AutreMonde

08 novembre 2017

LECTURES D'AUTOMNE

livre-a-lire

Un petit bilan de lecture et de lecteur? 

J'en étais resté à Albert Camus et à La peste, mais le temps a coulé. Les obligations scolaires des petits enfants, quelques remarques de critiques au détour d'un journal, quelques échanges amicaux au chevet d'un malade, cela fait bien sa demi-douzaine de livres à lire ...

Dans l'ordre ...

Par transition, peut-être, j'ai profité de la préface de Camus au livre de son ami Louis Guilloux, pour lire La Maison du peuple, suivi de Compagnons. De beaux livres simples, touchants et tristes sur le père, sur l'amitié. Mais qui vont s'oublier, quand la figure extraordinaire de Cripure, ainsi baptisé par ses élèves dans Le sang noir, parce qu'il les saoulait avec Kant et sa Critique de la raison pure, figure de professeur dont Guilloux a pris le modèle chez Georges Palante qui fut son ami, est, elle, inoubliable. Mon vrai conseil est donc : lisez Le sang noir.

J'ai relu La Bête humaine pour accompagner l'effort de ma petite fille dont le professeur de seconde avait retenu l'ouvrage. Les gamins d'aujourd'hui peinent sur un tel roman, bien sûr un peu vieilli dans des descriptions (il n'y en a pourtant pas tant que ça) de vues de gare, de brouillard sur les locomotives au petit matin et de rails enchevêtrés qui ne les accrochent guère, mais véritable thriller et thriller psychologique passionnant. Seulement voilà, il faut lire, et lire concentré, entrer dans l'univers que pose Zola, et c'est pour eux bien plus difficile que la galopade effrénée à travers les rebondissements incessants et feuilletonnesques d'un roman qu'elle avait dévoré en juillet : L'affaire Harry Québert. Joël Dicker, l'auteur, n'écrit pas un roman, il dévide le scénario haletant d'une série télévisée. Pour la génération de l'image, il n'y a pas - si j'ose dire - photo. Dommage.

Je n'avais jamais lu Le paysan de Paris. D'Aragon, j'avais essentiellement pour référence Aurélien, souvenir magique de ma classe de première, à ce point magique que je n'ai jamais voulu le relire, de crainte de ne pas retrouver ce moment d'enthousiasme. Un ami, un peu perdu de vue et réapparu pour m'apprendre, après un ennui de santé, une convalescence emplie de livre et traversée, entre autres, par ledit Paysan de Paris, m'y a jeté. Quel pénible fatras de narcissisme boursouflé! Je suis allé au bout mais j'ai trouvé insupportable. Il y a des trouées de style, mais enfin, le nombrilisme et l'autosatisfaction suintante y passent les bornes de ma tolérance. Je ne suis allé au bout que pour pouvoir dire que je l'avais lu et décrocher par là le droit d'en penser tout le mal que je viens d'écrire.

Au détour d'un billet de Pierre Jourde, universitaire et écrivain, invité il y a quelques années du Séminaire (au Collège de France) d'Antoine Compagnon et qui tient un blog sous l'égide de l'Obs (http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/), une double injonction de lecture m'a retenu. Deux auteurs: Philippe Videlier, Laurent Chalumeau; un historien passé par la fiction, un auteur de polars. Pierre Jourde s'était enthousiasmé à la découverte du dernier Chalumeau : VIP (Grasset), et chantait les qualités du récent Videlier: Dernières nouvelles des bolcheviks (Gallimard). Côté achat de livres, je joue petit bras, j'attends leur parution en poche, ou je les cherche d'occasion. Du coup, j'ai lu l'avant dernier Chalumeau : KIF, et un Videlier antérieur : Nuit turque

De KIF, que dire d'autre que ceci : formidable! L'invention langagière autour du parler mi-"djeune", mi-truand, mi-banlieue (j'aurais dû dire tiers) est un régal constamment renouvelé. Le scénario est solidement complexe et tenu. Ce serait dommage de se priver d'un tel moment de jubilation.

Nuit Turque est bien, quasi documentaire, sur la mise en place du génocide arménien, mais j'attends un peu pour m'emballer. Dans un commentaire du blog de Jourde, une enthousiaste a fait référence, du même auteur, à Dîner de Gala, sous-titré L'étonnante aventure des brigands justiciers dans l'Empire du milieu. J'en ai trouvé un exemplaire d'occasion bon marché et comme neuf. Je vais m'y lancer (dès que m'en vient le courage : c'est un pavé ...). 

Et là, je viens d'achever Un prêtre marié, de Barbey d'Aurevilly. Etonnante expérience. Je ne sais pas pourquoi je l'ai tentée, peut-être un instant de rêvasserie devant les rayons de la bibliothèque et ce titre, qui me fait souvenir que je ne l'ai pas lu et me renvoie à La faute de l'abbé Mouret, un Zola de l'été. Rien à voir en termes d'intrigue. Sacré bouquin que ce Prêtre marié. Totalement caricatural avec les yeux d'aujourd'hui, écarquillés devant ses excès permanents, son romantisme échevelé, sa mythification constante du moindre personnage, l'hypertrophie des réactions de chacun. J'ai eu du mal à essayer de prendre tout cela au sérieux, mais dans le dernier tiers, une certaine émotion passe à travers la frénésie dramaturgique qui se saisit de l'auteur et l'on constate, sidéré, qu'on s'est malgré tout inscrit dans ses brisées. L'affaire finit en apothéose grandguignolesque, mais quel souffle! Le jeune héros se nomme Néel de Nehou. Rien que cela, si j'ose dire, il faut le faire ...

La femme du prêtre

 

 

 

 

 

 

Cette photographie est une malhonnêteté intellectuelle.

Le roman de Barbey d'Aurevilly n'a aucun rapport avec la comédie de Dino Risi La femme du prêtre (1970). Mais c'est Marcello Mastroianni et Sophia Loren. Pour le plaisir de les montrer. 

 

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21 octobre 2017

UNE SIMPLE REMARQUE ....

Référence : le précédent billet...

... pour en remettre une petite couche.

Je trouve la récursivité "en action", programmée et exécutée par la machine, fascinante, pour être d'une génération où tout se faisait "à la main".

AINSI, le schéma classique de calcul d'une approximation de la racine carrée de 3 à l'aide des termes successifs de la suite récurrente :

u(0)=2

u(n) = [u(n-1) + 3/u(n-1)]/2

dont la racine carrée de 3 est justement la limite pour n tendant vers l'infini.

