AutreMonde

17 septembre 2017

LES GRANDS ESPRITS (FILM)

Les Grands Esprits

C'est un très bon feel good movie. Mais ce n'est pas le film que suggère sa bande-annonce, d'ailleurs intellectuellement malhonnête, puisqu'elle fait croire qu'une réplique qui concerne l'hypokhâgne du lycée Henri IV (Paris V°) dont François Foucault (Denis Podalydès) est chargé, s'adresse au collège Barbara de Stains, dans le 9-3,  où on le parachute à des fins de mission exploratoire (quand on connaît l'Education Nationale, c'est totalement invraisemblable). On attend la déstabilisation psychologique d'un enseignant de CPGE (Classe Préparatoire aux Grandes Écoles) d'un établissement prestigieux face à la réalité des classes d'un Collège REP +

On a les étonnements maladroits, puis les attendrissements d'un quinquagénaire (Podalydès est né en 1963) trop facilement ému par la détresse pédagogique d'une collègue qui a l'âge d'être sa fille (Pauline Huruguen, fondante) et trop facilement parvenu à un dialogue trop apaisé et trop positif pour être crédible avec les non-élèves qui sont la norme de ce type de Collège.

Le choc des cultures reste policé et ne traduit pas le réel de la situation posée, si elle avait été vécue. Il est d'ailleurs tout à fait étonnant qu'on essaie de nous faire croire à l'exclusion définitive d'un gamin au motif qu'il a tutoyé son professeur, quand on sait que se faire traiter d'enculé dans ce type d'établissement ne relève que d'un petit accroc à la routine du dialogue pédagogique et se dilue dans des excuses convenues de fin de cours.

Mais comme le parti pris est celui des bons sentiments, celui d'un monde scolaire où la bonne volonté du professeur, sa bienveillance, finissent par lubrifier la relation maître-élève et mettent presque les gosses au travail, eh bien, on joue le jeu, car ce n'est plus qu'un jeu et non la dureté épuisante des vrais rapports, et on se laisse embarquer dans le conte de fées de l'implication  du professeur qui sauvera le gamin paumé de l'avenir de misère qui lui était promis. Il ne leur restera plus qu'à  regarder ensemble les horizons ainsi ouverts, épaule contre épaule, dans une dernière scène à la complicité idéalement touchante.

S'il pouvait seulement en être ainsi. Las … 

Sur le contenu des cours, les scénaristes se sont bien amusés, qui sont allés rechercher un ou deux épisodes de l'histoire littéraire pour en enchanter (option très théorique!) le discours magistral. Ainsi retourne-t-on au milieu du XIX° siècle, pour l'aventure sentimentale de Victor Hugo et de Léonie Biard, contée par François Foucault à peu près dans les termes où elle l'est, en 2012, dans le blog de Jérôme Dupuis, critique littéraire à l'Express, en prélude à une présentation des Misérables:

Le roman est né d'un adultère. Le 5 juillet 1845, un commissaire de police parisien, accompagné d'un mari courroucé, tape à la chambre d'un appartement de la rue Saint-Roch, à deux pas de la place Vendôme. À l'intérieur s'ébattent Victor Hugo et sa bonne amie Léonie Biard. Flagrant délit d'adultère. À l'époque, on ne badine pas avec ces choses-là : Léonie est incarcérée. Le poète âgé de 43 ans, protégé par son immunité de pair de France, échappe, lui, à la prison. Mais pour éviter l'opprobre, il s'enferme à double tour chez lui, place Royale (aujourd'hui place des Vosges). Et comme il faut occuper ses jours, il se lance dans un roman. Son titre ? Jean Tréjean (qui deviendra Jean Valjean) avant d'être rebaptisé un peu plus tard Les Misères, et enfin, Les Misérables. 

Si invraisemblable que cela paraisse si l'on songe à la longueur (plusieurs millions de signes) et à la complexité de l'ouvrage (dont l'action court de 1794 à 1833, croise la bataille de Waterloo et les barricades de 1832, tout en brassant des centaines de personnages), Hugo se lance dans l'aventure sans le moindre plan préétabli. Ah si ! On a retrouvé quatre lignes griffonnées au dos de l'enveloppe d'une lettre : "Histoire d'un saint. Histoire d'un homme. Histoire d'une femme. Histoire d'une poupée." C'est tout.  

Ce que François Foucault ne dit pas, c'est que Léonie Biard, née d'Aunet en 1820, d'une famille de petite noblesse semble être la seule femme pour qui Hugo ait failli quitter Juliette Drouet.

Léonie était de dix-huit ans la cadette du poète. Après des études, à l'Institution Fauvel, Léonie d’Aunet avait rencontré Auguste Biard, peintre bénéficiaire de commandes de Louis-Philippe, en 1835. Ils s'étaient mariés en 1840, après le retour d’une mission scientifique au Spitzberg dont elle était la seule femme, et Biard le peintre embarqué. Victor Hugo, lui, l'aurait rencontrée dans les salons de Fortunée Hamelin (Madame Hamelin, pour l'Histoire), où s'est retrouvé - depuis la Révolution jusqu'au Second Empire naissant — tout ce que la France a compté de personnalités politiques, militaires, littéraires et artistiques.

