AutreMonde

25 avril 2017

DONC, MACRON …

Macron

Dans le fond, je n'ai rien contre les couples "prof-élève".

J'ai gardé le souvenir enchanté de Mme Vernière. Je l'ai eue comme professeur de Lettres Classiques (en seconde et en première) au lycée de Talence (33405) qui, sauf erreur, ne se disait pas encore lycée Victor Louis, ni ne se proclamait éco-solidaire. On était à la toute fin des années 1950. C'était un professeur original à la compétence sans faille, fantasque, et avec qui je me sentais en totale amitié. Je ne l'ai jamais oubliée. Elle est morte en 1994.

Et même sans que les histoires aient le moindre rapport, je reconnais que la relation développée par Emmanuel Macron me touche.

Cela prononcé, il a été bien mauvais, l'Emmanuel, dimanche soir 23/4, dans son discours de succès au premier tour. Vaseux, pâteux, avec des blancs … pas terrible tout ça. Il va falloir faire un effort.

Mélenchon non plus, mauvais perdant, n'était pas très gaillard. Et son refus de se prononcer immédiatement pour le vainqueur provisoire, en attendant le second tour, n'a fait malheureusement que confirmer combien le bonhomme, qui s'était déjà signalé par son algarade ridicule pour des questions de voussoiement avec Daniel Cohn-Bendit, manque de qualités personnelles pour incarner absolument la noblesse de la fonction convoitée.

Bref, Macron.

Il est certain qu'il n'y a pas d'hésitation à avoir, qu'on ait ou pas voté pour lui dimanche dernier. Et je pense qu'il est à peu près sûr que ce sera lui, le successeur de Hollande. La question, c'est de savoir de qui il s'entourera pour gouverner, tenant pour sincère sa volonté d'écarter les chevaux de retour … ce qui ne laisse guère de place à l'obstiné François Bayrou, par exemple, bien encombrant allié.

On verra. Les législatives, déjà, seront intéressantes.

Oui, au fond, avec Macron, on est un peu dans le flou, mais un flou qui ne m'est pas antipathique puisqu'il peut laisser place à de bonnes surprises. Et puis surtout, lors du débat à 11 du 20 avril, il a été le seul à mettre en avant, dans ses projets, l'éducation. En fera-t-il quelque chose? Nous verrons bien, mais en tout cas, il y a pensé.

Et là aussi, Mélenchon m'a déçu. Au lieu de vouloir se lancer dans cette affaire embrouillée d'assemblée constituante en vue d'une sixième république, il aurait mieux fait de bâtir un projet simple, solide et complet de mise à plat et de reconstruction, d'abord, de la scolarité obligatoire.

Sur la durée d'un quinquennat, il aurait pu prévoir une première année de remise en ordre ne demandant pas de gros investissements, avec pour commencer l'abrogation de la réforme des rythmes scolaires (bon, ça, il y avait pensé), le retour de l'école élémentaire au statu quo ante, et la remotivation des "instits" (mais si … c'est bien mieux que "professeur des écoles") dans la perspective d'une plus grande autonomie guidée de leur action en direction des savoirs fondamentaux.

Autonomie guidée? Mais si!  Même pas peur de l'oxymore …

Ce point calé, il mettait en place durant cette première année, puisqu'il aime les grands "machins", sur la base d'un pré-canevas, au lieu d'une Constituante-VI°-République, un système de consultation directe de tous les établissements scolaires de la Scolarité Obligatoire visant à redéfinir entièrement celle-ci.

Avec des résultats, pour partie à faire légaliser par l'Assemblée nationale lors d'une session spéciale au printemps 2018, et pour partie relevant de l'autonomie à développer des établissements  "Nouvelle manière", résultats entrant dans les deux cas en phase opérationnelle à la rentrée 2018 et ayant devant eux les quatre dernières années du quinquennat pour démontrer leur efficacité, ce qui correspondrait déjà au parcours complet en Collège (6°-5°-4°-3°) d'une cohorte d'élèves et constituerait un premier test efficace de validation.

Avec la Scolarité Obligatoire, on est au cœur de tous les problème de la société, actuelle et à venir. Et c'est là qu'il faut porter le fer et repenser tout le système.

Mais je crains que sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon ne soit un révolutionnaire d'opérette, accroché à quelques automatismes syndicaux de nature à interdire tout réel bouleversement.

Sinon, je regardais l'appel à candidature du mouvement d'Emmanuel Macron, En Marche, pour les législatives (https://legislatives-enmarche.typeform.com/to/hz0tTV).

Je n'ai plus ni l'âge, ni vraiment l'envie, mais l'aventure de la candidature paraît un challenge amusant.

Je suis d'ailleurs tout à fait séduit, plus largement, par l'idée, mais il faudrait l'étendre à la désignation de pas mal de responsables. Il y a au fond là un principe bien français de recrutement sur concours qui me semble tout à fait pertinent. Et qui pourrait peut-être permettre de sortir du népotisme et des réseaux.

Dans l'immédiat, wait and see.

Mais si l'on écoute les rumeurs dont se faisait l'écho ce midi France-Inter qui évoquait déjà les possibles premiers ministres, le seul fait d'entendre les noms de François Bayrou, de Gérard Collomb, de Jean-Yves Le Drian était déjà le commencement des déceptions à suivre.

Qu'est-ce que c'est que ça ????

On veut des inconnus de qualité, bordel!

Ça doit pouvoir se trouver !

 

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18 mars 2017

LE DÉNI D'ANNA , WINTER IS COMING, jours de deuil …

gabriel Jourde

Le déni d'Anna 3

Comment dire la perte ? Pierre Jourde, après le décès le 17 mai 2014 de son fils Gabriel, tente un livre : Winter is coming. Publié chez Gallimard, le 9 mars 2017. Isabelle Jeanbrau a perdu sa mère au petit matin du 11 novembre 1985. Sur ce départ et la gestion familiale de la suite, elle a écrit une pièce, à l'affiche du théâtre du Lucernaire, à Paris, depuis le 15 mars 2017. Le déni d'Anna. Cancer dans les deux cas. Un jeune homme (20 ans), une femme jeune (42 ans). Un jeune artiste lumineux et prometteur, une mère jeune, lumineuse, professeur de Lettres classiques.

Deux façons de dire adieu, ou peut-être au-revoir?

Winter is coming est sur le registre tragique. Fatum. Le destin est en coulisse. Pierre Jourde, obstinément, dit les jours, les longs jours immobiles et agités de la marche vers la perte, de juin 2013 à mai 2014, de la pleine santé ouverte sur l'avenir au dernier souffle épuisé, désespérant. Les faux espoirs, les hôpitaux, les médecins, les souvenirs qui remontent, le refus de comprendre, l'injustice du sort, la révolte inutile, la peine. Son livre, sur la pile, rejoint ceux de Philippe Forest (L'enfant éternel, etc.), qu'il n'avait jamais eu le courage, s'il s'agit de courage (?), de lire. Peut-on écrire sur la perte d'un enfant? La preuve est faite que oui.  