Le calcul de u(3) par exemple se fait tranquillement "à la main" par les étapes :

u(0)=2

u(1) = [2 + 3/2]/2 = 7/4

u(1) = 1,75                    

u(2) = [7/4 + 3/(7/4)]/2 = [7/4 + 12/7]/2 = 97/56

u(2) # 1.732142857

u(3) = [97/56 + 3/(97/56)]/2 = [97/56 + 168/97]/2 = [(97x97 + 168x56)/(56x97)]/2 = 18 817/10864

u(3) # 1.73205081

Si l'on souhaite réfléchir à la même séquence en terme de récursivité "à la façon d'un programme machine", on peut calquer sa démarche sur les appels récursifs d'un programme tel que celui-ci, écrit en langage Python : 

def u(n):
if n ==0:
    return 2
else:
    return 0.5*(u(n-1)+3/u(n-1))

print("u(",n,")= ", u(n))

Que "fait-il"?

Il teste (if) si n est égal à 0, auquel cas, il renvoie 2 comme résultat. Sinon (else), il s'appelle lui-même en descendant l'indice n d'un cran dans la formule de récurrence. Mais, si n-1 n'est pas nul, il n'engage pas cette formule puisqu'il doit d'abord de nouveau s'appeler lui-même au rang ((n-1)-1), soit (n-2) pour espérer calculer u(n-1) à partir de u(n-2). Mais pour calculer ce u(n-2), sauf si n-2 est égal à 0, il recommence à s'appeler avec l'indice n-3. Etc.

Jusqu'à - en quelque sorte - l'appel à u(n-n), soit u(0), qui lui permet de cesser les appels internes itérés en renvoyant la valeur de u(0) - soit ici 2 - puis en remontant de l'intérieur toute la chaîne pour aboutir à la valeur de u(n). 

Approx_Rac_3_

Présentation manuscrite. Bien difficile à lire, je le reconnais. Désolé.

On devine évidemment la complexité de notation pour u(n) si on s'obstine dans cette voie d'écriture.

Le petit programme Python ci-dessus, par contre, gère instantanément ses appels récursifs et affiche par exemple pour n variant de 0 à 9 les résultats :

 u( 0 )= 2

u( 1 )= 1.75
u( 2 )= 1.7321428571428572
u( 3 )= 1.7320508100147274
u( 4 )= 1.7320508075688772
u( 5 )= 1.7320508075688772
u( 6 )= 1.7320508075688772
u( 7 )= 1.7320508075688772
u( 8 )= 1.7320508075688772
u( 9 )= 1.7320508075688772

On notera la stabilité des résultats affichés à partir de n = 4. On ne gagne plus, au-delà, en précision.

Une calculatrice de type lycée donne, elle , pour la racine carrée de 3, l'approximation directe : 1.732050808

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17 octobre 2017

UNE QUESTION DE BRIQUES

Briques

 

Calcul "à la main" versus programme Python.

Position du problème:

On dispose de deux types de briques qui ne différent que par la longueur et la couleur.

On souhaite constituer avec elles une rangée (de briques) de longueur donnée.

On s'intéresse au nombre de réalisations possibles, étant entendu que deux réalisations différent par la répartition des blocs de couleurs.

Précisons:

Briques de type 1 : longueur m, couleur a

Briques de type 2 : longueur n, couleur b

Rangée à construire de longueur L

La question va être de déterminer tous les couples d'entiers (k et h) tels que :

                                   mk+nh = L                (e)

puis, pour chacun de ces couples (h,k), de déterminer les rangs possibles, de 1 à k+h, où on placera les k briques de couleur a.

Sur ce dernier décompte, on connaît la réponse: il y a C(k+h;k) possibilités de répartition des k briques de couleur a, où C(k+h;k) est le  nombre de combinaisons k à k de k+h objets et se calcule par le quotient de factorielles : (k+h)!/k!h! avec, pour n un entier quelconque,  n! comme produit de 1 à n des entiers successifs (par exemple : 5!=1x2 x3 x4 x5 = 120).

Pour le premier décompte, on tombe sur une question d'arithmétique classique, l'équation diophantienne aux inconnues entières (x,y) (de Diophante (d'Alexandrie, deuxième ou troisième siècle avant JC)) de type : ax+by = c, où a,b et c sont des entiers donnés.

Il est assez évident que si le pgcd (plus grand commun diviseur) de a et b ne divise pas c, l'équation sera sans solution.

Si le pgcd de a et b divise c, en divisant les deux membres de l'équation par ce pgcd, le problème est ramené au cas où a et b sont des entiers premiers entre eux.

Pour ne pas trop alourdir le propos, on va continuer sur un exemple, sachant que la méthode est de généralisation immédiate. Ainsi, avec m=25, et n = 30. L'équation (e) devient :

25k + 30h = L

Le pgcd de 25 et 30 est 5.

Soit : 5(5k + 6h) = L

Si L n'est pas un multiple de 5, le problème est sans solution.

Sinon, par exemple avec L = 420, on obtient, à résoudre : 5k + 6h = 84

5 et 6 sont premiers entre eux.

Un résultat général d'arithmétique ( l'algorithme d'Euclide) permet de déterminer, pour tout couple (m,n) de nombres premiers entre eux, un couple (u,v) d'entiers relatifs (c-à-d positifs ou négatifs) tels que : um+vn = 1.

Ici, le résultat est évident :

6 – 5 = 1 soit 5x(-1) + 6 x 1 = 1

On en déduit trivialement :    5 x (-84) + 6 x 84 = 84

On cherche :                           5 x k + 6 x h = 84

Par soustraction, on obtient : 5 x (k+84) + 6 x (h-84) = 0

Soit :                                      5 x (k+84) = 6 x (84-h)

On sait par ailleurs (c'est un théorème arithmétique de Gauss (1777-1855)) que:

Si c divise a x b  en étant premier avec a, alors, c divise b.

6 est premier avec 5. Donc 6, qui divise 6 x (84-h), divise aussi  5 x (k+84), et, par Gauss, divise (k+84).

On peut donc écrire, où u est un entier : k+84 = 6u

Soit: k = 6u-84

On en déduit immédiatement : 5 x 6u = 6 x (84-h)

Soit: h = 84 – 5u

On ne s'intéresse évidemment qu'aux solutions positives de (e).

Ce qui impose :  u ≥ 84/6 soit u ≥ 14   et u ≤ 84/5 soit u ≤ 16

Ce qui nous fournit pour u les possibilités : {14,15,16}

Et pour (k,h) les couples possibles : (0,14), (6,9) et (12, 4)

Cas (0,14) : 14 briques de 30. Pas de jeu sur les couleurs. 1 seule possibilité.

Cas (6,9) : 6 briques de 25, 9 briques de 30.

