double horreur.

Ce n'est pas un bureau, mais une grande salle foutraque où sont accumulées quelques laideurs artistiques (un cheval polychrome, un panda bicolore, un buste de Marianne par Faizant qui a fait plus rigolo) et où trône un scandale dysorthographique.

bureau_maire_de_Paris_2015

Le méfait concerne un tableau de dimension importante (au fond sur la photographie)  dont j'ai malencontreusement omis de noter qui l'avait commis. Il présente les caractéristiques inesthétiques usuelles de l'art moderne, juxtaposition de n'importe quoi dans des tons brutaux et il porte cette inscription définitive : La pinture me rend marteau.

Je trouve parfaitement scandaleux qu'Anne Hidalgo, maire de Paris, affiche ès qualités, dans son bureau, cette provocation dysorthographique. Il y a chez l'auteur de la formule une forme d'imbécillité assumée à laquelle le premier magistrat de la capitale ne devrait pas prêter la main. Je ne pense pas qu'il soit outre mesure nécessaire de développer autour de cette mauvaise action. La présence navrante de ce tableau décrédibilise tout discours municipal sur un soi-disant effort d'amélioration de la maîtrise du français à l'Ecole.

L'orthographe se meurt! Que sonne le tocsin!

Cela mérite bien que je ponde l'octain

Qui suit …

***

Epouse de Priam et Mère de Pâris,

Hécube, Ô toi qui vit périr dans Troie en flammes

Presque tous tes enfants, rougis du fond de l'âme,

Au forfait que commet la Maire de Paris.

Toi, tu pleurais Hector, Elle tue l'orthographe,

Vos titres sont semblables à l'oreille, l'agrafe

Aux cheveux embellit vos têtes couronnées,

Mais si la tienne est fière, la sienne doit courber!

Posté par Sejan à 14:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


15 septembre 2016

JACK LANG, SUITE ...

                       Jack Lang

Jack Lang publie donc aux éditions Kero et sous le titre Pour une révolution scolaire un petit livre d'une grosse centaine de pages vendu 9,90 €. Se défendant d'être – dans la perspective de la présidentielle de 2017 – candidat à quoi que ce soit, il peaufine le plaidoyer pro domo de ses passages antérieurs au Ministère de l'Education nationale, éreinte, Vincent Peillon en tête, la gestion éducative et pédagogique du quinquennat finissant (en ménageant à tout hasard Najat Vallaud-Belkacem), et flagorne suffisamment (page 109) le titulaire actuel de l'Elysée pour tâcher de mettre sur orbite son retour aux affaires pédagogiques en cas de succès d'icelui en mai prochain. 

Jack Lang est ainsi, je pense, fidèle à lui-même: courtisan, ne reculant devant aucun compliment, probablement sincère dans son amour pour l'école, et tenant d'approches réformistes (et non pas révolutionnaires) qui correspondent à ses goûts pour l'art et la culture mais non aux nécessités des ressaisissements qu'il prétend désirer.

Son petit livre sonne creux. Quelques bonnes intentions n'y construisent pas l'horizon de la révolution annoncée. Le flou, artistique comme ses penchants, domine et les truismes pédagogico-éducatifs de toute sensibilité enseignante raisonnable s'y succèdent. Nihil novi sub Sole, rien de nouveau sous le Soleil. Les bons sentiments affichés ne déboucheront sur rien de mieux que les atermoiements dénoncés.

Anecdotiquement, on voit passer Alain Finkielkraut, accusé de penser (page 71) que travailler en s'amusant interdit d'apprendre, Mara Goyet dont la plume acérée (page 74), porte par procuration le fer dans la plaie d'un dispositif de formation des enseignants qui le navre, et notre jeune et brillant mathématicien (page 109) Cédric Villani, sans lavallière ni araignée, mais présenté comme pourfendeur d'une conception pernicieuse de l'ordinateur à l'école. J'oubliais : s'il n'aime pas Peillon, Jack Lang vomit Darcos. C'est une information.

Que retenir, finalement? Jack Lang n'est pas un interlocuteur désagréable s'il s'agit de parler pédagogie, il enfile des perles de bon sens, il ne profère pas d'accablantes sottises, mais s'il ne lui tourne pas le dos, il n'indique toutefois pas la bonne direction pour une révolution scolaire, et comme dit l'autre, Moi Président, je ne lui confierais pas de nouveau les rênes de l'Education Nationale. 