A quoi, à qui cela sert-il?

Thérapie? Catharsis? La mise en scène de la douleur la plus intime, la plus absolue, vaut-elle contre-feu? Le cri parfois soulage. S'agit-il d'un cri? Un livre est long à construire, là où un cri est un jaillissement bref et spontané. Un cri ne s'adresse à personne. Un livre veut un lectorat.

Etrange affaire.

Et le lecteur? Voyeur d'un désespoir? Pourquoi lire cela? Parce qu'on a déjà lu Jourde et pour mieux le connaître ? Car c'est lui qui se dit, étonnamment, ici. Jérome Garcin, dans la brève recension qu'il livre (http://bibliobs.nouvelobs.com/critique/20170309.OBS6332/kid-atlaas-le-fils-perdu-de-pierre-jourde.html) parle à propos de l'hommage au fils disparu d'un portrait à la sanguine. Simple formule. C'est surtout - et c'est de Pierre qu'il s'agit, non de Gabriel - le portrait d'un sanguin. Préoccupé de muscle et de virilité, le coup de poing facile, la violence théoriquement refusée et qui, recours immédiat, affleure au premier obstacle, Pierre Jourde a des effondrements de colosse . On a parfois l'impression que l'activité intellectuelle qui fait le fond, professeur d'université, écrivain, critique, de sa vie professionnelle, n'est qu'un placage et que tâtonne, dessous, toute une nature fruste, paysanne et brutale, de cette brutalité des êtres simples qui n'ont pas la parole pour s'expliquer. Etonnant paradoxe avec lequel il semble se battre, et aussi se débattre.

Phénomène peut-être incontournable d'écriture où le récit d'une perte illimitée détourne l'objet de la perte en dévoilement du narrateur. Ecrire ce qu'on a perdu en s'efforçant, consciemment ou pas, de revivre la douleur, c'est ainsi d'abord s'écrire. Pierre Jourde, qui y fait allusion ici, a produit un travail sur Littérature et Authenticité. La question apparaît effectivement, le lisant, centrale.

le-deni-d-anna

 

Dans Le déni d'Anna, c'est le groupe familial qui est au cœur de l'affaire, réduit à son noyau et déployé dans ses facettes comiques, autour de la figure paradoxale du père. L'agonie, ce sont des accords de guitare; l'au-delà, d'autres accords; la morte est une ligne mélodique que soutient une batterie. Le réel ce sont les vivants, dans leurs automatismes, dans la volonté du père de passer outre les conventions, d'avancer sans céder sur rien, quoi qu'il advienne, pour maintenir en vie les survivants, pour qu'aucun obstacle n'ait de prise, qui interromprait le courant vital, qui permettrait au chagrin de prendre le dessus sur l'exigence essentielle: continuer. La morte est là, toujours, partout, et qui peut-être regarde, triste, attendrie, amusée, toutes ces agitations ridicules autour de son absence jamais oubliée, au milieu du kaléidoscope des comportements individuels, des tensions non dites, à la recherche, là encore, d'une authenticité de la restitution.

Foin du registre tragique, ici. Pas de fatum, pas de destin. L'auteur était en classe terminale, son jeune frère – à la scène Daniel Jea, qui signe, et qui exécute à la guitare, la musique – en classe de troisième, quand le rideau, une première fois, est tombé.

Reconstruction de souvenirs, vingt ans, trente ans après, impressions laissées, nébuleuse des images mémorielles, dans la distance voulue du rire. Anti-pathos roboratif. Le premier devoir que l'on doit aux morts, c'est de s'appliquer à bien vivre.

Le théâtre décentre l'attention. L'auteur s'efface derrière ses personnages. Le lecteur est un témoin de seconde main. Le spectateur, lui, assiste, aux premières loges. Et rit. Anna vit intensément dans les pirouettes de ceux qui l'ont aimée. Et je suis certain qu'on peut penser qu'elle rit elle aussi,  pleine de tendresse indulgente, accoudée aux nuages, en se disant : "Mais j'y crois pas!", devant tant de gesticulations en son honneur. Peut-être faut-il paraphraser Camus, à la fin du Mythe de Sisyphe, et risquer : Il faut imaginer des deuils heureux.

Winter is coming

                         Le Déni d'ANNA - L'affiche

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02 mars 2017

ÉDUCATION VERSION MACRON – (Source Huffington Post)

Conférence de  Presse du 2 Mars 2017.

Macron

Récapitulatif des "points forts" et Avis.

-       Autonomie pour les écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique.

Non. Le système des affectations mutations est à revoir pour plus de pertinence , mais ce ne sont pas les établissements qui doivent recruter.  On peut introduire une pincée de cooptation : à dossier égal, préférence au choix de l'équipe locale, mais c'est une instance extérieure qui tranche (de niveau départemental ou régional).

-       Prime de 3000 euros net par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+.

-       Dans ces zones, division par deux du nombre d'élèves en CP-CE1 pour qu'il n'y ait pas plus de 12 élèves par enseignant

-       Revalorisation des salaires des enseignants de CP et CE1 dans les les ZEP. Ils bénéficieront également d'une liberté accrue pour conduire leurs projets pédagogiques

Non.C'est une erreur que de maintenir le système des zones ou établissements prioritaires, et un illogisme. Le travail du politique doit viser à n'avoir qu'un type national d'établissement à l'intérieur d'aires de recrutement à mixité garantie par une politique de la ville et des aires de vie révisée et efficace. Le renouvellement des méthodologies de l'acte d'enseignement assure ensuite la gestion éducative et pédagogique des populations mixtes et hétérogènes obtenues.

-       Création de 4000 à 5000 postes d'enseignants

Soit. Sous réserve de contrôler le caractère suffisant du nombre avancé, qui me semble bien léger.

-       Rétablissement des sections européennes et classes bi-langues

Oui.

-       Rétablissement des études dirigées "partout", en mobilisant "les enseignants, des retraités volontaires et des étudiants". "Dans le parcours de tous les étudiants de France, il y aura ainsi un trimestre dédié à cette activité"

Absolument. Il est essentiel de mettre en place un système d'offre d'encadrement uniforme sur le territoire de 9 heures à 18 heures au moins 5j/7. C'est le seul moyen de réaliser l'égalité des conditions de la formation initiale face à l'inégalité des conditions familiales.    

-       Interdiction de l'usage des téléphones portables dans l'enceinte des collèges et des écoles primaires

Oui.

-       Réforme de la carte scolaire, dans le but d'assurer la mixité sociale

Soit. Mais dans la perspective plus globale et ci-dessus affirmée d'un travail d'introduction efficace et équilibré de la mixité sur la ville et les aires de vie.