Surprise en flagrant délit d'adultère Léonie est immédiatement jetée à la prison Saint-Lazare où elle restera deux mois, avant d'être transférée dans un couvent, grâce à l'intervention d'Adèle, épouse Hugo (magnanime). Condamnée par le tribunal de la Seine, elle perdra la garde de ses enfants. Son mari, Auguste Biard, autorisera sa sortie du couvent au bout de trois mois. Victor Hugo, lui, ami du Roi Louis-Philippe et pair de France, bénéficia de l'inviolabilité pénale. Grâce à ses relations dans la presse, il était parvenu à étouffer le scandale qui le menaçait.

Hugo a continué des relations secrète avec Léonie jusqu'au coup d'état du 2 décembre 1851 qui voit leur séparation de fait (Hugo partit en exil), mais n'empêchera pas le poète de correspondre avec elle, une correspondance qui dura plus de dix ans.

De son expédition au Spitzberg, Léonie Biard avait tiré un livre, "Voyage au Spitzberg", qu'Adèle Hugo, décidément généreuse, l'aida à faire publier chez Hachette et qui obtint un beau succès.

Léonie est morte à Paris en 1879, quatre ans avant Juliette Drouet, six ans avant Victor Hugo.

 Je disais que Jérôme Dupuis avait peut-être inspiré, via son blog, la tirade de François Foucault sur Hugo devant sa classe de quatrième. Mais il y a une autre coïncidence. C'est ce même Jérôme Dupuis qui a révélé, en janvier 2011, et surtout démontré, citations à l'appui, le plagiat commis par Patrick poivre d'Arvor dans son livre Hemingway, la vie jusqu'à l'excès, où il avait démarqué une centaine de pages directement inspirées de la biographie de Peter Griffin, publiée en France chez Gallimard en 1989. Une nouvelle édition a été mise en place, expurgée des traces du plagiat et allégée pour tout ce qui concerne la jeunesse de Hemingway, dont la principale source était précisément le livre de Griffin.

Or, c'est autour d'Hemingway que les scénaristes construisent une autre séquence du cours de François Foucault, l'affaire de la micro-nouvelle en six mots, qui va permettre à Seydou (Abdoulaye Diallo) qu'il avait traité d'idiot d'obtenir un 16/20. L'histoire, présentée comme certaine dans le film, est controversée. Mais enfin, on prête à Hemingway une micro-nouvelle rédigée dans les années 1920 et dans un bar new-yorkais, en réponse au défi lancé par des amis d'écrire une nouvelle en six mots. Rédaction d'Hemingway : "For sale: baby shoes, never worn"  (À vendre: chaussures de bébé, jamais portées).  Il aurait ensuite affirmé que c'était la meilleure histoire qu'il ait écrite. Le pouvoir d'évocation de la phrase, quoi qu'il en soit, est en effet considérable, laissant le champ libre au lecteur et c'est ce que François Foucault veut exploiter avec sa classe.  

On voit qu'au fond, l'apport culturel du film n'est pas négligeable … pour le spectateur. Les mêmes tentatives dans une situation de classe réelle ne me semblent pas disposer d'une espérance de succès aussi considérable, auraient en tout cas déclenché des chahuts plus considérables eux, que les réactions montrées.

Je me répète: juste un feel good movie.

À ne pas négliger : c'est très bien joué. Tous les acteurs sont plus que convaincants, à commencer par Podalydès.

Quant aux compléments "culturels"… j'ai circulé sur le net.

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05 septembre 2017

RENTRÉE 2017

Rentrée 2017

On y est, finalement. En place depuis hier, 4 septembre, anniversaire de la proclamation de la Troisième République. La macronienne, côté scolaire, n'en profite pas pour faire sa révolution.

Je suis étonné de lire et d'entendre les commentaires assez positifs qui entourent cette rentrée et les prises de parole de JM Blanquer ou d'Emmanuel Macron. Des mots…

Oui, il y a cette affaire de classes à 12 élèves en CP-"Rep +" … On verra à l'usage ce qu'il en est, derrière la "com". La mesurette ne me convainc nullement en termes de prise en compte et en charge des problèmes de l'école.

De fait, dans les discours dont le président et son ministre entourent cette rentrée, il n'y a rien qui dessine l'autre école nécessaire. Ou presque rien. Je suis extrêmement déçu par la frilosité dominante, qui fait que les problèmes ne sont pas abordés de front. Déçu aussi que n'apparaisse pas cette exigence qui modifierait le reste : il faut changer les conditions matérielles et morales de l'exercice du métier d'enseignant en reprenant l'ensemble du système au niveau des locaux (à réaménager), des services (à redéfinir), des concours de recrutement (à repenser), des traitements (à revoir), de la gouvernance des établissements (à reprendre).