Mais il reste à choisir les 6 positions des briques de 25 parmi les 15 positions possibles: C(15;6) = 5005

Cas (12,4) : 12 briques de 25 et 4 briques de 30.

Mais il reste à choisir les 4 positions des briques de 30 parmi les 16 positions possibles : C(16;4) = 1820

1+5005+1820 = 6826

Il y a donc 6826 façons possibles d'aligner sur 4,2 mètres des briques de 25 cm et des briques de 30 cm.

En maintenant à 4,2 m la longueur de la rangée de briques, on peut, rapidement refaire les calculs pour différentes situations

A - Cas (m,n) = (30,32) :

L'équation (e) devient :          30k + 32h = 420

Le pgcd de 30 et 32 est 2.

Soit : 2(15k + 16h) = 420

On obtient, à résoudre : 15k + 16h = 210

15 et 16 sont premiers entre eux.

Ici encore,  on n'exige rien de l'algorithme d'Euclide:

16 – 15 = 1 soit 15x(-1) + 16 x 1 = 1

On en déduit trivialement :    15 x (-210) + 16 x 210 = 210

On cherche :                           15 x k + 16 x h = 210

Par soustraction, on obtient : 15 x (k+210) + 16 x (h-210) = 0

Soit :                                      15 x (k+210) = 16 x (210-h)

16 est premier avec 15. Donc 16, qui divise 16 x (210-h), divise aussi  15 x (k+210), et, par Gauss, divise (k+210).

On peut donc écrire, où u est un entier : k+210 = 16u

Soit: k = 16u-210

On en déduit immédiatement : 15 x 16u = 16 x (210-h)

Soit: h = 210 – 15u

On ne s'intéresse évidemment qu'aux solutions positives de (e).

Ce qui impose :  u ≥ 210/16 soit u ≥ 14   et u ≤ 210/15 soit u ≤ 14

Ce qui nous fournit pour u la seule  possibilité : {14}

Et pour (k,h) l'unique couple possible : (0,14)

Soit : 14 briques de 30. Pas de jeu sur les couleurs.

1 seule rangée possible de longueur 4,2 m avec 14 briques de 30

B – Cas (m,n) = (14,35)

L'équation (e) devient :          14k + 35h = 420

Le pgcd de 14 et 35 est 7.

Soit : 7(2k + 5h) = 420

On obtient, à résoudre : 2k + 5h = 60

2 et 5 sont premiers entre eux.

Ici encore,  on n'exige rien de l'algorithme d'Euclide:

5 – 2x2 = 1 soit 2x(-2) + 5 x 1 = 1

On en déduit trivialement :    2 x (-120) + 5 x 60 = 60

On cherche :                           2 x k + 5 x h = 60

Par soustraction, on obtient : 2 x (k+120) + 5 x (h-60) = 0

Soit :                                      2 x (k+120) = 5 x (60-h)

5 est premier avec 2. Donc 5, qui divise 5 x (60-h), divise aussi  2 x (k+120), et, par Gauss, divise (k+120).

On peut donc écrire, où u est un entier : k+120 = 5u

Soit: k = 5u-120

On en déduit immédiatement : 2x 5u = 5 x (60-h)

Soit: h = 60 – 2u

On ne s'intéresse évidemment qu'aux solutions positives de (e).

Ce qui impose :  u ≥ 120/5 soit u ≥ 24   et u ≤ 60/2 soit u ≤ 30

Ce qui fournit pour u les possibilités {24, 25, 26, 27, 28, 29, 30}

Et pour (k,h) les couples : (0,12), (5, 10), (10, 8), (15, 6), (20, 4), (25, 2), (30, 0)

Il faut maintenant dénombrer les jeux de couleurs :

(0,12) : 1 seule possibilité. 12 briques de 35

(5,10) : C(15,5) = 3003 possibilités

(10,8) : C(18,8) = 43758 possibilités

(15,6) : C(21,6) = 54264 possibilités

(20,4) : C(24,4) = 10626 possibilités

(25,2) : C(27,2) = 351 possibilités

(30,0) : 1 seule possibilité. 30 briques de 14

Au total : 112 004 façons de procéder .

C- (m,n) = (23, 36)

L'équation (e) devient :          23k + 36h = 420

23 et 36 sont premiers entre eux.

Cette fois, au lieu de tâtonner, on utilise l'algorithme d'Euclide:

36 = 1 x 23 + 13

23 = 1 x 13 + 10

13 = 1 x 10+ 3

10 = 3 x 3 + 1

Soit en "remontant" à partir du dernier reste 1 :

1 = 10 - 3 x 3

1 = 10 – 3 x (13 – 1 x 10) = 4 x 10 - 3 x 13

1 = -3 x 13 + 4 x (23-1 x 13) = 4 x 23 - 7 x 13

1 = 4 x 23 -7 x (36 – 1 x 23) = 11 x 23 - 7 x 36

En multipliant par 420 on obtient :   4620 x 23 - 2940 x 36 = 420

On cherche :                                       23 x k + 36 x h = 420

Par soustraction, on obtient : 23 x (k-4620) + 36x (h+2940) = 0

Soit :                                      23 x (4620-k) = 36 x (h+2940)

23 est premier avec 36. Donc 23, qui divise 23 x (4620-k), divise aussi  36 x (h+2940), et, par Gauss, divise (h+2940).

On peut donc écrire, où u est un entier : h+2940 = 23u

Soit: h= 23u-2940

On en déduit immédiatement : 36x 23u = 23 x (4620-k)

Soit: k = 4620 – 36u

On ne s'intéresse évidemment qu'aux solutions positives de (e).

Ce qui impose :  u ≥ 2940/23 soit u ≥ 128   et u ≤ 4620/36 soit u ≤ 128

Il n'y a donc que la possibilité : u=128

Donc que le couple (k,h) = (12,4)

Avec C(16,4) = 1820 jeux de couleurs pour 12 briques de 23 et 4 briques de 36. 

Programmation – Langage PYTHON

On peut constater que le  travail de résolution "à la main" est malgré tout assez exigeant en termes d'attention, et mobilise quelques compétences en arithmétique élémentaire.

Il est alors intéressant (et à mon avis, assez spectaculaire en termes de performance) de confier la question , via l'écriture d'un petit programme Python (langage adopté en Classes préparatoires et poursuivi en Grandes écoles) , à l'ordinateur.

Façon de juger de la pertinence d'un micro-détour par l'intelligence artificielle.