-       Introduire la sélection au niveau Master à l'université

Oui.

-       La gestion de l'enseignement professionnel sera désormais laissée à la charge des régions

Oui.

-       Ecriture d'une charte des droits et des devoirs pour donner du contenu à la notion d'égalité

Soit. L'énoncé est un peu flou, mais précisé, l'objectif peut être pertinent.

                                            ***********************

C'est très décevant si on attend une véritable réforme en profondeur de l'Ecole. Mais le point "Rétablissement des études surveillées" peut être porteur d'une réelle amélioration. Il n'y a toutefois pas là de vision, de dessein global porteur d'avenir. Tout reste à reconstruire.

Simplement et jusqu'à plus ample informé, c'est malheureusement la même chose ailleurs.

L'éducation est bien le parent pauvre de la pensée politique. 

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01 mars 2017

SOUMISSION – MICHEL HOUELLEBECQ

Houellebecq

Le bouquin, que je n'avais pas lu à sa sortie, est tout à fait passionnant. Aussi passionnant que son auteur est (cf. photographie) peu appétissant. On le trouve en poche (le livre!) pour 8.40 €

Ce serait dommage de passer à côté.

Les tirages ont été énormes. Je n'ai pas de chiffres à jour mais en deux ou trois mois, au moment de sa parution, il en était parti 500 000 exemplaires.

Chacun sait, en gros, qu'il s'agit disons d'une utopie ou d'une dystopie, selon la sensibilité du lecteur, fondée sur l'hypothèse de l'élection en France et en 2022 d'un président de la République musulman, bien décidé à promouvoir un islam soft. Le buzz médiatique autour de cette perspective a sans doute, avec la personnalité atypique de Houellebecq  et la proximité des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes en janvier 2015, beaucoup pesé sur le chiffre des ventes.

Car, sur le contenu, je suis extrêmement étonné qu'un texte aussi "intello" ait rassemblé autant de lecteurs "réels". Les références littéraires discutées, la réflexion développée autour de Joris-Karl Huysmans, écrivain aujourd'hui assez peu connu du grand public, les pages politico-économiques de type journalistique, constituent un fond narratif qui ne me semble pas justifier les tirages obtenus.

Il y a bien entendu - mais quoi, deux fois deux pages ? – quelques joyeusetés pornographiques bien senties et puis, cerise sur le gâteau (?), un assez ahurissant éreintement, double d'ailleurs car à deux endroits du roman, de François Bayrou, mais enfin, je ne pense pas que ce soit un support marketing décisif.

Non, c'est l'idée (la France en voie d'islamisation) qui a provoqué l'achat, j'en suis sûr, et je serais prêt à parier qu'en termes de lectorat effectif, Houellebecq  n'a pas dû dépasser 5 à 6% de ses ventes.

Les lectures de Houellebecq sont assurément vastes et j'ai été assez impressionné par la précision de ses formulations philosophiques et littéraires, comme par ses curiosités économiques. La polyvalence de sa formation de départ (Ingénieur agronome, curiosité, comme Alain Robbe-Grillet) lui ouvre quelques horizons supplémentaires.

La litanie des références est assez spectaculaire, même si peu sont développées. Sauf le cas Bayrou, exceptionnel, que je traiterai ensuite, on croise, plus ou moins par ordre d'entrée en scène : Toynbee (Arnold-Joseph; historien britannique; 1889 – 1975) et son affirmation selon laquelle les civilisations meurent par suicide et non par meurtre; le distributivisme, philosophie économique de « troisième voie » entre le socialisme d'État et le capitalisme, formulée par les penseurs catholiques Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) et Hilaire Belloc (1870-1953) comme une tentative d'application des principes de justice de la doctrine sociale de l'Eglise catholique romaine, en vertu de quoi Chesterton et Belloc pensent que la propriété des moyens de production devrait être aussi répandue que possible dans la population); Charles Peguy (Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle / Mais pourvu que ce fut dan une juste guerre etc. – ou encore – Mère voici vos fils qui se sont tant battus etc.); Joris-Karl Huysmans, qui court tout au long du roman et dont le héros, universitaire, est spécialiste (thèse, etc.), égrenant sa narration de références et de commentaires (intéressants) le concernant; Rémy de Gourmont (1858-1915), homme de lettres aujourd'hui assez oublié, journaliste qui fut lié à Huysmans; Clausewitz (prussien; 1780-1831)  et Sun Tzu (chinois; 544-496 av. J.C.), tous deux généraux qui, le premier avec De la Guerre et le second avec L'Art de la Guerre, sont des références constantes dès qu'il s'agit de stratégie militaire ou de résolution des conflits; Maupassant, Mallarmé, Maurras (1868-1952; L'Action française), Jacques Bainville (1879-1936; journaliste, historien, proche de Maurras), André Breton, Arthur Rimbaud, Boris Cyrulnik (1937 - ; l'homme qui inventa la résilience!), Renaud Camus (que Houellebeck présente malicieusement jouant à la plume de Marine le Pen sous la surveillance de Florian Philippot), Balzac, Flaubert, Léon Bloy (1846-1917; romancier et polémiste virulent, proche de Huysmans puis, caricaturé par celui-ci dans Là-bas, fâché avec …), Jean Moreas (1856-1910; poète symboliste grec d'expression française – bien oublié), Tristan Corbière (1845-1875; "poète maudit" à l'unique recueil - Amours jaunes - dont la poésie est réputée brutale, heurtée, difficile d'accès), Baudelaire, Jules Laforgue (1860-1887; poète symboliste et l'un des inventeurs du vers libre), Nerval, Barbey d'Aurevilly (1808-1889; haute figure littéraire de la seconde moitié du XIX° siècle, dandy et polémiste, qui inspirera Léon Bloy et Huysmans), Matthias Grünewald (1480-1528; peintre: le Retable d'Issenheim), Jérôme Bosch (1450-1516), Bernanos, Zola, Edouard Drumont (1844-1917; polémiste, écrivain, homme politique, nationaliste et antisémite, grande figure de l'antidreyfusisme; fondateur en 1892 de La Libre Parole), Jean Lorrain (1855-1906; chroniqueur, écrivain, dandy homosexuel et scandaleux (autoproclamé: "l'enfilanthrope") – il eut un duel avec Marcel Proust), Sartre, Camus, William Bouguereau (1825-1905; peintre français, académique), Platon, Nietzsche, Lactance (250 – 325; le "Cicéron chrétien"; rhéteur lu et apprécié jusqu'au XVIII° siècle, méprisé par Voltaire, tombé dans l'oubli et qui a bénéficié d'un regain d'intérêt au XX° siècle), Angèle de Foligno (1248-1309; franciscaine italienne, mystique chrétienne), Jean Paulhan (1884-1968; grande figure de la République des lettres de toute la première moitié du XX° siècle), Dominique Aury ( 1907-1998; auteur sous le nom de Pauline Réage d'Histoire d'O; compagne secrète des quinze dernières années de la vie de Jean Paulhan), René Guénon (1886-1951; "figure inclassable de l'histoire intellectuelle du XX° siècle" lit-on dans Wikipédia, dont les ouvrages ont trait à la métaphysique et à l'ésotérisme), Newton, Einstein, Shakespeare, Dom Jean-Pierre Longeat (1953 - ; ex-abbé de l'abbaye de Ligugé où Huysmans fit retraite).  