Jospin voulait mettre l'élève au centre du système, et on en est un peu resté là. C'est une erreur. C'est l'enseignant qui doit être au centre. Et ce sont les enseignants heureux de travailler qui font les bons professeurs et à travers eux, la bonne formation des élèves. Mais ce n'est, au fond, pas compris.

On maintient le système à peu près en l'état par des modifications "à la marge". Les progrès seront du même ordre et rien de fondamental ne va bouger.

Triste perspective.

Où est l'audace?

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16 août 2017

MI-PARCOURS VACANCES 2017 ...

  ... à  Montesquieu-Volvestre

 

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L'été ainsi s'avance, et nous voici mi-août.

Que s'est-il donc passé qui mérite le compte

Rendu ? L'événement, dont on fait son ragoût,

Justifie-t-il l'effort que fait qui le raconte ?

Il est dans les journaux, et de toute façon,

Déjà narré. C'est fait. Pourquoi vouloir mieux faire ?

Parlons du quotidien, de l'intime leçon

Des gestes répétés qu'on pourrait, c'est vrai, taire,

Car de nul intérêt, mais qui, s'accumulant,

Font le courant vital qui fuit et qu'on savoure

Au rythme du bonheur fugace de l'instant

Que vieilli, mieux qu'avant, on connaît sans retour.

 

Mille petites choses. Et d'abord, Isaac Asimov, Le cycle de la fondation, un must (m'avait-on dit) de la SF. Quelle arnaque ! Je n'irai pas plus loin que le premier tome, achevé pour l'unique raison que je l'avais commencé. C'est ennuyeux et filandreux. Ça vous tombe des mains. À la rigueur, ça peut servir de somnifère.

Je n'ai pas eu de chance, ces premières semaines de vacances. Après m'être enchanté de Betty Smith (Le lys de Brooklyn), j'ai plongé dans le médiocre, par relatif désœuvrement et envie de détente. Le prix du Quai des Orfèvres 2017 : Pierre Pouchairet. Mortels trafics. Là aussi, on s'emmerde copieusement. C'est hyper-documenté (l'auteur est un ancien de la ''maison poulaga'', comme on ne dit plus) mais sans le moindre intérêt. Il a dû rajouter un glossaire des sigles en usage au ministère de l'intérieur. Plus rasoir, tu meurs.

Je suis tombé sur sa photo, en faisant un tour sur le web. La gueule de l'emploi, pas mal. Suivaient quelques vues de la cérémonie de remise du prix, avec cette année Alice Taglioni (belle fille) comme marraine. Il y avait là Alain Delon, Jean-Paul Belmondo plus ou moins en fauteuil roulant (je me demande pourquoi on s'obstine à le sortir et pourquoi il s'y prête) et son grand copain Charles Gérard, une de ces tronches toujours au second plan dont on peine à retenir le nom mais qu'on connaît par cœur.

 

Je regarde un peu où en sont les uns et les autres. Antoine Compagnon a annoncé son cours 2018 au Collège de France : De la littérature comme sport de combat (II). La saison I m'a semblé très ennuyeuse et je ne suis pas certain de suivre la saison II. Je suis Compagnon depuis une dizaine d'années. Il avait démarré sa nomination par un cours sur Proust et je m'en enchantais. Il est assez vite passé à autre chose et je suis toujours là, cahin-caha, mais par inertie.

Laurent Bouvet, qui enseigne les Sciences Politiques à l'université de Saint-Quentin en Yvelines. C'est un jeune type (né en 1968) intéressant qui m'avait accroché lors d'un séminaire d'Alain Finkielkraut à l’École Polytechnique. Il fait un séjour aux USA, là. Ses posts sur Facebook m'amusent, y compris à travers son gentil narcissisme. Il s'est dernièrement posté dans une vidéo en train de nettoyer son pare-brise. On peut sourire à la portée du document, mais comme il a ma sympathie de toute façon, tout va bien.