Il suffit de mettre en œuvre le petit programme suivant:

(les lignes commençant par # ne sont que des commentaires de présentation ou d'accompagnement)

# Combien de possibilités pour le problème des briques?

print("Rangée à construire. Deux types de briques") 

# On annonce la question; print = imprimer

# Et on saisit les longueurs des deux types de briques  dans les variables m et n

m=int(input("Longueur brique de type 1: ",))

n=int(input("Longueur brique de type 2 : ",))

# On range dans les variables b (pour bas) et h (pour haut) respectivement la plus petite et la plus grande longueur par

# une instruction if … else …, c-à-d : si … alors…

if m<n:

    b,h = m,n

else:

    b,h=n,m

L=int(input("Longueur de la rangée à construire: ",))

# On saisit la longueur de la rangée

# On va définir la fonction-réponse, appelée "briques(m,n,L)".

def briques(m,n,L):

    if L<b:

        return 0              # si la rangée est plus courte que la plus petite brique … pas de solution

    elif L==b or L==h:

        return 1              # si la rangée a la longueur d'un des deux types de briques …

    else:

        return briques(m,n,L-b)+briques(m,n,L-h)

# On utilise la récursivité (le renvoi de la fonction à elle-même).

# La rangée se termine nécessairement par une brique de longueur m ou n

# L'ensemble des possibilités cherchées est donc obtenu sur deux rangées de longueurs

# respectives (L-m) et (L-n), avec les mêmes types de briques … à partir desquelles on

# recommence

# l'algorithme boucle ainsi de façon descendante sur lui même jusqu'à déboucher sur un des

# cas triviaux L<b, L =m ou L=n , comme un arbre dont on dessinerait les racines

#  qui se divisent progressivement. Il n'y a plus qu'à compter les "1" terminaux,

# et à afficher – ci-après – le résultat.

print ("Il y a ", briques(m,n,L), " façons de procéder.")

 

Je recopie sans les commentaires pour qu'on juge de la brièveté de la partie opérationnelle de l'algorithme:

print("Rangée à construire. Deux types de briques") 

m=int(input("Longueur brique de type 1: ",))

n=int(input("Longueur brique de type 2 : ",))

if m<n:

    b,h = m,n

else:

    b,h=n,m

L=int(input("Longueur de la rangée à construire: ",))

def briques(m,n,L):

    if L<b:

        return 0             

    elif L==b or L==h:

        return 1             

    else:

        return briques(m,n,L-b)+briques(m,n,L-h)

print ("Il y a ", briques(m,n,L), " façons de procéder.")

 

On contrôle immédiatement les résultats obtenus "à la main".

Et on peut s'amuser à en collectionner à moindres frais d'autres :

Briques(12,17, 256) : 43758

Briques (21, 29, 395): 3003

Briques (17, 31, 315): impossible

Briques (17, 31, 387): 19448

Briques (12,17, 100) : impossible

Briques (12, 17, 200): 1365

MAIS :

Paradoxalement (?), certaines configurations peuvent mettre en difficulté l'ordinateur …

Ainsi : Briques (12, 17, 500)  fournit "à la main" 4 060 020 775 possibilités, avec trois types de répartitions :

2 briques de 12 et 28 briques de 17              C(30,2) = 435

19 briques de 12 et 16 briques de 17            C(35,16) = 4 059 928 950

36 briques de 12 et 4 briques de 17              C(40,4) = 91390

                                                                 Total : 4 060 020 775

On a là un ordre de grandeur dans lequel la récursivité du programme perd pied …

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17 septembre 2017

LES GRANDS ESPRITS (FILM)

Les Grands Esprits

C'est un très bon feel good movie. Mais ce n'est pas le film que suggère sa bande-annonce, d'ailleurs intellectuellement malhonnête, puisqu'elle fait croire qu'une réplique qui concerne l'hypokhâgne du lycée Henri IV (Paris V°) dont François Foucault (Denis Podalydès) est chargé, s'adresse au collège Barbara de Stains, dans le 9-3,  où on le parachute à des fins de mission exploratoire (quand on connaît l'Education Nationale, c'est totalement invraisemblable). On attend la déstabilisation psychologique d'un enseignant de CPGE (Classe Préparatoire aux Grandes Écoles) d'un établissement prestigieux face à la réalité des classes d'un Collège REP +

On a les étonnements maladroits, puis les attendrissements d'un quinquagénaire (Podalydès est né en 1963) trop facilement ému par la détresse pédagogique d'une collègue qui a l'âge d'être sa fille (Pauline Huruguen, fondante) et trop facilement parvenu à un dialogue trop apaisé et trop positif pour être crédible avec les non-élèves qui sont la norme de ce type de Collège.

Le choc des cultures reste policé et ne traduit pas le réel de la situation posée, si elle avait été vécue. Il est d'ailleurs tout à fait étonnant qu'on essaie de nous faire croire à l'exclusion définitive d'un gamin au motif qu'il a tutoyé son professeur, quand on sait que se faire traiter d'enculé dans ce type d'établissement ne relève que d'un petit accroc à la routine du dialogue pédagogique et se dilue dans des excuses convenues de fin de cours.

Mais comme le parti pris est celui des bons sentiments, celui d'un monde scolaire où la bonne volonté du professeur, sa bienveillance, finissent par lubrifier la relation maître-élève et mettent presque les gosses au travail, eh bien, on joue le jeu, car ce n'est plus qu'un jeu et non la dureté épuisante des vrais rapports, et on se laisse embarquer dans le conte de fées de l'implication  du professeur qui sauvera le gamin paumé de l'avenir de misère qui lui était promis. Il ne leur restera plus qu'à  regarder ensemble les horizons ainsi ouverts, épaule contre épaule, dans une dernière scène à la complicité idéalement touchante.

S'il pouvait seulement en être ainsi. Las … 

Sur le contenu des cours, les scénaristes se sont bien amusés, qui sont allés rechercher un ou deux épisodes de l'histoire littéraire pour en enchanter (option très théorique!) le discours magistral. Ainsi retourne-t-on au milieu du XIX° siècle, pour l'aventure sentimentale de Victor Hugo et de Léonie Biard, contée par François Foucault à peu près dans les termes où elle l'est, en 2012, dans le blog de Jérôme Dupuis, critique littéraire à l'Express, en prélude à une présentation des Misérables:

Le roman est né d'un adultère. Le 5 juillet 1845, un commissaire de police parisien, accompagné d'un mari courroucé, tape à la chambre d'un appartement de la rue Saint-Roch, à deux pas de la place Vendôme. À l'intérieur s'ébattent Victor Hugo et sa bonne amie Léonie Biard. Flagrant délit d'adultère. À l'époque, on ne badine pas avec ces choses-là : Léonie est incarcérée. Le poète âgé de 43 ans, protégé par son immunité de pair de France, échappe, lui, à la prison. Mais pour éviter l'opprobre, il s'enferme à double tour chez lui, place Royale (aujourd'hui place des Vosges). Et comme il faut occuper ses jours, il se lance dans un roman. Son titre ? Jean Tréjean (qui deviendra Jean Valjean) avant d'être rebaptisé un peu plus tard Les Misères, et enfin, Les Misérables. 