Ensuite, on a une volée de personnalités diverses, qui traversent le texte quasiment sans commentaire: David Pujadas, Jean-Marie et Marine Le Pen, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, un Duhamel (sans savoir s'il s'agit d'Alain ou d'Olivier), Angela Merkel, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Thierry Lhermite, Stéphane Bern, Tariq Ramadan, Lionel Jospin, Manuel Valls, Christophe Barbier, Renaud Dely, Yves Thréard, Nick Drake (1948-1974;  j'ignorais ce nom – chanteur britannique, guitariste, tellement gai de nature qu'il meurt d'une overdose d'antidépresseurs. D'après Wikipédia : "Son œuvre n'est guère reconnue de son vivant, mais elle a lentement acquis une notoriété et une reconnaissance de plus en plus larges, au point que Nick Drake est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs-compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XX° siècle."  Par curiosité, je suis allé écouter un peu, sur Youtube, sans du tout accrocher).

Last but not least et, je l'ai dit, cerise sur le gâteau, l'éreintement de François Bayrou. 

Bayrou

J'ignore pourquoi il est le seul des politiques cités à bénéficier d'un tel traitement, assez accablant à la lecture, je pense, pour l'intéressé, s'il s'y est risqué. Cela se fait en deux temps.

I- Tout d'abord, le candidat musulman à la Présidence de la République, Mohamed Ben Abbes, rallie à sa candidature François Bayrou en lui proposant de former un "ticket", avec à la clé le poste de premier ministre:

Le vieux politicien béarnais, battu dans pratiquement toutes les élections auxquelles il s'était présenté depuis une trentaine d'années, s'employait à cultiver une image de "hauteur", avec la complicité de différents magazines; c'est-à-dire qu'il se faisait régulièrement photographier, appuyé sur un bâton de berger, vêtu d'une pèlerine à la Justin Bridou, dans un paysage mixte de prairies et de champs cultivés, en général dans le Labourd. L'image qu'il cherchait à promouvoir dans ses multiples interviews était celle, gaullienne, de "l'Homme qui dit non". (…) Ce qui est extraordinaire chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable, c'est qu'il est parfaitement stupide, son projet politique s'est toujours limité à son propre désir d'accéder par n'importe quel moyen à la "magistrature suprême", comme on dit; il n'a jamais eu, ni même feint d'avoir la moindre idée personnelle; à ce point, c'est tout de même assez rare. Ça en fait l'homme politique idéal pour incarner la notion d'humanisme, d'autant qu'il se prend pour Henri IV, et pour un grand pacificateur du dialogue interreligieux; il jouit d'ailleurs d'une excellent cote auprès de l'électorat catholique , que sa bêtise rassure. C'est exactement ce dont a besoin Ben Abbes …

II - Ensuite, une fois élu, le président musulman organise une allocution télévisée pour expliquer sa nouvelle politique:

Toutes ces réformes visaient à "redonner toute sa place, toute sa dignité à la famille, cellule de base de notre société", avaient déclaré le nouveau Président de la République et son premier ministre dans une étrange allocution commune, où Ben Abbes avait trouvé des accents presque mystiques, et où François Bayrou, le visage auréolé d'un large sourire béat, avait à peu près joué le rôle de Jean Saucisse, le "Hanswurst" des vieilles pantomimes allemandes, qui répète sous une forme exagérée – et un peu grotesque – ce qui vient d'être dit par le personnage principal.

Hans Wurst

 

Assez terrible! Et le potentiellement drôle, depuis le récent ralliement de François Bayrou à la candidature d'Emmanuel Macron, c'est qu'on a le sentiment qu'à la substitution près du nom de Ben Abbes au sien, cette charge vient d'être écrite ! 

Bref, et pour s'en tenir là, Soumission me semble une lecture tout à fait recommandée aux curiosités politico - érotico (une pincée) - prospectives teintées de goût pour la littérature et disons, un peu déprimées, à qui elle redonnera quelques moments d'entrain!

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22 février 2017

LA LETTRE DE JL MELENCHON AUX ENSEIGNANTS

Mélenchon-2

Avec l'aide d'un journaliste du Gorafi, nous avons pu nous procurer le projet de communication de Jean-Luc Mélenchon à l'ensemble des enseignants, sous forme d'une lettre qui sera distribuée courant mars 2017 dans tous les casiers des salles des professeurs de France et de Navarre. Le candidat de la France Insoumise  y présente le canevas de mise en place d'une période "constituante" de quatre mois, au retour des congés d'été 2017, permettant au système public d'éducation de faire sa révolution et d'affronter, enfin, à terme, les défis du XXI° siècle en s'adaptant à la double exigence démocratique d'une formation solide pour tous et de l'accès de chacun à son niveau optimal d'excellence.

On ne rentrera pas ici dans la critique de ce texte. A chacun de juger.

Il est malgré tout à noter qu'un candidat à l'élection présidentielle décide, enfin, de porter l'attention qu'il mérite au seul projet raisonnable d'avenir: Repenser l'école.

VOICI LE TEXTE  *****************

L'ÉCOLE DE LA VIème RÉPUBLIQUE 

Lorsqu’il impose son calendrier civil (calendrier Julien) en 45 avant J.C., Jules César n’hésite pas à générer en amont une année de la confusion de 445 jours, afin d’obtenir le réajustement  souhaitable qu’a calculé l’astronome Sosigène d’Alexandrie. Rome n’en a pas tremblé.

Il n’est donc pas interdit, à l’abri de cette référence historique, de penser à bousculer l'édifice scolaire pour mieux le reconstruire, au prix d’une année de la confusion, dans les établissements. Dès l'élection présidentielle acquise, j'annoncerai une  pré-rentrée scolaire 2017-2018 de quatre mois -  de septembre à décembre 2017 – Pré-rentrée de Consolidation pour les élèves – Pré-rentrée de Redéfinition du système pour les personnels

Pendant que les élèves seront soumis à un régime de reprise en main de leurs acquis, la structure Education nationale mettra en œuvre une procédure de réflexion collective constituante permettant de définir les formes et les contenus de ses nouvelles pratiques dans une architecture générale à réécrire.