Ce qui m'a surpris – en termes d'inattendue coïncidence (?) - c'est de le retrouver depuis quelques mois relayant certains billets de Mara Goyet. Celle-ci est professeur dans un collège parisien et s'est fait connaître il y a une quinzaine d'années par un bouquin agréable sur les travers de son métier qui fut aussi le mien (Collèges de France – Fayard éditeur) et un réel talent de plume, très plaisant, dans les courts billets caustique de son blog, Alchimie du Collège. Elle a fait depuis d'autres bouquins et un petit mais notable chemin médiatique. J'ai été quelque temps en contact amical et internétisé avec elle, jusqu'à la rentrée 2013 où elle a très mal pris une blague à la Jules Romains (Les copains) que j'ai faite en allant participer sous une fausse identité – nous ne nous étions jamais vus - à la pré-rentrée de septembre dans son établissement. Je me demandais le lien avec Laurent Bouvet, mais en fait, elle est je pense des sympathisants du ''Printemps Républicain'', une association dont Bouvet est membre fondateur et qui s'annonce comme suit : ''Nous sommes un mouvement de citoyens libres et indépendants, déterminés à défendre et promouvoir, dans le débat public, la République et ses principes : l'égalité, la laïcité, la solidarité et la souveraineté.'' Je suis moi-même avec sympathie mais de très loin les activités de ce mouvement et je l'ai vu programmée lors d'une table ronde à Ulm, peut-être à l'automne dernier, à laquelle j'avais envisagé - avant d'y renoncer - d'aller. Ceci je pense explique cela.

Je note qu'elle tient en ce moment sur lemonde.fr une série de rubriques estivales ''Pérégrinations alpines de Mara Goyet''. Pourquoi? Mais enfin ... pourquoi pas ? Il en est apparemment prévu 11.

La télévision ne m'a pas beaucoup plus gâté que la littérature de détente. Sur le récent : un mauvais polar de Fred Cavayé, Mea Culpa, avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche, un bien piètre film d'action de Terence Young , De la part des copains, avec Charles Bronson, la déception d'une rediffusion du Crabe Tambour, de Schoendoerffer, avec Jacques Perrin en total contre-emploi, absolument pas convaincant, Claude Rich et Jean Rochefort (le livre m 'avait beaucoup plu, mais le film est raté, malgré de belles vues maritimes), et un western récent (2014) et britannico-danois de Kristian Levring, le moins mauvais film du lot, sur un point de départ horrible, et qui se laisse regarder, avec Mads Mikkelsen, mutique et Eva Green, carrément muette puisque les indiens lui ont coupé la langue !

Un peu de sport aussi, en cette première moitié d'été. Les championnats du monde de natation : je voulais voir ce qu'allait faire Camille Lacourt. Bravo ! Les championnats du monde d'athlétisme : Renaud Lavillenie qui se démerde toujours pour se faire battre au mauvais moment ; Pierre-Ambroise Bosse qui détale comme un lapin à 250 m de l'arrivée du 800 m et qui me fait me poser des questions sur cette supériorité inattendue, spectaculaire et écrasante (un grand verre d'eau fraîche avant le départ?) ; les courses de trop d'Usain Bolt …

Plus qu'à attendre le 26 août. Ma page Facebook est envahie dans les marges par l'annonce du combat entre Conor McGregor et Floyd Mayweather en boxe, 70 kg. Un soi-disant défi du siècle de plus. Mc Gregor est plutôt un spécialiste de MMA (Mixed Martial Arts) avec des titres de champion du monde, et Mayweather, multichampion du monde de boxe dans cinq catégories différentes, retiré en 2008, revenu en 2015, etc … Du business, sans doute. Mais sur les images que j'ai vues, Mc Gregor manifeste une fougue combattante qui m'inquiéte et un caractère particulièrement déplaisant. Je lui souhaite, à l'issue du combat du siècle, la raclée du siècle. D'ailleurs annoncée d'avance par un fin connaisseur de la chose pugilistique : Mike Tyson.

On a fait le tour, enfin, un petit tour …..

À suivre. 

 

02 juillet 2017

LES MATHEMATIQUES DE LA SCOLARITE OBLIGATOIRE

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Le DNB (Diplôme National du Brevet), ex-Brevet des Collèges, ex-BEPC, pour les anciens, vient de délivrer cette semaine sa vision des bases mathématiques à acquérir dans le cadre de la scolarité obligatoire, en gros.

C'est toujours intéressant à regarder.

Cette année, il y avait 7 exercices indépendants.

On trouve facilement le sujet sur internet.

Exercice 1 : Un peu de calcul élémentaire des probabilités. Tirages successifs, avec remise, d'une boule dans une urne contenant des boules bleues et vertes. Un peu de bon sens et se souvenir que la probabilité, dans les cas simples, se calcule par division : Nombre de cas favorables / Nombre de cas possibles.

Exercice 2 : Un peu plus difficile. Il fallait lire et interpréter une suite d'instructions visant à faire construire cinq triangles équilatéraux (tous côtés égaux) successifs. Cela nécessitait un peu d'attention et la compréhension d'instructions codées. Un bon exercice.

Exercice 3 : Très élémentaire. Il fallait savoir lire un graphique simple de fonction y=f(x) qui était fourni. Il fallait aussi savoir qu'une fonction linéaire (c-à-d du type f(x) = kx, avec k une constante) est représentée graphiquement dans un repère en (x,y) par une droite passant pas l'origine. Basique.