Posté par Sejan à 09:18 - Commentaires [1] - Permalien [#]

05 septembre 2016

LE RIRE DE JACK LANG

Le_ch_ne_et_le_roseau_

On ne peut pas toujours penser à Andromaque,

Il faut varier les points de vue,

Sinon, on va finir par nous penser maniaque.

Passons la rentrée en revue.

 

Par exemple Jack Lang. Ce penseur prolifique

Que l'on dit fayotant comme on a la colique,

Vient de pondre un opus sur l'Ecole. Dedans,

Il fait la révolution, s'il ne ment.

 

Nous allons lire ça, et la plume à la main,

Tâcher de séparer de l'ivraie le bon grain,

S'il en est. Car je doute, et de ses propos vains,

Je crains d'avoir surtout à rire de chagrin.

Mais faisons un effort, tâchons d'être équitable.

Attendons la fin tels le roseau de la fable.

 

On en reparlera. Là, rejoignons la table 

De travail ....

                                         frame

Posté par Sejan à 16:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

27 août 2016

COMPLAINTE DE L'ENSEIGNANT.

 Rentrée scolaire .... 

                 Cataracte_rapides

Malherbe n’est pas seul à être bienvenu,

Septembre aussi, qui nous repose des vacances.

La chair est fatiguée et l’esprit est à nu,

Lui pendant tous ces jours laissé en déshérence.

 

La rentrée! Le voici le moment d’espérer !

On fera mieux, c’est sûr, que l’année précédente,

On repart du bon pied, on refuse d’errer,

On échafaude un plan et l’attente est ardente.

 

On se dit : Cette fois, je vais y arriver,

Car statistiquement, vérité assurée,

Le succès vient à soi lorsque l’échec s’itère.

 

On va enfin pouvoir embarquer pour Cythère …

A condition qu'ils veuillent accepter de se taire

Et d'étudier, tous ces morveux, au lieu de braire.  

Posté par Sejan à 11:34 - Commentaires [1] - Permalien [#]

17 juillet 2016

DERAPAGE ESTIVAL .

Hommage à Roland Barthes : L'empire des signes ...

 

....  OU LE CHOC DE DEUX CULTURES .

 

Le haïku, c'est très japonais,

Ail

 

C'est très précis, très ordonné,

 

C'est leur obsession, leur névrose,

 

L'art poétique qu'ils proposent.

 

Nous, on est moins sophistiqués,

 

Plus directs et moins compliqués.

 

Phonétiquement, ça ressemble,

Nu

 

Deux machins qui marchent à l'amble,

 

Deux versants de l'humanité

 

A pratiquer, même pinté,

 

Côté bouffe et côté plumard:

 

Ail-Cul! C'est franchement bonnard!

Posté par Sejan à 15:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 juillet 2016

PEINDRE, PECHER & LAISSER MOURIR - (PETER HELLER)

 

9782330055974

" Peintre en vogue, pêcheur ardent, philosophe artisanal, Jim Stegner tombe dans un engrenage fatal le jour où, témoin accidentel, il prend la défense d’une petite jument maltraitée. C’est qu’il est un poil sanguin, ce père orphelin, en quête d’une sérénité à jamais perdue avec sa fille violemment arrachée à la vie, son mariage pulvérisé, son rapport au monde passablement conflictuel. Pour ne rien arranger, l’homme est profondément allergique à l’injustice, et dangereusement réactif à la violence.

Pourtant, au large de la petite ville de Paonia, Colorado, concentré sur une discipline et une sobriété appliquées, c’est dans l’exercice de son art que le peintre tente de tout canaliser : la douleur, la colère, la peur même. Et voilà que, du jour au lendemain, son quotidien vire à la course poursuite permanente : Jim devient la proie mouvante – et la terreur numéro un – d’une bande de solides ordures qui ne plaisantent pas avec la vengeance."

Oui, c'est un peu ça. Assez ça. La quatrième de couverture réussit plutôt bien le résumé, même si elle ne met pas assez en valeur les sensualités, femmes et nature, qui ne cessent de parcourir ce copieux roman.

Ce copieux roman réussi.

Et le malheureux John Irving, dont je venais péniblement de sortir, se retrouve plus que pâlichon en face de cette robuste course à la vie, colorée et inventive .

C'est un cadeau de Noël, resté sur la pile, ce livre. Mieux vaut s'y mettre tard que jamais. Redécouvert dimanche et achevé mercredi! Rien à dire, on est assez emporté. Un thriller très enlevé, entrelardé d'une constante réflexion sur soi, un peu lourdaude parfois, pas trop, mais bien dans la façon américaine où excelle Richard Ford et qui ne manque pas nécessairement de charme.