Il y faudra une mobilisation totale des moyens en hommes qui devra aboutir, à partir d'un canevas de principe et de départ mis à la discussion partout, à la première mouture opérationnelle d’une formation initiale repensée, appelée ensuite, pragmatiquement, à évoluer.

Chaque établissement sera donc confronté à une double et difficile exigence. D’une part, assurer, avec des moyens supplémentaires fournis, l’accueil et la consolidation des acquis de sa population scolaire, d'autre part et parallèlement, discuter et préparer cette école du lendemain qui devra connaître une première phase d'application en  janvier 2018.

Les moyens supplémentaires.  Les A.E.C.

Adjoints d’Enseignement de la Consolidation.

 Durant la période des quatre derniers mois de l’année civile 2017, les établissements scolaires pourront s’appuyer, outre leurs personnels en place, sur des adjoints d’enseignement à même de participer à l’encadrement des groupes d’élèves en consolidation, et capables de prendre en charge ceux-ci.

L’objectif de ladite consolidation / remise à niveau portera sur le français, les mathématiques élémentaires, la connaissance du monde comme il va (instruction civique, lois et règlements, vernis historique et contemporain). On partira du principe (probablement illusoire, mais nécessité fait loi) selon lequel la possession de tout diplôme d’enseignement supérieur de niveau au moins égal à "bac+3" ou titre équivalent (école de commerce, école d’ingénieur) est un critère suffisant de compétence. Ce critère simple permettra l’ouverture du recrutement aux fonctions d’AEC à des étudiants comme à des parents d’élèves, qui viendront compléter l’apport prioritairement souhaitable d’enseignants retraités. Le statut sera celui d’un CDD de quatre mois avec, pour souplesse, rétribution au prorata des heures d’encadrement effectuées et maximum hebdomadaire de 24 heures d'encadrement (correspondant à 32 heures de présence, pour des raisons claires de concertation pédagogique). Le taux horaire sera de 1,5 fois celui du SMIC.

Ces AEC travailleront sous la direction et le guidage pédagogique des enseignants en poste.

Le recrutement des AEC se fera à l'échelon local, au niveau de l'établissement, sur la base des candidatures consécutives à la campagne nationale d'information qui sera mise en place par le Ministère.

Sous la responsabilité des chefs d’établissement, les équipes pédagogiques devront faire le bilan de leurs moyens à partir du principe de fonctionnement que je viens de poser, sollicitant les postes d'AEC attribués (partageables entre plusieurs intervenants) à hauteur de 32 heures hebdomadaires de présence active, dont au plus 24 heures consacrées à la consolidation des acquis des élèves.

Quid des obligations de service des titulaires sur la période? 

Il est évident que face à la double exigence indiquée, la sollicitation des équipes pédagogiques ne saurait se satisfaire des obligations de services usuelles. Les titulaires, sommés de s’investir d’une part dans l’encadrement de la consolidation des acquis des élèves comme de l’effort guidé des AEC, et d’autre part dans les réflexions au niveau de l’établissement nécessitées par la perspective du renouvellement complet du métier dont le 1er janvier 2018 marquera le début de la première étape, verront à titre provisoire leurs obligations de présence active portées, pour quatre mois, à 32 heures hebdomadaires, dont au maximum 12 heures d'encadrement direct de la consolidation des acquis

Les corps d’inspection seront évidemment mobilisés sans réserve, à l'exclusion de toute autre tâche, sur toute la période afin d’assurer sur l’ensemble des établissements l’observation et la circulation de l’information .

Il faudra jouer à fond la carte de l’autonomie pédagogique des établissements qui sera quoi qu’il en soit une dimension importante de la refonte envisagée. Du coup, le rôle des chefs d’établissement dans le déroulement des opérations sera essentiel et une procédure de motivation, soutien guidé, cadrage sera nécessaire. On n’échappera pas à un calendrier contraignant d’étapes administratives mais il faudra justement qu’à l’intérieur, s’agissant de l’analyse critique et du remaniement du pré-projet « 2018 et sq » qui sera immédiatement diffusé, les équipes pédagogiques soient entièrement libres de leurs réflexions et de leurs conclusions.

Schéma de principe de recomposition des cursus – Base de discussion de départ.

Philosophie proposée de la reconstruction des formations.

Préalable : Définition (nationale) du champ des contenus.

Relecture groupée de l'ensemble des programmes actuels.

Redéfinition/redistribution/réécriture  des contenus de cet ensemble sous forme d'unités de valeur (UV) enchaînées/emboîtées, chacune associée à un champ limité de connaissances et d'acquis couvrant de 20 à 40 heures d'enseignement.

C'est le Codex de la formation initiale.

MCSO: sous-ensemble du Codex désigné comme Minimum Culturel de la Scolarité Obligatoire.

MCSS: sous-ensemble du Codex désigné comme Minimum Culturel de la Scolarité Secondaire.

Progressions .

Organisation des progressions-élèves sur deux axes et deux mi-temps: axe/mi-temps collectif et axe/mi-temps individuel.

Axe/mi-temps collectif : au sein d'un groupe-classe homogène en âge; activités de mise en commun des compétences et acquis hétérogènes; apprentissages de la cohésion collective et du vivre ensemble. La progression selon cet axe est continue. Pas de redoublement.

Axe/mi-temps individuel : au sein de groupes évolutifs, homogènes en connaissances et compétences, sans critère d'âge, UV du Codex par UV du Codex. La progression selon cet axe s'effectue individuellement, en fonction de la validation des UV qui sont indépendantes et peuvent être redoublées en tant que de besoin.

Acquisition/Validation des MCSO/MCSS : prioritaire et obligatoire au terme de chaque cursus (Obligatoire / Secondaire). Les MCS sont calibrés pour ne présenter de difficulté qu'aux cas pathologiques qui relèvent alors d'une prise en charge autre.

UV hors MCS: choix individuel optionnel en fonction des goûts, des talents, des projets.

Evaluation-bilan terminal en fin de cursus.

Au terme des cursus, l'ensemble des UV validées (MCSO-S + Options) définit le profil individuel d'excellence de l'élève, passeport pour la poursuite d'études ou l'entrée dans la vie active. Les examens nationaux (DNB, Baccalauréats) sont supprimés. Les structures aval définissent leurs critères de recrutement sur la base des UV du Codex.

Tâches nationales préparatoires .

Le CSP (Conseil Supérieur des Programmes) et le réseau des auteurs de manuels seront  sur le pont dès l'élection présidentielle acquise pour s’attaquer à la question de l’atomisation en micro-modules du champ des connaissances et des acquis de la formation initiale, jusqu’au niveau bac (le Codex). Une première version de cette atomisation devra être adressée aux établissements au plus tard le 1er décembre 2017, afin d’être portée à la connaissance des équipes pédagogiques et de devenir opérationnalisable au 1er janvier 2018.