Exercice 4 : Se débrouiller avec un tableau de tarifs de production d'électricité, selon la puissance de l'installation et la date de mise en service. Des mathématiques « de tous les jours » avec une multiplication au bout. Ensuite, quelques calculs simples autour de l'installation de panneaux photovoltaïques sur un toit : un calcul d'angle par sa tangente, le théorème de Pythagore, un petit problème de pavage par des panneaux carrés de 1 mètre de côté. Tout à fait « certificat d'étude de papa » en termes de connaissances et de calculs. Ce qui n'est pas ici un défaut.

Exercice 5 : Trois questions indépendantes. Un calcul très élémentaire de vitesse (savoir faire une règle de trois) – Un petit calcul littéral, qui exigeait la connaissance de l'identité remarquable (a+b)^2 – Un calcul de vitesse d'un véhicule à partir d'une distance de freinage (une formule à appliquer). Tout ça très simple .

Exercice 6 : Des statistiques sur l'obésité à partir de la mesure de l'IMC (Indice de Masse Corporelle). Savoir lire un tableau ; savoir calculer une moyenne ; connaître la définition de la médiane d'une série de valeurs (= valeur qui partage la série des valeurs en deux ; 50% de valeurs inférieures, 50% de valeurs supérieures). Une petite question technique sur la façon de calculer dans un tableur. Là, ce n'est plus « à la papa », mais marque la volonté d'introduire les outils bureautiques (idem avec l'exercice 2)

Exercice 7 : … où on retrouve papa, avec une grande bassine de confiture à répartir entre des pots de forme cylindrique. De nouveau très « certificat d'études ».

Au total, une épreuve qui ne teste que le niveau le plus élémentaire des contenus du programme. Sans être retourné vérifier, cela m'a semblé plus facile, de beaucoup, que l'année dernière. En même temps, un élève qui rédige cela sans faute dispose d'un socle satisfaisant pour le quotidien. C'est sans doute, au fond, la vocation du DNB. Mais dans la mesure justement où l'épreuve est à ce point basique, elle pourrait être « couperet », avec exigence éliminatoire de 80% de réponses correctes.

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25 juin 2017

JM BLANQUER ET JEAN DE LA FONTAINE

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Le Ministre et l'École

(d'après: Le Coche et la Mouche)

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé

Et de tous les côtés aux élèves exposé

Les enseignants tiraient leur Coche.

Garçons, filles, parents, tous leur tombaient dessus.

L'attelage suait, soufflait, été rendu.

Un Ministre survient, des pédagos s'approche ;

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'il sait faire aller la machine,

Prend quelques décisions assez inopportunes

Croit faire que le char chemine

Sans dotation d'argent aucune

S'en attribue d'avance et aussitôt la gloire

Va, vient, fait l'empressé ; il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant à chaque endroit

Faire avancer les gens et hâter la victoire.

De félicitations le Ministre a besoin,

Se plaint qu'il agit seul, et qu'il a tout le soin

Qu'aucun n'aide les profs à se tirer d'affaire.

Le syndicat récitait son bréviaire,

Faisait perdre du temps ! Les proviseurs dormaient !

Partout, la somnolence sévissait !

Le Ministre prétend leur tirer les oreilles

Et fait quelques sottises à nulles autres pareilles.

Après bien du travail, l'année arrive au bout

Respirons maintenant dit le Ministre à bout

J'ai tant fait que les jeunes ont la cervelle pleine.

Messieurs les enseignants, payez-moi de ma peine.

 

Les Ministres ainsi, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires,

Ignorent tout du nécessaire

Et partent en nous laissant, pilule fort amère

L'École chaque fois un peu plus affaissée.

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14 juin 2017

LE BACCALAURÉAT, CE MARRONNIER ABSURDE …

Baccalauréat

Dans Le Monde daté du 14/06, dès la première page, on prête à Jean-Michel Blanquer l'intention de "remuscler" l'examen. Le grand principe du discours ministériel sur le baccalauréat, tous ministres de l'éducation confondus, c'est de cultiver la foutaise.

En voilà assez! Il ne faut pas remuscler le baccalauréat, il faut le supprimer d'un trait de plume et passer à une validation cohérente des acquis de la formation initiale Ecole+Collège+Lycée.

Le cursus actuel est incompatible avec le pari de la massification: donner à tous une formation de base solide et de qualité, permettre à chacun de porter au meilleur son excellence.

La solution est, dans ses principes, d'une simplicité biblique.

Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent progresser par cumul d'unités de valeur disciplinaires correspondant à des modules courts (vingt à trente heures d'enseignement) sanctionnés, chacun, par le contrôle exigeant des acquis obtenus.

A l'issue du cursus, chaque élève est ainsi doté d'un profil personnel adossé à l'ensemble des unités de valeur obtenues qui le définit parfaitement en termes académiques.

L'entrée dans la vie active ou l'accès aux filières de l'enseignement dit post-bac s'effectue dans la cadre d'une sélection qui s'appuie sur la comparaison des prérequis exigés et des compétences certifiées.