Du suspense, des plages de calme, des paysages de western moderne, un vieux pick-up, un ex-alcoolo, des coups, les ingrédients y sont. Des truites et des femmes. Ça fonctionne très bien. Un excellent divertissement, imaginatif, mûr pour le passage à l'écran.   

Posté par Sejan à 19:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 juin 2016

LE DERNIER JOHN IRVING : AFFLIGEANT!

 

FCF

Quatrième de couverture :

Lors d'un voyage aux Philippines, Juan Diego Guerrero, écrivain américain célèbre et vieillissant, revit en rêves récurrents les épisodes de son adolescence au Mexique, à la lisière de la décharge publique de Oaxaca où lui et sa sœur Lupe ont grandi.

Infirme depuis le jour où une voiture lui a écrasé le pied, Juan Diego a en outre le cœur fragile; il prend régulièrement des bêtabloquants, qui le protègent des émotions, et occasionnellement du Viagra, car on ne sait jamais …..

Des émotions, il en aura tout au long de son périple, notamment avec Miriam et Dorothy, mère et fille aussi désirables qu'inquiétantes.

Balloté d'hôtels en aéroports, Juan Diego se remémore entre autres la mort de sa mère, femme de ménage chez les jésuites et prostituée à ses heures, "tuée" par une statue géante de la Vierge Marie; son adoption par un couple improbable rencontré dans un cirque, où son destin et celui de sa petite sœur extralucide basculent. Marqué par le hasard et l'inéluctable, ce destin s'accomplira peut-être dans une modeste église au fin fond d'un quartier pauvre de Manille.

Dépaysement assuré dans ce récit jubilatoire et débridé, qui se teinte de gravité lorsqu'il aborde les mystères insondables de la condition humaine.

*******************************

Ce gros roman (515 pages) – traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun et Olivier Grenot – est une catastrophe. La quatrième de couverture – qui fournit un survol approximatif de l'affaire et des précisions … inexactes (le couple rencontré dans un cirque) – s'efforce de vanter au lecteur à venir un récit qui serait picaresque et profond et qui se révèle hélas une catastrophe sans queue ni tête.

 John Irving a écrit deux livres assez enthousiasmants (Le Monde selon Garp ; Hôtel Newhampshire ) dont le contenu autant que la facture étonnaient. L'œuvre de Dieu, la part du Diable est un roman très attachant et l'idée directrice de Une prière pour Owen émeut et fait qu'on se souvient  du livre. Quelques histoires mineures: Un mariage poids moyen, l'Epopée du buveur d'eau, Liberté pour les ours! - et puis,  progressivement, adossé à une imagination fertile à l'excès, Irving s'est abandonné à ses tics pour structurer à partir d'une documentation la plupart du temps impressionnante, des contes hypertrophiés où la profusion finit par ruiner la littérature. C'était évident dès Un enfant de la balle qui semblait le canevas sursaturé de plusieurs romans.  Une veuve de papier, La quatrième main, Je te retrouverai, Dernière nuit à Twisted River, A moi seul bien des personnages : A boire et à manger. Mais on a continué, si j'ose dire à cause de Garp, et puis il y avait ici ou là un éclair, on supportait, on ne voulait pas comprendre, même si tout ça devenait pesant, outre l'idiosyncrasie de petits fantasmes sexuels itératifs, récurrents, puérils au fond, agaçants.

 Là, cette Avenue des mystères, c'est vraiment le bouquin de trop!

On ne peut rien sauver. Le grand n'importe quoi qui préside au déroulé du livre relève souvent de l'incohérent, c'est une accumulation d'idées inabouties, de personnages sans épaisseur, de pistes abandonnées, de tentatives ratées de morceaux de bravoure, de discours ennuyeux, de vague narcissisme (le héros comme écrivain: nous les écrivains …), de pittoresque de bazar, de fantastique de série Z, c'est au fond pathétique : l'agonie d'un talent qui a raclé ses fonds de tiroir.

 Dans Le Monde des livres du vendredi 17 juin dernier, Frédéric Potet, qui titre astucieusement son billet A court de miracles, après avoir essayé de ne pas être d'entrée immédiatement négatif, conclut avec lucidité (et retenue!) : L'auteur du Monde selon Garp n'en fait-il pas un peu trop, dans ce roman - le 14ième de sa carrière – qu'une écriture sans éclat ne contribue pas à rendre plus crédible?

 Oui, le livre de trop, vraiment.

Très triste. 