Autre tâche confiée aux mêmes acteurs: l’élaboration d’une batterie-type de tests pour les évaluations de septembre 2017 en Français, Mathématiques et Compétence citoyenne (le monde comme il va). Livraison: avant le 14 juillet 2017 pour mise à la disposition des établissements en temps et en heure. Chaque test (d’une durée de passation standard de 1,5 h; il en faudra 5 pour chaque discipline testée) sera imprimé au niveau de l’établissement, avec cartouche nom-prénom-date de naissance sur la première page, sur feuille perforée au format A4.  Après passation, au fur et à mesure de la correction, les différentes feuilles seront rassemblées pour chaque élève dans un classeur individualisé. Une fiche-bilan terminale rejoindra in fine ce classeur attestant du niveau d’acquis / (in)compétence de l’élève et  permettant de déterminer dans chacune des trois disciplines testées son groupe de consolidation. Les tests s’intégreront naturellement à l’emploi du temps standard de la période.

L’emploi du temps standard de la période de consolidation ?

On travaillera sur un principe de trois tiers temps quotidiens de consolidation - Français, Mathématiques, Compétence citoyenne (Le monde comme il va, concept de fait élargi qui inclura des notions élémentaires d’histoire, géographie, physique, chimie, svt, éducation artistique, globish) – tiers temps auxquels (c’est un peu pagnolesque, mais …) s’ajouteront un quart temps de développement physique et une heure optionnelle.

Schéma :

à/p 8h :                Accueil des élèves

9h - 10h30 :         Temps 1

10h30 - 11h :        Pause

11h - 12h30 :        Temps 2

12h30 - 14h :       Repas + Pause

14h - 15h30 :       Temps 3

15h30-16h :         Pause

16h - 17h30 :       Temps 4

17h30-18h :         Pause

18h - 19h :           Heure optionnelle.

Où :

{Temps1, Temps2, Temps3, Temps 4} = {EPS, Fran., Comp. Cit., Maths}

Où : Heure optionnelle = Pause / Consolidation Langue vivante

Contexte :

- Les disciplines ne sont pas sur des créneaux figés. Rotations.

- Volonté d’accueillir / encadrer les élèves de 9h à 18h

- Les créneaux 8h-9h et 18h-19h sont à l’initiative des établissements et selon leurs possibilités.

Pour lancer toute l’affaire, il faut prévoir un travail collectif spécifique de concertation-préparation des Corps d’inspection et DSDE dans la semaine du 21/8/2017 au 25/8, suivi d’un travail analogue des DSDE et chefs d’établissement dans la semaine du 28/8 au 1/9 … sachant qu'ils seront informés dès l'élection présidentielle acquise et devront commencer à réfléchir au projet immédiatement.

De toute façon, il y aura des échanges préalables, éventuellement un calendrier improvisé (selon les circonstances) en juin/ juillet, quoi qu'il en soit de leurs charges habituelles sur la période.

La recherche-recrutement des AEC devra être achevée pour l’essentiel au 13/7/2017, même si quelques compléments peuvent intervenir jusqu’au 1/9. Il faudra lancer la campagne d'information tout de suite.

Les tests dans les établissements seront passés dans la semaine du 4/9 au 8/9 pour une répartition des élèves en groupes de compétence effective le 11/9 au matin, ce qui supposera une sorte de mobilisation générale des équipes pédagogiques et des AEC pendant le week-end des 9/9 et 10/9 pour la correction-exploitation des tests.

Les contenus de la consolidation?

Les contenus de la consolidation seront laissés à la discrétion des équipes pédagogiques. Ils seront adaptés aux niveaux de compétence / incompétence évalués et aux groupes formés sur cette base.

Aucune ambition élitiste dans cette période.

L’objectif est de cerner les manques et d’y remédier.

Dans les groupes d’excellence, il suffira de viser l’entretien des acquis, mais on laissera la porte ouverte, bien entendu, au cas où les responsables de groupe estimeraient qu'on peut faire plus. Le but évident n'en sera pas moins pour beaucoup la remise à  niveau. Ainsi, en mathématiques, la connaissance parfaite et par tous des tables de multiplication, comme l’aisance en calcul mental et ordres de grandeur, la proportionnalité, les pourcentages, seront prioritaires.

Etablissement par établissement, groupe de compétence par groupe de compétence, les équipes en place définiront la méthodologie et piloteront les AEC dans une démarche dialoguée. 

Les méthodes de consolidation ?

Elles seront à  l'entière  discrétion des équipes pédagogiques, en pilotage dialogué avec les AEC.

En fait il y aura deux mots d'ordre: Liberté et Dialogue!     

      Liberté       Dialogue

Et dans cet esprit, il faut absolument dire et redire aux équipes, chefs d'établissement en tête, qu'il est temps de sortir de l'infantilisation et de prendre des initiatives à l'intérieur des moyens alloués.

Les groupes de consolidation seront d'effectif aussi réduit que possible, en aucun cas supérieur à 20 et si possible de l'ordre de 12 à 15. Là aussi, effectif adapté au profil même du groupe, proportionnellement en quelque sorte au niveau mesuré de la compétence et des acquis .

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09 février 2017

CURSUS DE LA SCOLARITÉ OBLIGATOIRE.


Platon

Jules Ferry

Jean Zay

Edgar Faure

 

 

 

De Platon à Edgar Faure, en passant par Jules Ferry et Jean Zay (tiens, j'ai oublié Condorcet)  je me suis parfois demandé quel aurait pu être l'initiateur de la réforme de l'Education Nationale dont nous ne cessons d'avoir besoin.

Pourquoi Edgar Faure?

J'ai gardé de cette intelligence brillante le souvenir qu'il a été le dernier à avoir la carrure du poste, au milieu des événements de Mai 68. Sa souplesse conceptuelle le laissait ouvert à toutes les solutions et je suis certain qu'aujourd'hui, ses capacités d'invention feraient merveille. Ses successeurs n'ont guère été convaincants .........

En attendant, nos candidats présents pour les présidentielles du printemps me semblent collectivement peu portés sur l'élucubration éducative et je le déplore. Bien que ramasser trop sa pensée, ce soit la simplifier au risque du simplisme, je leur aurais volontiers soumis le petit résumé suivant, sur le sujet qui ne me quitte pas et dont je me demande encore jusques à quand il va ne pas me lasser.

classe

Définition (nationale) du champ des contenus.

Relecture groupée de l'ensemble des programmes actuels de l'école élémentaire, du collège, et de la classe de seconde générale.

Redéfinition/redistribution/réécriture  des contenus de cet ensemble sous forme d'unités de valeur (UV) enchaînées/emboîtées, chacune associée à un champ limité de connaissances et d'acquis couvrant de 20 à 40 heures d'enseignement.

C'est le Codex de la scolarité obligatoire.

MCS: sous-ensemble du Codex désigné comme Minimum Culturel de Socialisation.