Si invraisemblable que cela paraisse si l'on songe à la longueur (plusieurs millions de signes) et à la complexité de l'ouvrage (dont l'action court de 1794 à 1833, croise la bataille de Waterloo et les barricades de 1832, tout en brassant des centaines de personnages), Hugo se lance dans l'aventure sans le moindre plan préétabli. Ah si ! On a retrouvé quatre lignes griffonnées au dos de l'enveloppe d'une lettre : "Histoire d'un saint. Histoire d'un homme. Histoire d'une femme. Histoire d'une poupée." C'est tout.  

Ce que François Foucault ne dit pas, c'est que Léonie Biard, née d'Aunet en 1820, d'une famille de petite noblesse semble être la seule femme pour qui Hugo ait failli quitter Juliette Drouet.

Léonie était de dix-huit ans la cadette du poète. Après des études, à l'Institution Fauvel, Léonie d’Aunet avait rencontré Auguste Biard, peintre bénéficiaire de commandes de Louis-Philippe, en 1835. Ils s'étaient mariés en 1840, après le retour d’une mission scientifique au Spitzberg dont elle était la seule femme, et Biard le peintre embarqué. Victor Hugo, lui, l'aurait rencontrée dans les salons de Fortunée Hamelin (Madame Hamelin, pour l'Histoire), où s'est retrouvé - depuis la Révolution jusqu'au Second Empire naissant — tout ce que la France a compté de personnalités politiques, militaires, littéraires et artistiques.

Surprise en flagrant délit d'adultère Léonie est immédiatement jetée à la prison Saint-Lazare où elle restera deux mois, avant d'être transférée dans un couvent, grâce à l'intervention d'Adèle, épouse Hugo (magnanime). Condamnée par le tribunal de la Seine, elle perdra la garde de ses enfants. Son mari, Auguste Biard, autorisera sa sortie du couvent au bout de trois mois. Victor Hugo, lui, ami du Roi Louis-Philippe et pair de France, bénéficia de l'inviolabilité pénale. Grâce à ses relations dans la presse, il était parvenu à étouffer le scandale qui le menaçait.

Hugo a continué des relations secrète avec Léonie jusqu'au coup d'état du 2 décembre 1851 qui voit leur séparation de fait (Hugo partit en exil), mais n'empêchera pas le poète de correspondre avec elle, une correspondance qui dura plus de dix ans.

De son expédition au Spitzberg, Léonie Biard avait tiré un livre, "Voyage au Spitzberg", qu'Adèle Hugo, décidément généreuse, l'aida à faire publier chez Hachette et qui obtint un beau succès.

Léonie est morte à Paris en 1879, quatre ans avant Juliette Drouet, six ans avant Victor Hugo.

 Je disais que Jérôme Dupuis avait peut-être inspiré, via son blog, la tirade de François Foucault sur Hugo devant sa classe de quatrième. Mais il y a une autre coïncidence. C'est ce même Jérôme Dupuis qui a révélé, en janvier 2011, et surtout démontré, citations à l'appui, le plagiat commis par Patrick poivre d'Arvor dans son livre Hemingway, la vie jusqu'à l'excès, où il avait démarqué une centaine de pages directement inspirées de la biographie de Peter Griffin, publiée en France chez Gallimard en 1989. Une nouvelle édition a été mise en place, expurgée des traces du plagiat et allégée pour tout ce qui concerne la jeunesse de Hemingway, dont la principale source était précisément le livre de Griffin.

Or, c'est autour d'Hemingway que les scénaristes construisent une autre séquence du cours de François Foucault, l'affaire de la micro-nouvelle en six mots, qui va permettre à Seydou (Abdoulaye Diallo) qu'il avait traité d'idiot d'obtenir un 16/20. L'histoire, présentée comme certaine dans le film, est controversée. Mais enfin, on prête à Hemingway une micro-nouvelle rédigée dans les années 1920 et dans un bar new-yorkais, en réponse au défi lancé par des amis d'écrire une nouvelle en six mots. Rédaction d'Hemingway : "For sale: baby shoes, never worn"  (À vendre: chaussures de bébé, jamais portées).  Il aurait ensuite affirmé que c'était la meilleure histoire qu'il ait écrite. Le pouvoir d'évocation de la phrase, quoi qu'il en soit, est en effet considérable, laissant le champ libre au lecteur et c'est ce que François Foucault veut exploiter avec sa classe.  

On voit qu'au fond, l'apport culturel du film n'est pas négligeable … pour le spectateur. Les mêmes tentatives dans une situation de classe réelle ne me semblent pas disposer d'une espérance de succès aussi considérable, auraient en tout cas déclenché des chahuts plus considérables eux, que les réactions montrées.

Je me répète: juste un feel good movie.

À ne pas négliger : c'est très bien joué. Tous les acteurs sont plus que convaincants, à commencer par Podalydès.

Quant aux compléments "culturels"… j'ai circulé sur le net.

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05 septembre 2017

RENTRÉE 2017

Rentrée 2017

On y est, finalement. En place depuis hier, 4 septembre, anniversaire de la proclamation de la Troisième République. La macronienne, côté scolaire, n'en profite pas pour faire sa révolution.

Je suis étonné de lire et d'entendre les commentaires assez positifs qui entourent cette rentrée et les prises de parole de JM Blanquer ou d'Emmanuel Macron. Des mots…

Oui, il y a cette affaire de classes à 12 élèves en CP-"Rep +" … On verra à l'usage ce qu'il en est, derrière la "com". La mesurette ne me convainc nullement en termes de prise en compte et en charge des problèmes de l'école.

De fait, dans les discours dont le président et son ministre entourent cette rentrée, il n'y a rien qui dessine l'autre école nécessaire. Ou presque rien. Je suis extrêmement déçu par la frilosité dominante, qui fait que les problèmes ne sont pas abordés de front. Déçu aussi que n'apparaisse pas cette exigence qui modifierait le reste : il faut changer les conditions matérielles et morales de l'exercice du métier d'enseignant en reprenant l'ensemble du système au niveau des locaux (à réaménager), des services (à redéfinir), des concours de recrutement (à repenser), des traitements (à revoir), de la gouvernance des établissements (à reprendre).