Josée Kamoun                                 John IRVING                                            Olivier Grenot

Josée Kamoun

Irving

Olivier Grenot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Sejan à 15:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 juin 2016

SUR UNE EPREUVE DU BACCALAUREAT

                       

                            Surveillance du Bac

C'était la Fêtaumaths, ce lundi matin 20 juin, avec l'épreuve de mathématiques du baccalauréat, série S, épreuve encore un peu corsée pour la modeste communauté des candidats ayant choisi l'option complémentaire "Enseignement-Spécialité". Ils avaient droit à une petite récréation à propos de la recherche des points à coordonnées entières (positives ou négatives) de la droite d'équation :

Y = (M/N)X - P/Q avec M, N, P, Q, des entiers de signe quelconque , non nuls, et tels que M et N d'une part, P et Q d'autre part soient premiers entre eux (c-à-d n'aient aucun diviseur commun autre que 1).

On note cela : pgcd(M,N) = pgcd(P,Q)=1, où le sigle pgcd désigne le plus grand commun diviseur.

Après quelques préliminaires suivis du recours à deux fortes personnalités de l'Arithmétique, Carl Friedrich Gauss (1777-1855) et Etienne Bezout (1730-1783), on en arrivait à la certitude que sur la droite indiquée, on trouvait effectivement des points à coordonnées entières sous la condition nécessaire et suffisante que Q soit un diviseur de N.

Ainsi, par exemple, M, de coordonnées X=42, Y=14, est un point à coordonnées entières de la droite d'équation : Y = (3/8)X-7/4. Vérification immédiate.

Heureux de ce succès, les candidats abordaient la question 5, ainsi libellée :

On donne l'algorithme suivant :

****

Variables : M,N,P,Q : entiers relatifs non nuls tels que pgcd(M,N) = pgcd(P,Q)=1

X: entier naturel

Entrées : Saisir les valeurs de M,N,P,Q

Traitement et sorties :

Si Q divise N alors

       X prend la valeur 0

       Tant que ((M/N)X+P/Q n'est pas entier) et (-(M/N)X+P/Q n'est pas entier) faire

                   X prend la valeur X+1

       Fin Tant que

       Si  (M/N)X+P/Q est entier alors

                   Afficher X,(M/N)X+P/Q

       Sinon

                   Afficher -X, -(M/N)X+P/Q

       Fin Si

Sinon

       Afficher "Pas de solution"

Fin Si

****

a. Justifier que cet algorithme se termine pour toute entrée M,N,P,Q, entiers relatifs non nuls tels que pgcd(M,N)=pgcd(P,Q)=1

b. Que permet-il d'obtenir?

Le déchiffrement de l'algorithme n'était pas difficile, d'autant qu'il s'agissait à l'évidence de gérer concrètement une situation identique ou apparentée à celle qu'on venait de traiter de façon théorique.

Mais toute la question soudain a été là : Identique ou Apparentée?

Car, attendue comme identique par le lecteur attentif, il était assez clair qu'il y avait une faute de frappe dans l'approche exposée, et que tous les (M/N)X+P/Q  et

 -(M/N)X+P/Q écrits auraient dû l'être  (M/N)X-P/Q  et  -(M/N)X-P/Q 

Par contre, acceptée comme apparentée, l'approche assumait sans sourciller la présentation fournie, à charge pour le candidat de souligner qu'elle s'utilisait pour gérer la présence d'un certain point de coordonnées entières sur la droite d'équation :

Y = (M/N)X+P/Q  et non, comme dans les questions précédentes, Y = (M/N)X-P/Q.

Mais le bon sens du candidat n'aime pas les apparentements douteux et le plus vraisemblable est qu'en l'occurrence, cette répulsion ait été fondée et le texte effectivement fautif.

Le signataire du BAT (bon-à-tirer) méritant dès lors qu'on en fasse autant avec ses oreilles!

Si l'on met en place effectivement l'algorithme proposé (si on le programme sur une calculatrice de type lycée), il nous permet quoi qu'il en soit de répondre aussi bien au problème : Y =  (M/N)X+P/Q qu'au problème : Y = (M/N)X-P/Q sous réserve lorsqu' il se déroule et pose la question de la saisie de P, de saisir –P. Cette petite acrobatie fournit un argument (de parfaite mauvaise foi) pour essayer de dédouaner le sujet en affirmant que l'algorithme fourni n'était au fond qu'à moitié inadéquat ….. ou plutôt volontairement biaisé afin de tester l'aptitude des candidats à opérer eux-mêmes le rattrapage simple nécessaire pour l'utiliser dans le strict cadre de l'étude précédente (en saisissant  –P au lieu de P).