SCOLARITÉ OBLIGATOIRE.

C'est le bloc 6 ans – 16 ans.

La porter "jusqu'à 18 ans " sera provisoirement laissé de côté

Progression sur 10 ans. 10 niveaux: C1 - C2 -  ……. - C9 - C10

Organisation des progressions sur deux axes et deux mi-temps: axe/mi-temps collectif et axe/mi-temps individuel.

Axe/mi-temps collectif : groupe-classe homogène en âge; activités de mise en commun des compétences et acquis hétérogènes; apprentissages de la cohésion collective et du vivre ensemble. La progression selon cet axe est continue de C1 à C10. Pas de redoublement.

Axe/mi-temps individuel : groupes évolutifs homogènes en connaissances et compétences, sans critère d'âge, UV du Codex par UV du Codex. La progression selon cet axe s'effectue individuellement, en fonction de la validation des UV qui sont indépendantes et peuvent être redoublées en tant que de besoin.

Acquisition/Validation du MCS : prioritaire et obligatoire au terme du cursus. Le MCS est calibré pour ne présenter de difficulté qu'aux cas pathologiques qui relèvent alors d'une prise en charge autre.

UV hors MCS: choix individuel optionnel en fonction des goûts, des talents, des projets.

BILAN INDIVIDUEL D'EXCELLENCE .

Au terme du cursus, l'ensemble des UV validées (MCS + Options) définit le profil individuel d'excellence de l'élève, passeport pour la poursuite d'études ou l'entrée dans la vie active.

CORPS ENSEIGNANT .

Recrutement national.

CAPESO: Certificat d'Aptitude au Professorat des Enseignements de la Scolarité Obligatoire

Deux options: CAPESO-G (Généraliste) et CAPESO-S (Spécialité)

CAPESO-G : Licence (3 ans) + Master Généraliste (2 ans) 

CAPESO-S : Licence (3 ans) + Master de Spécialité (2 ans)

CAPESO-G : pour prise en charge de l'axe/mi-temps collectif

CAPESO-S : pour prise en charge des UV de l'axe/mi-temps individuel

ÉTABLISSEMENTS  .

Reconfigurés, recalibrés, rénovés pour un accueil en continu des élèves (encadrés) et des enseignants (encadrants) de 9h à 18h,  5j/7. Salles de travail dédiées pour les groupes-classes, salles réservées aux UV, salles de repos, salles de réunion, installations sportives, bibliothèque, CDI, bureaux individuels en open space (enseignants), moyens informatiques et bureautiques, restauration.

Suppression de la notion d'éducation prioritaire au profit d'une redéfinition générale, sans particularisation des moyens,  des établissements comme acteurs de la construction du tissu social, au sein d'une politique de la ville à ressaisir. 

OBLIGATIONS :

Obligation de présence des élèves : totalité de l'horaire (4,5x9h à 5x9h car demi-journée optionnelle du mercredi) avec garantie d'encadrement toutes activités (cours, travail personnel, soutien, …)

Obligations de service des enseignants : de 28 à 32 heures de présence hebdomadaire dont de 12 à 16 heures effectives de cours et le reste en tâches personnelles de préparation des séquences d'enseignement, de réflexion d'équipe, d'encadrement éducatif, d'écoute, de dialogue.

TRAITEMENTS .

Salaire de début de carrière: 2,5 SMIC

Avancement uniforme: + 0.25 SMIC tous les 5 ans; 4 fois

Salaire de fin de carrière : 3,5 SMIC.

Pas de Hors-Classe

GOUVERNANCE DES ÉTABLISSEMENTS :

Les établissements sont autonomes, maîtres de l'organisation de leurs moyens matériels et humains dans un cadre national bornant, sans rigidité.

Chef d'établissement : Elu localement par l'ensemble des enseignants en poste, et au sein de cet ensemble, sur le projet-programme d'établissement qu'il porte, pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois en continu.

Chef d'établissement-adjoint : Représentant de l'administration centrale. Recruté sur concours national.

ÉQUILIBRE DE L'ANNÉE SCOLAIRE .

Rythme de base de principe: 5 semaines de classe + 1 semaine de vacances

Suppression des zones

Gestion de l'année scolaire sur le principe de 40 semaines de classe effectives et 12 semaines de vacances, dont 6 semaines d'été en continu (14 Juillet/ 1er septembre).

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06 février 2017

SE FAIRE L'AVOCAT DU DIABLE , OU LE NÈGRE DE L'ACCUSÉ …

FILLON GATE

 

Mes chers compatriotes,

1- Je plaide coupable

2- J'ai eu le tort de m'inscrire dans des usages politiciens excessifs mais tellement pratiqués que je n'en avais pas assez intégré le caractère indéfendable.

3- Pour ce qui est des sommes perçues et qui, je le reconnais, relèvent du complément de salaire via mon épouse, ma seule défense est que, totalement investi dans mon rôle politique, j'ai pris moi-même en charge la majorité des tâches que j'ai sottement prétendu lui avoir confiées, m'appuyant sur son soutien moral constant mais sans solliciter réellement son appui technique.  Je me suis en quelque sorte abusivement rétribué à travers elle comme mon propre attaché parlementaire et, beaucoup plus contestablement, comme co-député de mon suppléant ensuite. Je reconnais aujourd'hui le caractère regrettable de cette décision.

4- Pour toutes ces raisons, je comprends qu'il soit moralement justifié de demander mon retrait

5- Toutefois, il convient d'être lucide sur la situation politique de la droite si je me retire. Elle va à l'échec.

6- Par ailleurs, mes "turpitudes", ou plus raisonnablement, mes errements,  qui relèvent d'une mauvaise prise en compte de la perception nouvelle des exigences de l'opinion autant, je vous l'ai dit, que d'usages pernicieux que j'ai trop intégrés  et dont le mouvement de rejet dont je suis depuis quelques jours la cible m'a brutalement dévoilé le caractère moralement indéfendable, mes errements donc ne modifient en rien l'analyse de la situation du pays qui m'a conduit à élaborer mon projet présidentiel. 

7- Et ce projet présidentiel, retenu à l'issue d'un vote démocratique portant sur plus de quatre millions d'entre vous, reste le seul de nature à sortir le pays de l'ornière. Le seul.

8- De ce fait, mon absence coûtera plus au pays, beaucoup plus, que les sommes dont on charge, et j'accepte là, devant vous d'en porter le poids, ma conscience. Il y va, non des erreurs d'un homme, mais de l'avenir de la Nation. Cette affaire a été pour moi une très douloureuse prise de conscience. Indépendamment de la justice qui, puisque saisie, suivra son cours, je m'engage ici à titre personnel à rembourser à l'Etat les sommes que l'opinion publique me reproche d'avoir perçues, et je me tourne désormais exclusivement vers le travail et les dernières mises au point d'un programme qui permette au pays de se reprendre  et de se retrouver, dans une société rendue à l'espoir et à l'avenir.