Pour une discipline donnée, le cumul d'unités de valeurs s'effectue au long du cursus en poupée russe et à la vitesse d'acquisition propre de l'élève, indépendamment de son âge. Son tableau de chasse peut être impressionnant en mathématiques et regrettable en français, au-delà d'un plancher transversal d'unités de valeurs accessible à tous sauf cas pathologique et qui vaudra soit (dans l'esprit de la scolarité obligatoire) attestation de fin d'études de niveau I, soit (dans l'esprit du baccalauréat) attestation de fin d'études de niveau II.

Il est clair que la démarche suppose une parcellisation du public scolaire selon les disciplines et par unité de valeur, en groupes d'acquis homogènes. Sachant aussi que les modules conduisant à la délivrance des unités de valeur pourront être recommencés en cas d'échec ad libitum (autant que souhaité).

La suppression complète du baccalauréat est la conséquence évidente de ce qui précède ... et qui est, par ailleurs, trop sélectif dans ses dispositifs de tri pour permettre le développement harmonieux d'un vivre ensemble des classes d'âge et l'installation chez l'élève de tout ce qui n'est pas la compétence académique sélective.

Il n'y a donc là qu'une partie, disons la moitié, du temps scolaire.

L'autre moitié sera consacrée, en regroupant les élèves sur des principes actuellement en cours, à faire vivre ensemble des groupes homogènes en âge, aux acquis diversifiés, autour d'activités de réflexion et de mise en commun de l'éventail des talents et des compétences du groupe, insérant progressivement l'élève dans une vie sociale ouverte à la discussion, à l'échange, au dialogue, à la recherche en commun, à l'examen critique des problèmes du monde grâce aux outils du raisonnement, de la raison, de la tolérance, de l'enrichissement culturel de chacun par tous.

Mettre en œuvre les principes énoncés suppose une remise en question complète du fonctionnement des établissements, de leur architecture, de leur gouvernance, des missions,  des services et de la formation des maîtres , etc.

Sans parler de la notion de programme, de l'atomisation des champs disciplinaires en unités de valeur, de la définition des activités de la moitié scolaire du vivre et penser ensemble etc.

Un immense chantier, en somme. Mais à quoi sert une ambition politique ouverte sur l'avenir sinon à cela: changer le monde par l'Ecole? 

 

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09 juin 2017

Photographies et Législatives – Paris V° arrdt.

 

LEGISLA

Quand on remonte la rue Cujas à partir du Boulevard Saint-Michel (Paris, V° arrondissement), à l'angle de la rue Victor Cousin, il y a le choc des panneaux électoraux. Il y a le choc En Marche!

Nom de Dieu! Pourquoi l'officiel désigné, Gilles Le Gendre, a-t-il choisi, pour s'afficher à côté d'Emmanuel Macron, un portrait de lui aussi moche?

Au verso de sa profession de foi, la photographie en noir et blanc qui accompagne la courte présentation qu'il fait de lui-même est quand même autrement convaincante. Mais là, sur le panneau, en couleur, à côté d'un Macron au sourire de sphinx constipé - déjà pas une réussite – son allure de dégarni rigolard et mal rasé fait nécessairement douter du sérieux de sa candidature. Il a l'air de passer par hasard et de la trouver bien drôle!

On l'entend d'ici : "Eh, les mecs, z'avez vu? Si vous voulez soutenir Macron, votez pour moi. Marrant, non? Bon, d'accord, vous me connaissez pas, mais regardez, j'ai fait un photomontage avec Emmanuel, trouvez pas que ça déchire? Non? Ah, bon. Oui, c'est vrai, il respire pas la joie de vivre là-dessus, Emmanuel, mais j'avais rien d'autre. Et croyez-moi, on va quand même bien rigoler! Je trouve ça poilant de devenir député !"

Cette affiche m'est un mystère.

On a plutôt l'impression que lui,  c'est un beau-père complètement allumé et que c'est Macron ... Le Gendre !

 

Sonia de Maigret

Il a pris une suppléante : Sonia de Maigret. Sur la photo, le physique est agréable. Ce qui me défrise un peu, c'est son positionnement professionnel : Coach de vie.

Coach de vie ! C'est quoi, encore, ce machin? Coach de vie! Il y a du coach partout maintenant, et à tout propos. Les gens sont à ce point incapables de s'assumer qu'ils délèguent ça à d'autres?  A d'autres qui font leur fromage avec? Dans son court  CV: "... une longue période dans la forêt équatoriale au sein de tribus." Quand même! Bon, avec cette compétence, elle doit en tout cas pouvoir aborder le dossier du Collège, côté comportement tribal.

Mais enfin, entre un député qui se marre et qui a sélectionné dans son album photo celle où il a l'air d'un imbécile heureux, et une suppléante qui fait dans le développement personnel par procuration et qui veut m'aider à mieux m'entendre avec moi-même, franchement …. je suis moyennement en appétit.