Ainsi, en saisissant successivement – 23 et 23, l'algorithme fournit comme solutions :

X=-4; Y=-7  pour  Y = (13/14)X-23/7     et  X=4; Y=7 pour Y =  (13/14)X+23/7   

On notera au passage qu'il est évident que:

si (X,Y) est solution de Y = (M/N)X+P/Q

alors (-X, -Y) est solution de Y = (M/N)X-P/Q.

On peut s'amuser à faire tourner l'algorithme sur des saisies un peu moins triviales.

Il fournit ainsi vaillamment : X= -204; Y=-46 pour Y = (47/210)X-12/35

Posté par Sejan à 15:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 mai 2016

ANNIE ERNAUX, ANNIE DUCHESNE … MÉMOIRE DE FILLE

A LA LIBRAIRIE COMPAGNIE (PARIS)

imgres

Annie ERNAUX                                 annie-ernaux-ecriture-la-place-cafe-epicerie-e1434469366502

                                Annie Ernaux3

Mercredi  18 Mai, 18h30. J'avais soigneusement noté l'heure et le jour sur l'agenda. Je suis pourtant arrivé un peu tard, et d'abord parce que le lieu de rendez-vous avait changé … depuis trois ans que je ne m'y étais plus rendu. La rencontre avec Annie Ernaux avait été installée au sous-sol. En bas de l'escalier, le couloir était dans son dernier tiers déjà encombré d'auditeurs, impossible d'espérer l'accès à la salle, qu'il longe et sur laquelle il débouche, mais latéralement, en sorte que, coincé à deux mètres de l'ouverture, on ne pouvait qu'espérer entendre faiblement ce que restituait une sono très insuffisante. Mon voisin avait sous le bras un paquet volumineux, au moins trois livres d'Ernaux, qu'il comptait sans doute faire dédicacer, et dont la grande poche dans laquelle il les avait enfermés bruissait épouvantablement au moindre mouvement, écran sonore rédhibitoire. 

J'ai malgré tout tenu bon. Environ 45 minutes. On entendait l'auteur s'expliquer sur son livre, c'est-à-dire en paraphraser quelques éléments introductifs. Puis elle a lu une page (deux?) dans les premières et l'on est passé aux questions. Questions timides, plutôt sur le mode attentivement élogieux, deux ou trois, quatre peut-être, guère plus, tournant autour des problèmes de restitution mémorielle: pertinence, fiabilité? Effet thérapeutique ou couteau dans la plaie?

Ça n'allait pas très loin. Le responsable de la rencontre avait lancé l'affaire en évoquant l'hypothèse d'un roman d'apprentissage. La réponse avait été plutôt oui. Mais apprentissage de quoi?

Curieuse femme, Annie Ernaux, qui fut certainement jolie, qui reste tout à fait intéressante. Je suis venu à elle par Passion simple. Ce devait être au moment de sa sortie, j'avais gardé souvenir du début des années 1980, et vérification faite, le roman aurait été publié en 1991? Ce doit être une affaire de réédition (?). Ou moi, qui perds le sens. Une amie l'avait apprécié, en femme m'avait-elle dit,  qui voulait mon avis. J'ai dû lire ensuite L'art de la photographie, puis Les Années et là, donc, Mémoire de fille. C'est bien peu pour une œuvre autobiographique d'une vingtaine de titres. 20%. Alors, disons que mon jugement souffre d'un lourd handicap de départ. Toutefois …

C'est le caractère soft – édulcoré? - des questions de mercredi soir, qui m'a le plus surpris. Et j'étais dans l'incapacité matérielle, depuis mon bout de couloir,  d'en poser pour imposer autre chose. Parce qu'enfin, ce bouquin qui renvoie une existence de femme au traumatisme premier d'une sorte d'agression que l'on plaiderait aisément en viol et qui s'affirme non seulement consentie mais incompréhensiblement transmutée en ressort d'un appétit sexuel relevant de l'addictif, on voudrait le comprendre et donc l'interroger. Mais non. On est resté bien loin de ce mystère.

L'alchimiste particulièrement antipathique et brutal, le responsable de cette transmutation, ce H. vaguement professeur d'E.P.S., comment le faire coïncider avec l'archange que se racontera ensuite la fille de 58, jeune fille qui n'a jamais vu ni touché un sexe d'homme, qui s'est laissé entraîner, sans trop savoir, au terme d'une première danse et – déjà – d'une brutalité, dans une chambre où il la fait glisser au bas de son ventre, la bouche sur sa queue. Elle reçoit aussitôt la déflagration d'un flot gras de sperme qui l'éclabousse jusque dans les narines . Il n'y a pas plus de cinq minutes qu'ils sont entrés.