Jospin voulait mettre l'élève au centre du système, et on en est un peu resté là. C'est une erreur. C'est l'enseignant qui doit être au centre. Et ce sont les enseignants heureux de travailler qui font les bons professeurs et à travers eux, la bonne formation des élèves. Mais ce n'est, au fond, pas compris.

On maintient le système à peu près en l'état par des modifications "à la marge". Les progrès seront du même ordre et rien de fondamental ne va bouger.

Triste perspective.

Où est l'audace?

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16 août 2017

MI-PARCOURS VACANCES 2017 ...

  ... à  Montesquieu-Volvestre

 

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L'été ainsi s'avance, et nous voici mi-août.

Que s'est-il donc passé qui mérite le compte

Rendu ? L'événement, dont on fait son ragoût,

Justifie-t-il l'effort que fait qui le raconte ?

Il est dans les journaux, et de toute façon,

Déjà narré. C'est fait. Pourquoi vouloir mieux faire ?

Parlons du quotidien, de l'intime leçon

Des gestes répétés qu'on pourrait, c'est vrai, taire,

Car de nul intérêt, mais qui, s'accumulant,

Font le courant vital qui fuit et qu'on savoure

Au rythme du bonheur fugace de l'instant

Que vieilli, mieux qu'avant, on connaît sans retour.

 

Mille petites choses. Et d'abord, Isaac Asimov, Le cycle de la fondation, un must (m'avait-on dit) de la SF. Quelle arnaque ! Je n'irai pas plus loin que le premier tome, achevé pour l'unique raison que je l'avais commencé. C'est ennuyeux et filandreux. Ça vous tombe des mains. À la rigueur, ça peut servir de somnifère.

Je n'ai pas eu de chance, ces premières semaines de vacances. Après m'être enchanté de Betty Smith (Le lys de Brooklyn), j'ai plongé dans le médiocre, par relatif désœuvrement et envie de détente. Le prix du Quai des Orfèvres 2017 : Pierre Pouchairet. Mortels trafics. Là aussi, on s'emmerde copieusement. C'est hyper-documenté (l'auteur est un ancien de la ''maison poulaga'', comme on ne dit plus) mais sans le moindre intérêt. Il a dû rajouter un glossaire des sigles en usage au ministère de l'intérieur. Plus rasoir, tu meurs.

Je suis tombé sur sa photo, en faisant un tour sur le web. La gueule de l'emploi, pas mal. Suivaient quelques vues de la cérémonie de remise du prix, avec cette année Alice Taglioni (belle fille) comme marraine. Il y avait là Alain Delon, Jean-Paul Belmondo plus ou moins en fauteuil roulant (je me demande pourquoi on s'obstine à le sortir et pourquoi il s'y prête) et son grand copain Charles Gérard, une de ces tronches toujours au second plan dont on peine à retenir le nom mais qu'on connaît par cœur.

 

Je regarde un peu où en sont les uns et les autres. Antoine Compagnon a annoncé son cours 2018 au Collège de France : De la littérature comme sport de combat (II). La saison I m'a semblé très ennuyeuse et je ne suis pas certain de suivre la saison II. Je suis Compagnon depuis une dizaine d'années. Il avait démarré sa nomination par un cours sur Proust et je m'en enchantais. Il est assez vite passé à autre chose et je suis toujours là, cahin-caha, mais par inertie.

Laurent Bouvet, qui enseigne les Sciences Politiques à l'université de Saint-Quentin en Yvelines. C'est un jeune type (né en 1968) intéressant qui m'avait accroché lors d'un séminaire d'Alain Finkielkraut à l’École Polytechnique. Il fait un séjour aux USA, là. Ses posts sur Facebook m'amusent, y compris à travers son gentil narcissisme. Il s'est dernièrement posté dans une vidéo en train de nettoyer son pare-brise. On peut sourire à la portée du document, mais comme il a ma sympathie de toute façon, tout va bien.

Ce qui m'a surpris – en termes d'inattendue coïncidence (?) - c'est de le retrouver depuis quelques mois relayant certains billets de Mara Goyet. Celle-ci est professeur dans un collège parisien et s'est fait connaître il y a une quinzaine d'années par un bouquin agréable sur les travers de son métier qui fut aussi le mien (Collèges de France – Fayard éditeur) et un réel talent de plume, très plaisant, dans les courts billets caustique de son blog, Alchimie du Collège. Elle a fait depuis d'autres bouquins et un petit mais notable chemin médiatique. J'ai été quelque temps en contact amical et internétisé avec elle, jusqu'à la rentrée 2013 où elle a très mal pris une blague à la Jules Romains (Les copains) que j'ai faite en allant participer sous une fausse identité – nous ne nous étions jamais vus - à la pré-rentrée de septembre dans son établissement. Je me demandais le lien avec Laurent Bouvet, mais en fait, elle est je pense des sympathisants du ''Printemps Républicain'', une association dont Bouvet est membre fondateur et qui s'annonce comme suit : ''Nous sommes un mouvement de citoyens libres et indépendants, déterminés à défendre et promouvoir, dans le débat public, la République et ses principes : l'égalité, la laïcité, la solidarité et la souveraineté.'' Je suis moi-même avec sympathie mais de très loin les activités de ce mouvement et je l'ai vu programmée lors d'une table ronde à Ulm, peut-être à l'automne dernier, à laquelle j'avais envisagé - avant d'y renoncer - d'aller. Ceci je pense explique cela.

Je note qu'elle tient en ce moment sur lemonde.fr une série de rubriques estivales ''Pérégrinations alpines de Mara Goyet''. Pourquoi? Mais enfin ... pourquoi pas ? Il en est apparemment prévu 11.

La télévision ne m'a pas beaucoup plus gâté que la littérature de détente. Sur le récent : un mauvais polar de Fred Cavayé, Mea Culpa, avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche, un bien piètre film d'action de Terence Young , De la part des copains, avec Charles Bronson, la déception d'une rediffusion du Crabe Tambour, de Schoendoerffer, avec Jacques Perrin en total contre-emploi, absolument pas convaincant, Claude Rich et Jean Rochefort (le livre m 'avait beaucoup plu, mais le film est raté, malgré de belles vues maritimes), et un western récent (2014) et britannico-danois de Kristian Levring, le moins mauvais film du lot, sur un point de départ horrible, et qui se laisse regarder, avec Mads Mikkelsen, mutique et Eva Green, carrément muette puisque les indiens lui ont coupé la langue !