Enfin, faut être logique, hein? On a choisi Macron? Maintenant, faut lui donner les moyens de faire la preuve qu'on n'a pas eu tort. Donc, quand j'irai voter, dimanche, j'éviterai de regarder l'affiche, sur le panneau, juste le bulletin de vote.

 

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Dommage pour NKM, candidate dans la même circonscription.

Elle me plaît, pourtant, cette petite. Oui, ça fait macho,  mais c'est affectueux. D'abord elle la ramène, et j'aime bien. Ensuite elle a fait l'X, et puis le Génie Rural/Eaux et Forêts comme école d'application. Très sympathique! Enfin, elle a des yeux intelligents qui vous dévorent. Très agréable!

Bon, mais hein, là, de suite, va falloir oublier tout ça.

Vraiment dommage, en plus, avec de si beaux cheveux …

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26 mai 2017

LES JOURS S'AJOUTENT AUX JOURS …..

Je reviens un peu sur ce que j'écrivais ici le 18 mars. Pas vraiment vu le temps passer, depuis.

La dernière du Déni d'Anna a eu lieu ce mercredi 24 Mai.

La salle du Lucernaire, dont la jauge est à 112 places, était comble.

Ovation pour l'auteur (Isabelle Jeanbrau), la mise en scène (la même!), la musique (Daniel Jea) et la troupe (avec focus sur Benjamin Egner (le père), mais tous excellents).

La suite ????

       Isabelle fin 2015 

               JOURDE Le Monde

Pendant ce temps, le bouquin de Pierre Jourde (Winter is coming) avait une page élogieuse dans Le Monde des Livres. Voilà. Raccord avec mon billet du 18 mars.

Entre temps, on a aussi voté. J'ai écrit quelques lignes en cours de route …

Emmanuel et Brigitte ! Articles People garantis. On va voir ce que ça va donner.

A priori, j'aime bien.

Emmanuel et Brigitte

Et maintenant, au milieu des rancœurs "Lesrépublicaines" ou "Insoumises", dans l' effondrement assourdissant du Parti Socialiste, on s'en va vers la rebelote des 11 et 18 juin.

 

Election

Dans les étonnements de la République en Marche, il y a Cédric Villani.

Mais que diable va-t-il faire dans cette galère?

Villani-Législatives 2017

Je me trompe peut-être, mais je le sens mal député.

Son aura est importante, il peut porter un projet sur l'Ecole, mais je ne suis pas certain qu'on l'entende, ni que sa vision soit la meilleure. Wait and see, bien sûr. Samedi dernier, je me trouvais en voiture dans Orsay et je l'ai vu sous la chaleur et sur le trottoir, marchant rapidement vers le centre-ville en compagnie de deux prolos (en tout cas, ils avaient l'allure), chemises à carreaux et pour l'un, bleu de travail, et puis Villani, brassant l'air, lavallière au vent, araignée au revers, costume noir inadapté aux circonstances météorologiques, en nage sans doute, enthousiaste sûrement, mais, pour quel avenir politique?

D'ailleurs, au passage, sur les questions de gouvernement, je me demande si Emmanuel Macron ne fait pas une erreur de casting avec JM Blanquer. Quand même! DGESCO (Directeur Général de l'Enseignement Scolaire) de décembre 2009 à novembre 2012, c'est-à-dire quasi ministre de l'Education Nationale tant Luc Chatel était peu dans le coup, il n'a que je sache rien inventé de significatif. Et soudain, il aurait vu la lumière?

Du côté de Juppé, il y avait Benoît Apparu, maire de Chalons-en-Champagne, qui s'est intéressé de près à la question.

Apparu

 Je ne sais si E.Macron y a pensé, mais je crois que c'était une carte intéressante à jouer, plus intéressante que Blanquer, plus jeune, plus tonique, plus inventif et même avec plus de cheveux. Il paraît qu'il retourne à la vie civile le 19 juin, ayant renoncé à briguer un nouveau mandat de député. C'est peut-être une occasion manquée.

Et Cannes, bien sûr !!!

Bella Hadid

Tout ça, à suivre ….

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18 mai 2017

UN NOUVEAU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE ? DIABLE ....

Le nom de Jean-Michel Blanquer me paraissait familier.

J'ai retrouvé un billet de février 2015 qui me semble supporter la relecture sans mise à jour ....

Il y est question du nouveau ministre, auquel "Le Point" avait ouvert ses colonnes ...

http://ednat.canalblog.com/archives/2015/02/03/31457091.html

Attendons la suite, mais je ne suis pas nécessairement optimiste.

Nous allons voir .... 

 

NVB-Blanquer

 

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08 mai 2017

EMMANUEL MACRON – UNE PRIORITÉ N° 5 À REVOIR …..