Et ce comportement plein de délicatesse serait le début d'une épiphanie?

C'est au fond cela, et qui à la lecture m'a heurté, que j'aurais aimé comprendre. Car la suite décrit une forme d'avènement: Depuis H, il lui faut un corps d'homme contre elle, des mains, un sexe dressé. L'érection consolatrice. Stupéfiante ouverture au monde. Passion simple  laissait entrevoir une piste, on s'étonnait . Sacrée révélation, ici.

Pour le reste, peu à dire. Elle l'a d'ailleurs dit elle même. Profitant de l'identité des calendriers de 1958 et de 2014, la femme de 2014 s'est astreinte à ramener à la surface, au jour le jour, la fille de 1958, et l'écriture témoigne bien de la remontée des images, qui sont plus que des souvenirs et se dévoilent  à son regard aujourd'hui extérieur, dans l'incompréhension de l'expérience acquise. Mais enfin, passé le premier choc de la nuit du 16 au 17 août, le lecteur va finir un peu par s'ennuyer.

Parmi les questions qu'il se pose, celle-ci: au-delà de la curiosité faiblissante qu'éveille ce spectacle de remémoration, quelle universalité dans cette histoire qui pourrait justifier son attention? Inutile d'espérer ici tirer quelques leçons de sexualité féminine tant le cas paraît atypique et n'appelle pas la généralisation.

Ce qui reste curieux ou inattendu, à l'heure où le DSK au petit pied que semble être Denis Baupin défraye la chronique, c'est de voir apparaître avec Mémoire de fille un témoignage qui apporte – fût-ce sur un cas d'espèce – un renfort sans doute involontaire mais mal venu au machisme triomphant et aux tenants d'une brutalité sexuelle masculine libérant les sens de la partenaire. Dans Le bonheur est dans le pré, excellent film, réjouissant, d'Etienne Chatiliez, sorti en 1995, Eddy Mitchel qui avait pris la succession de Michel Serrault au service sexuel  d'une Sabine Azéma jusqu'alors plutôt coincée, s'excusait auprès de son ami, fasciné par la transformation,  d'avoir , à celle-ci, dégagé les écoutilles (on avait eu droit à une scène de  découverte de l'orgasme féminin par saillie vigoureuse et en levrette imposée à plat ventre sur un capot de voiture). Certes, on est là dans la caricature, mais derrière l'humour un peu trash, le poncif ainsi mis en forme cinématographiquement est-il si éloigné de l'aboutissement spectaculairement non traumatique d'un comportement masculin parfaitement injustifiable de jouisseur imbécile? 

Non traumatique? Je fais peut-être un contresens. Je parlais cet après-midi, et fort superficiellement, de Derrida avec mon petit fils, élève de Terminale, et qui voyait passer cela dans son cours de philosophie, écrit par le maître du déconstructionnisme : L'écrivain écrit dans une langue et dans une logique dont, par définition, son discours ne peut dominer absolument le système, les lois et la vie pro­pres. Il ne s'en sert qu'en se laissant d'une certaine manière et jus­qu'à un certain point gouverner par le système. Et la lecture doit toujours viser un certain rapport, inaperçu de l'écrivain, entre ce qu'il commande et ce qu'il ne commande pas de schémas de la langue dont il fait usage. Et aussi :Un texte n'est un texte que s'il cache au premier regard, au premier venu, la loi de sa composition et la règle de son jeu. Un texte reste d'ailleurs toujours imperceptible.  Et si le texte d'Annie Ernaux m'était resté résolument imperceptible? Et si Annie Ernaux avait écrit tout autre chose que ce qu'elle voulait dire? Et moi, lu tout autre chose que ce qu'elle avait écrit?

L'incompréhension reste peut-être le maître mot de tout cela: du texte d'Annie Ernaux, de la fille de 1958, puis parce qu'il me semble qu'elle y renvoie, d'un épisode plus tardif et pour moi lecture antérieure, de Passion simple; d'Annie Duchesne devenue Ernaux en somme, adolescente écrasée par la honte de l'épicerie d'Yvetot et qui a touché, qui sait, dans une nuit d'Août 1958, ce fond qui nous permet de remonter . Pas bien certain ….. C'est probablement un peu triste, tout de même.