Un peu de sport aussi, en cette première moitié d'été. Les championnats du monde de natation : je voulais voir ce qu'allait faire Camille Lacourt. Bravo ! Les championnats du monde d'athlétisme : Renaud Lavillenie qui se démerde toujours pour se faire battre au mauvais moment ; Pierre-Ambroise Bosse qui détale comme un lapin à 250 m de l'arrivée du 800 m et qui me fait me poser des questions sur cette supériorité inattendue, spectaculaire et écrasante (un grand verre d'eau fraîche avant le départ?) ; les courses de trop d'Usain Bolt …

Plus qu'à attendre le 26 août. Ma page Facebook est envahie dans les marges par l'annonce du combat entre Conor McGregor et Floyd Mayweather en boxe, 70 kg. Un soi-disant défi du siècle de plus. Mc Gregor est plutôt un spécialiste de MMA (Mixed Martial Arts) avec des titres de champion du monde, et Mayweather, multichampion du monde de boxe dans cinq catégories différentes, retiré en 2008, revenu en 2015, etc … Du business, sans doute. Mais sur les images que j'ai vues, Mc Gregor manifeste une fougue combattante qui m'inquiéte et un caractère particulièrement déplaisant. Je lui souhaite, à l'issue du combat du siècle, la raclée du siècle. D'ailleurs annoncée d'avance par un fin connaisseur de la chose pugilistique : Mike Tyson.

On a fait le tour, enfin, un petit tour …..

À suivre. 

 

02 juillet 2017

LES MATHEMATIQUES DE LA SCOLARITE OBLIGATOIRE

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Le DNB (Diplôme National du Brevet), ex-Brevet des Collèges, ex-BEPC, pour les anciens, vient de délivrer cette semaine sa vision des bases mathématiques à acquérir dans le cadre de la scolarité obligatoire, en gros.

C'est toujours intéressant à regarder.

Cette année, il y avait 7 exercices indépendants.

On trouve facilement le sujet sur internet.

Exercice 1 : Un peu de calcul élémentaire des probabilités. Tirages successifs, avec remise, d'une boule dans une urne contenant des boules bleues et vertes. Un peu de bon sens et se souvenir que la probabilité, dans les cas simples, se calcule par division : Nombre de cas favorables / Nombre de cas possibles.

Exercice 2 : Un peu plus difficile. Il fallait lire et interpréter une suite d'instructions visant à faire construire cinq triangles équilatéraux (tous côtés égaux) successifs. Cela nécessitait un peu d'attention et la compréhension d'instructions codées. Un bon exercice.

Exercice 3 : Très élémentaire. Il fallait savoir lire un graphique simple de fonction y=f(x) qui était fourni. Il fallait aussi savoir qu'une fonction linéaire (c-à-d du type f(x) = kx, avec k une constante) est représentée graphiquement dans un repère en (x,y) par une droite passant pas l'origine. Basique.

Exercice 4 : Se débrouiller avec un tableau de tarifs de production d'électricité, selon la puissance de l'installation et la date de mise en service. Des mathématiques « de tous les jours » avec une multiplication au bout. Ensuite, quelques calculs simples autour de l'installation de panneaux photovoltaïques sur un toit : un calcul d'angle par sa tangente, le théorème de Pythagore, un petit problème de pavage par des panneaux carrés de 1 mètre de côté. Tout à fait « certificat d'étude de papa » en termes de connaissances et de calculs. Ce qui n'est pas ici un défaut.

Exercice 5 : Trois questions indépendantes. Un calcul très élémentaire de vitesse (savoir faire une règle de trois) – Un petit calcul littéral, qui exigeait la connaissance de l'identité remarquable (a+b)^2 – Un calcul de vitesse d'un véhicule à partir d'une distance de freinage (une formule à appliquer). Tout ça très simple .

Exercice 6 : Des statistiques sur l'obésité à partir de la mesure de l'IMC (Indice de Masse Corporelle). Savoir lire un tableau ; savoir calculer une moyenne ; connaître la définition de la médiane d'une série de valeurs (= valeur qui partage la série des valeurs en deux ; 50% de valeurs inférieures, 50% de valeurs supérieures). Une petite question technique sur la façon de calculer dans un tableur. Là, ce n'est plus « à la papa », mais marque la volonté d'introduire les outils bureautiques (idem avec l'exercice 2)

Exercice 7 : … où on retrouve papa, avec une grande bassine de confiture à répartir entre des pots de forme cylindrique. De nouveau très « certificat d'études ».

Au total, une épreuve qui ne teste que le niveau le plus élémentaire des contenus du programme. Sans être retourné vérifier, cela m'a semblé plus facile, de beaucoup, que l'année dernière. En même temps, un élève qui rédige cela sans faute dispose d'un socle satisfaisant pour le quotidien. C'est sans doute, au fond, la vocation du DNB. Mais dans la mesure justement où l'épreuve est à ce point basique, elle pourrait être « couperet », avec exigence éliminatoire de 80% de réponses correctes.

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25 juin 2017

JM BLANQUER ET JEAN DE LA FONTAINE

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Le Ministre et l'École

(d'après: Le Coche et la Mouche)

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé

Et de tous les côtés aux élèves exposé

Les enseignants tiraient leur Coche.

Garçons, filles, parents, tous leur tombaient dessus.

L'attelage suait, soufflait, été rendu.

Un Ministre survient, des pédagos s'approche ;

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'il sait faire aller la machine,

Prend quelques décisions assez inopportunes

Croit faire que le char chemine

Sans dotation d'argent aucune

S'en attribue d'avance et aussitôt la gloire

Va, vient, fait l'empressé ; il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant à chaque endroit

Faire avancer les gens et hâter la victoire.

De félicitations le Ministre a besoin,

Se plaint qu'il agit seul, et qu'il a tout le soin

Qu'aucun n'aide les profs à se tirer d'affaire.

Le syndicat récitait son bréviaire,

Faisait perdre du temps ! Les proviseurs dormaient !

Partout, la somnolence sévissait !

Le Ministre prétend leur tirer les oreilles

Et fait quelques sottises à nulles autres pareilles.

Après bien du travail, l'année arrive au bout

Respirons maintenant dit le Ministre à bout

J'ai tant fait que les jeunes ont la cervelle pleine.

Messieurs les enseignants, payez-moi de ma peine.

 

Les Ministres ainsi, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires,

Ignorent tout du nécessaire

Et partent en nous laissant, pilule fort amère

L'École chaque fois un peu plus affaissée.

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14 juin 2017

LE BACCALAURÉAT, CE MARRONNIER ABSURDE …

Baccalauréat

Dans Le Monde daté du 14/06, dès la première page, on prête à Jean-Michel Blanquer l'intention de "remuscler" l'examen. Le grand principe du discours ministériel sur le baccalauréat, tous ministres de l'éducation confondus, c'est de cultiver la foutaise.