Macron-Ecole

Dans Le Monde daté du mercredi 3/5/17, on trouvait en page 7 et sous la plume d'Aurélie Collas, une colonne sur la "Réforme de l'École primaire", version Emmanuel Macron. Réduite en titre à Douze élèves par classe dans les ZEP pour réduire l'échec, cette priorité, qui n'est pas le tout de la vision macroniste du problème scolaire, n'en indique pas moins un défaut d'analyse.

Face à la situation actuelle, la question à traiter concerne la scolarité obligatoire en bloc, avec un sous-bloc essentiel et le plus difficile : le Collège. Penser nécessairement l'affaire dans l'ordre chronologique (le primaire avant le secondaire) n'est pas efficient. L'école élémentaire est sans doute le volet le plus aisé à traiter, avec une philosophie simple : permettre aux enseignants de reprendre confiance, et leur faire confiance.

Le professeur des écoles, à la tête de sa classe et globalement en charge de l'ensemble des enseignements, est le mieux placé pour assumer à lui seul le retour raisonnable à la priorité aux enseignements fondamentaux qui s'impose, en leur accordant tout le temps nécessaire. Il n'est pas besoin de bouleverser les textes pour cela ni de mobiliser des moyens inouïs. Il n'est besoin que de donner l'impulsion, de fournir des conseils, de libérer l'autonomie des équipes d'école, étant revenus aux rythmes scolaires d'avant la tornade de leur réforme.

Il faut libérer les pédagogues de l'élémentaire de tout contrôle tatillon, et leur faire confiance pour s'organiser au sein des équipes d'école afin d'adapter leurs démarches, leurs efforts, leurs plages d'enseignement, l'organisation de leurs classes - de leurs classes telles que la population scolaire locale les impose - à l'apprentissage prioritaire du français - lecture, expression écrite et orale - et des quatre opérations dans leur technicité et dans tous leurs développements connexes (résolution de problèmes élémentaires).

Cette philosophie, il faut la dire, haut et fort, et mettre à sa disposition toutes les compétences d'un encadrement (Inspections Académiques, Corps d'Inspection du premier degré, …), transformé en instance d'encouragement et de soutien.

Non, le ressaisissement essentiel, qui se conçoit sans doute plus difficilement, concerne le Collège. La durée de scolarisation pourrait y être portée à cinq ans, pour en faire le cadre effectif de la formation jusqu'à seize ans et le lieu complet de l'acquisition et de la consolidation des apprentissages de base, armes de la vie adulte de l'individu dans toutes ses dimensions, comme du déploiement différencié de toutes les excellences individuelles, double objectif que le collège depuis quarante ans affirme viser et se révèle remarquablement incapable d'atteindre.

Dans ces cinq années, chaque élève se verrait offrir (c'est-à-dire imposer) un double cursus, l'un commun, l'autre personnalisé.

Prolongement de l'école élémentaire, le premier cursus, mi-temps de formation, maintiendrait dans son hétérogénéité aléatoire, le groupe-classe confié à un binôme de professeurs à spectre de compétences large, chargé de le guider dans des apprentissages de tronc commun très fortement articulés sur les outils de base de l'insertion sociale et de la communication (expression écrite et orale, notions scientifiques et techniques élémentaires, culture du monde tel qu'il est dans son histoire, sa géographie, ses mécanismes économiques, sa géopolitique, son globish (et oui, osons!), équilibre du corps et pratique sportive) à des fins d'usage et d'accès à une existence et à une réflexion autonomes.

Le second cursus, second mi-temps de formation, en parallèle, s'adressera à l'individu. Dans un champ de micro-modules disciplinaires sanctionnés par l'acquisition d'unités de valeur, l'élève, optionnellement quant à la définition de son trajet et du cumul des unités de valeurs, construira les contenus de son excellence individuelle. Les micro-modules s'adresseront à des groupes homogènes en termes d'acquis antérieurs dans la discipline concernée et l'acquisition cumulée des unités de valeur correspondantes définira le profil d'excellence de l'élève sur la base duquel, lors de sa sortie du Collège, il pourra faire face aux exigences de la vie active ou d'une poursuite d'études.

Faut-il souligner qu'un tel système élimine la notion de redoublement, la progression de chacun étant continue au long du mi-temps commun et à vitesse personnelle en termes d'unités de valeur dans le cadre du mi-temps d'excellence?

C'est ce schéma, ultérieurement transposable au lycée, qui apparaît comme axe réaliste de redéfinition de la formation initiale, et peut-être le seul. Je ne développerai pas ici les profondes modifications qu'il implique en termes de recrutement et de service des enseignants, comme en termes de redéfinition des locaux d'enseignement et de gouvernance des établissements et plus largement du système éducatif. Je l'ai déjà souvent évoqué. Mais il va de soi qu'il y a là un chantier (et une direction) que le candidat Emmanuel Macron, devenu Président, devrait inscrire en N° 1 dans ses priorités, tant l'avenir à tous égards du pays dépendra de la jeunesse qu'il se donnera.

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