Posté par Sejan à 22:55 - Commentaires [6] - Permalien [#]

09 avril 2016

SIX PERSONNAGES EN QUÊTE D'AUTEUR

         

 

Pirandello

 

Demarcy-Mota

 

Valerie-Dashwood

 Vu au Théâtre de la Ville, Paris, place du Châtelet, mercredi 6 avril dernier, Six personnages en quête d'auteur, de Luigi Pirandello. Mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota qui a fait tourner depuis 15 ans sur ce spectacle et à travers le monde, sa troupe. Valérie Dashwood en premier rôle féminin.

La mise en scène est formidable mais … il y a pas mal de mais.

Quelle histoire prétendent-ils vivre en la racontant, ces six personnages qui débarquent sans prévenir au milieu de la répétition d'une troupe d'acteurs attelés sans enthousiasme à la reprise d'une fort médiocre pièce … de Pirandello ?

Car le texte le dit lui-même : Que voulez-vous que j’y fasse (…) si nous en sommes réduits à monter des pièces de Pirandello – rudement fort celui qui y comprend quelque chose ! – et qui sont écrites tout exprès pour que ni les acteurs, ni les critiques, ni le public ne s'y retrouvent?

Formes idéelles qui ont été conçues mais ne sont pas parvenues jusqu'à l'existence réelle, les six personnages sont désespérément à la recherche d'une possibilité d'achèvement à travers au moins une représentation théâtrale et prêts à se résoudre de mauvaise grâce à confier leur sortie des limbes à la première troupe venue. Abandonnés à mi-parcours par leur auteur, ils sont porteurs de destins fortement esquissés mais qui ne peuvent aboutir, accéder au vécu, que par une médiation dont ils enragent de savoir que la caractéristique première sera la trahison de leurs potentialités. Ils ont déjà vécu dans la tête de leur créateur ce qu'ils veulent théâtraliser, mais savent bien qu'ils l'ont vécu dans un entre-deux que nie le réel qui peut toutefois être re-vécu et que seule la scène peut faire accéder à cette forme d'existence où les pas ne laissent pas de trace dans le sable mais marquent à jamais les mémoires. Ils veulent être ce qu'était Lucien de Rubempré pour Oscar Wilde, et pour cela, il leur faut d'abord "être dits" et ils sont là "pour dire comment les dire".

De fait, cette proposition théorique est perceptible à travers la représentation et on peut considérer que c'est l'essentiel.

Par contre, force est de reconnaître que l'exposé, clair dans le texte de Pirandello, du drame imaginé-vécu des six personnages se noie un peu dans le flot des gestes, des paroles, des déplacements de la douzaine de personnes présentes sur le plateau dont le dynamisme gestuel et la projection phonique gomment les articulations du discours.  

Je ne suis pas du tout certain que le canevas précis, factuel, du drame, ait été parfaitement compréhensible.

En voici une version.

D'un côté, une troupe d'acteur étonnée mais à la fois relativement passive et ouverte devant l'intrusion des six personnages.

De l'autre, une mère, un père, une belle-fille, un fils, un adolescent, une gamine.

Dans la chronologie antérieure, le père et la mère, couple primitif, ont engendré le fils.

Puis, le père a poussé la mère dans les bras d'un autre pour des raisons qui tiennent à son égoïsme, peut-être à son désamour,  et à une forme de souci paradoxal de leur bonheur possible, à ces deux-là. D'où un nouveau couple dont le mari, après avoir fait avec la mère trois enfants (la belle-fille, l'adolescent, la gamine)  est mort.

Ce couple était d'abord resté dans la même ville que le père qui, pour des motifs qu'il affirme nobles, relevant de l'intérêt qu'il continuait à porter à ce nouveau foyer qu'il avait en quelque sorte fondé,  et que la belle-fille prétend ambigus, le père donc fait les sorties d'école pour voir grandir le premier fruit de l'union qu'il a décidée et qui n'est autre que ladite belle-fille.

Le nouveau couple, néanmoins, finit par quitter la ville. Les années passent. L'adolescent et la gamine sont nés. Puis leur père meurt, et la mère, la belle-fille devenue fort grande et effectivement fort belle, l'adolescent et la gamine, reviennent dans la ville du père, sans se signaler. Pour gagner leur maigre pitance, la mère fait des travaux d'aiguille pour le compte d'une maison de couture qui est aussi, mais elle ignore, la couverture d'une maison de passe, que fréquente par ailleurs le père. La maquerelle prend prétexte de la mauvaise qualité des travaux de la mère pour forcer à des fins de compensation la belle-fille à se prostituer, laquelle belle-fille se sacrifie pour conserver à sa mère un travail que celle-ci vit comme un sacrifice qu'elle lui fait pour assurer son manger! Ce qui devait arriver arriva, le père-client du bordel se retrouve exiger une passe de la belle-fille-pute en qui il n'a pas reconnu celle qu'il guettait, avec un intérêt attendri, dit-il, aux sorties d'école. Et la mère qui vient livrer ses médiocres travaux d'aiguille ouvre une porte et tombe sur son premier mari, pantalon aux chevilles, sur le point de besogner hardiment le plus beau fruit de son second mariage. Stupeur et tremblements. Honte du père. Flétrissure indélébile de la belle-fille. Voilà pour le sexe.