En voilà assez! Il ne faut pas remuscler le baccalauréat, il faut le supprimer d'un trait de plume et passer à une validation cohérente des acquis de la formation initiale Ecole+Collège+Lycée.

Le cursus actuel est incompatible avec le pari de la massification: donner à tous une formation de base solide et de qualité, permettre à chacun de porter au meilleur son excellence.

La solution est, dans ses principes, d'une simplicité biblique.

Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent progresser par cumul d'unités de valeur disciplinaires correspondant à des modules courts (vingt à trente heures d'enseignement) sanctionnés, chacun, par le contrôle exigeant des acquis obtenus.

A l'issue du cursus, chaque élève est ainsi doté d'un profil personnel adossé à l'ensemble des unités de valeur obtenues qui le définit parfaitement en termes académiques.

L'entrée dans la vie active ou l'accès aux filières de l'enseignement dit post-bac s'effectue dans la cadre d'une sélection qui s'appuie sur la comparaison des prérequis exigés et des compétences certifiées.

Pour une discipline donnée, le cumul d'unités de valeurs s'effectue au long du cursus en poupée russe et à la vitesse d'acquisition propre de l'élève, indépendamment de son âge. Son tableau de chasse peut être impressionnant en mathématiques et regrettable en français, au-delà d'un plancher transversal d'unités de valeurs accessible à tous sauf cas pathologique et qui vaudra soit (dans l'esprit de la scolarité obligatoire) attestation de fin d'études de niveau I, soit (dans l'esprit du baccalauréat) attestation de fin d'études de niveau II.

Il est clair que la démarche suppose une parcellisation du public scolaire selon les disciplines et par unité de valeur, en groupes d'acquis homogènes. Sachant aussi que les modules conduisant à la délivrance des unités de valeur pourront être recommencés en cas d'échec ad libitum (autant que souhaité).

La suppression complète du baccalauréat est la conséquence évidente de ce qui précède ... et qui est, par ailleurs, trop sélectif dans ses dispositifs de tri pour permettre le développement harmonieux d'un vivre ensemble des classes d'âge et l'installation chez l'élève de tout ce qui n'est pas la compétence académique sélective.

Il n'y a donc là qu'une partie, disons la moitié, du temps scolaire.

L'autre moitié sera consacrée, en regroupant les élèves sur des principes actuellement en cours, à faire vivre ensemble des groupes homogènes en âge, aux acquis diversifiés, autour d'activités de réflexion et de mise en commun de l'éventail des talents et des compétences du groupe, insérant progressivement l'élève dans une vie sociale ouverte à la discussion, à l'échange, au dialogue, à la recherche en commun, à l'examen critique des problèmes du monde grâce aux outils du raisonnement, de la raison, de la tolérance, de l'enrichissement culturel de chacun par tous.

Mettre en œuvre les principes énoncés suppose une remise en question complète du fonctionnement des établissements, de leur architecture, de leur gouvernance, des missions,  des services et de la formation des maîtres , etc.

Sans parler de la notion de programme, de l'atomisation des champs disciplinaires en unités de valeur, de la définition des activités de la moitié scolaire du vivre et penser ensemble etc.

Un immense chantier, en somme. Mais à quoi sert une ambition politique ouverte sur l'avenir sinon à cela: changer le monde par l'Ecole? 

 

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09 juin 2017

Photographies et Législatives – Paris V° arrdt.

 

LEGISLA

Quand on remonte la rue Cujas à partir du Boulevard Saint-Michel (Paris, V° arrondissement), à l'angle de la rue Victor Cousin, il y a le choc des panneaux électoraux. Il y a le choc En Marche!

Nom de Dieu! Pourquoi l'officiel désigné, Gilles Le Gendre, a-t-il choisi, pour s'afficher à côté d'Emmanuel Macron, un portrait de lui aussi moche?

Au verso de sa profession de foi, la photographie en noir et blanc qui accompagne la courte présentation qu'il fait de lui-même est quand même autrement convaincante. Mais là, sur le panneau, en couleur, à côté d'un Macron au sourire de sphinx constipé - déjà pas une réussite – son allure de dégarni rigolard et mal rasé fait nécessairement douter du sérieux de sa candidature. Il a l'air de passer par hasard et de la trouver bien drôle!

On l'entend d'ici : "Eh, les mecs, z'avez vu? Si vous voulez soutenir Macron, votez pour moi. Marrant, non? Bon, d'accord, vous me connaissez pas, mais regardez, j'ai fait un photomontage avec Emmanuel, trouvez pas que ça déchire? Non? Ah, bon. Oui, c'est vrai, il respire pas la joie de vivre là-dessus, Emmanuel, mais j'avais rien d'autre. Et croyez-moi, on va quand même bien rigoler! Je trouve ça poilant de devenir député !"

Cette affiche m'est un mystère.

On a plutôt l'impression que lui,  c'est un beau-père complètement allumé et que c'est Macron ... Le Gendre !

 

Sonia de Maigret

Il a pris une suppléante : Sonia de Maigret. Sur la photo, le physique est agréable. Ce qui me défrise un peu, c'est son positionnement professionnel : Coach de vie.

Coach de vie ! C'est quoi, encore, ce machin? Coach de vie! Il y a du coach partout maintenant, et à tout propos. Les gens sont à ce point incapables de s'assumer qu'ils délèguent ça à d'autres?  A d'autres qui font leur fromage avec? Dans son court  CV: "... une longue période dans la forêt équatoriale au sein de tribus." Quand même! Bon, avec cette compétence, elle doit en tout cas pouvoir aborder le dossier du Collège, côté comportement tribal.

Mais enfin, entre un député qui se marre et qui a sélectionné dans son album photo celle où il a l'air d'un imbécile heureux, et une suppléante qui fait dans le développement personnel par procuration et qui veut m'aider à mieux m'entendre avec moi-même, franchement …. je suis moyennement en appétit.

Enfin, faut être logique, hein? On a choisi Macron? Maintenant, faut lui donner les moyens de faire la preuve qu'on n'a pas eu tort. Donc, quand j'irai voter, dimanche, j'éviterai de regarder l'affiche, sur le panneau, juste le bulletin de vote.

 

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Dommage pour NKM, candidate dans la même circonscription.

Elle me plaît, pourtant, cette petite. Oui, ça fait macho,  mais c'est affectueux. D'abord elle la ramène, et j'aime bien. Ensuite elle a fait l'X, et puis le Génie Rural/Eaux et Forêts comme école d'application. Très sympathique! Enfin, elle a des yeux intelligents qui vous dévorent. Très agréable!

Bon, mais hein, là, de suite, va falloir oublier tout ça.

Vraiment dommage, en plus, avec de si beaux cheveux …

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