Reste le fils, le fils du père, l'unique enfant du premier mariage, l'objet de la dimension œdipo-psychologique de l'intrigue. Le père l'a mis tôt en nourrice à la campagne, sentiment de rejet. Puis, maintenant qu'il est revenu, voilà que s'imposent la mère, qui est allée faire trois bâtards avec un autre, mort maintenant, flanquée de sa progéniture, dont cette belle-fille envahissante et revendicatrice qui exerce sur le père une sorte de domination honteuse, incarnation de la faute indélébile. Il n'en veut pas, ni de l'adolescent, ni de la gamine, ni de la mère qui l'a laissé.

Tout ça finira mal, la gamine se noiera, l'adolescent se suicidera, non, la gamine se noie, l'adolescent se suicide, bon, en fait, la gamine s'est noyée, l'adolescent s'est suicidé, car tout cela a été entrevu par l'imagination de l'auteur envolé, a été vécu dans les coulisses de la vie à laquelle l'accès leur a été refusé, est vécu, là, dans la proposition qu'ils font à la troupe qui devra le représenter, lui donner chair sur les planches, ce qui ne sera encore qu'une chair virtuelle, tout cela est sur le point de trouver son issue théâtrale, on est au bord et puis, c'est le trou noir, ou plutôt le réveil, l'arrachement à l'irrationnel de la projection dans l'illusion collective, le néant exerce ses droits sur l'entre-deux qui le sépare du réel, il réabsorbe les personnages et le directeur de la petite troupe sur laquelle ils se sont fantasmatiquement abattus, hébété, ne peut plus que prendre acte de cette déchirure refermée dans le rideau du temps : Fiction ! Réalité ! Allez au diable, tous autant que vous êtes ! Lumière ! Lumière ! Lumière ! (Soudain, le plateau du théâtre et la salle du théâtre tout entière sont inondés d’une très vive lumière. Le Directeur respire, comme libéré d’un cauchemar, et ils se regardent tous dans les yeux, indécis et troublés.) Ah ! C’est bien la première fois qu’une pareille chose m’arrive ! Ils m’ont fait perdre une journée ! (….)

Qui, dans la salle, a compris le détail du mélodrame? That's the question! Et la réponse ne me semble pas acquise! Le texte de Pirandello intellectualise beaucoup les approches et il y a un décalage peut-être trop grand entre la tonicité du jeu des acteurs sur le plateau et la noirceur lente du mélodrame que revivent par la parole et le mime les personnages. L'impression, parfois de patauger, et puis des éclairs.

De fait, c'est le final qui sauve l'affaire. J'ai paradoxalement retrouvé ce qui m'avait frappé à la lecture – sans aucun rapport de thème – d'un roman de John Irving, Une prière pour Owen, qui m'avait un peu ennuyé jusqu'à sa formidable chute, éclairant en retour toutes les lenteurs et lourdeurs du cheminement antérieur. Ici, la chute d'un immense rideau blanc qui renvoie à la néantisation imaginaire les personnages après qu'ils ont dit ce qu'ils avaient à dire et ne subsistent plus que comme traces fantomatiques en ombres chinoises rend soudain extraordinairement palpable toute la signification du propos principal autour du degré de fiction du réel et du degré de réalité de la fiction, et l'on est alors véritablement projeté au cœur du questionnement à la fois banal et essentiel qui voulait être posé. Les personnages, les types qu'ils personnifient, les acteurs qui les prennent en charge, les mythes avec lesquels ils se confondent, le degré d'existence du je, et pour le faire sentir, le jeu.

Pirandello a fourni des didascalies nombreuses et précises qu'Emmanuel Demarcy-Mota a irrégulièrement adoptées et adaptées. L'ultime apparition de Valérie Dashwood qui fait l'affiche du spectacle et soulève le rideau du réel pour échapper aux ombres immenses de la prédation masculine est une belle trouvaille. Cela veut-il dire, aux marges des angoisses pirandelliennes, que la femme pourrait être autre chose que rêvée?

Dashwood-final

 

 

Posté par Sejan à 10:36 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,