9- Je ne reviendrai désormais plus sur cette affaire. Je reste candidat. La décision finale vous appartiendra en avril et mai prochains.

10- Vive la République et Vive la France

 *********************************

Voilà ce qu'à peu près Fillon serait ton "dit"

Si tu voulais garder une dernière chance

Un tout petit espoir de n'être pas banni

De la course au flambeau pour piloter la France.

 

Je dis ça pour le fun, le plaisir de plaider.

Dans le fond je m'en tape et je te crois grillé.

Tout, ces temps-ci, c'est sûr, fout le camp, ma bonne dame!

Chacun a oublié ce qu'est la grandeur d'âme.

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31 janvier 2017

BRUIT DE FOND POLITIQUE

                     Valls-Hamon

                                       Charlie Hebdo

 

J'aurais préféré Valls. C'est donc Hamon. Il ne me paraît pas avoir l'épaisseur du rôle et son affaire de revenu universel ne me convainc pas. J'ai adoré la décapante couverture de Charlie Hebdo et son slogan! Ce sera à suivre....

 Valls va sans doute reprendre ses billes et commencer à penser à 2022.

Jean-luc-melenchon

Laurent Bouvet, professeur à l'Université de Versailles- Saint-Quentin-en-Yvelines, estampé politologue, dont je suis régulièrement l'actualité sur Facebook, conseillait l'autre jour de regarder la vidéo d'un quelconque meeting de Jean-Luc Mélenchon pour prendre conscience de ce que dans la manière, il apportait de nouveau. Ce que j'ai fait. J'ai globalement plutôt Mélenchon à la bonne, mais je n'ai pas été convaincu. Déjà, le petit épisode du vouvoiement avec Cohn-Bendit a souligné sa prétention récente (semble-t-il)  et qui s'est là manifestée de façon ridicule, à sortir de la familiarité, au moins sur les plateaux de télévision. Et en meeting, son cabotinage m'a paru difficilement supportable. Autosatisfaction et techniques du stand-up. Il a tout compris, il sait démonter toutes les magouilles, les milliards naissent sous ses pas pour réaliser ses objectifs, Bruxelles est rempli de rapaces avides et incompétents à qui il promet de faire la leçon, mettant la banque centrale dans l'obligation de lui signer les chèques qu'il demandera, etc. Trop de cinéma. Dommage.

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Les Fillon en deuil, c'est bien le moins avec les affaires qui sortent. Je ne crois pas un instant à la réalité des tâches de la discrète Pénélope, née Clarke. Elle a trop incarné l'éloignement des activités politiques de son mari pour se révéler soudain femme de l'ombre y agissant à temps plein . Sans parler de cette histoire de conseillère littéraire bidon à la Revue des deux mondes. La seule chose qui ne soit pas bidon, là-dedans, c'est le montant des salaires. Mazette! Ce qui m'étonne beaucoup, c'est que les médias ne soulignent pas à quel point il y a une manipulation de l'épouse, sorte de femme de paille, pour faire rentrer dans le budget du ménage des compléments importants. Dans cette histoire, ce n'est pas l'épouse de François Fillon qu'on paie, c'est le couple Fillon qui s'engraisse. Très regrettable. Et, sans doute naïvement, très inattendu!

Macron

Keyser Söze

 Sur libération.fr, hier, un sans abri du canal St-Martin commentait les perspectives de l'élection présidentielle. Et concernant Macron, il voyait en lui une réincarnation de Keyser Söze, le héros machiavélique du film Usual Suspects, incarné par Kevin Spacey : «Il va nous raconter une histoire avec un programme fourre-tout et dans les cinq dernières minutes on va se rendre compte que le mec nous a baisés !» Qui sait? Je ne parviens pas, pour le moment, à me construire une idée crédible de ce trublion qui reste pour moi sorti comme un lapin d'un chapeau et provoque un assez stupéfiant mouvement d'ensemble.

Le petit joueur de flute (Grimm)

Et si c'était le petit joueur de flûte des contes de Grimm qui emmène derrière lui tout le monde vers la noyade?

Marine Le Pen

Quant au couple infernal Marine Le Pen – Florian Philippot, rien d'autre à dire que la crainte de les voir réussir mêlée à la certitude qu'ils n'y parviendront pas. Sinon, cela fait deux fois, en ce début de 2017, que faisant un footing matinal autour du jardin du Luxembourg encore fermé, vers 7h30-7h45, sur le trottoir du Sénat, je croise Florian Philippot, sanglé dans son imperméable bleu foncé, écharpe au cou, l'air pressé d'un qui se rend à un rendez-vous. Interview médiatique dans quelque station de radio en vue? C'est un piéton qui ne fait pas mauvaise impression.

Comme quoi, les apparences …. 

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18 janvier 2017

ELEMENTS SIMPSON (VII)

NUMÉRATION EN BASE b

Examinons quelques entiers naturels : 3; 47; 265; 1987; 21005

Sans le crier sur les toits, ils sont écrits en base 10, c'est-à-dire qu'ils sont codés conventionnellement comme sommes de puissances de 10.

On sait la convention : 100 = 1 (valable pour tout entier b non nul : b0 = 1)

On sait : 101 = 10; 102 = 10x10 = 100; 103 = 10x10x10 = 1000; etc.

On peut alors remarquer que :

3 = 3x100

47 = 4 x 101 + 7 x 100

265 = 2 x 102 + 6 x 101 + 5 x 100

1987 = 1 x 103 + 9 x 102 + 8 x 101 + 7 x 100

21005 = 2 x 104 + 1 x 103 + 0 x 102 + 0 x 101 + 5 x 100

etc.

Il me semble que le codage s'installe assez clairement tout seul.

Ainsi, le nombre entier M, avec  :

M = C x 105 + D x 104 + E x 103 + F x 102 + G x 101+H x 100

Et : 0<C<10 ;  0≤ { D,E,F,G,H} <10

S'écrit, en base 10 :       CDEFGH

Que représentent C,D,E,F,G,H pour M?

Ou : comment les obtient-on à partir de M?

Il suffit de procéder par divisions (euclidiennes) successives. 

Rappel de la division euclidienne :

a et b étant deux entiers naturels quelconques, b étant différent de 0,  il existe et d'une seule façon deux entiers naturels q et r tels que : a = bxq+r , avec 0≤r<b ; q est le quotient, r est le reste.

Dans l'égalité de la division euclidienne, a est le dividende et b est le diviseur.

Ainsi, ici, on commencera par diviser M par 10, obtenant : M = 10Q1 + H

Il suffit pour s'en persuader de remarquer que tel que donné ci-dessus: 

M = 10(C x 104 + D x 103 + E x 102 + F x 101 + G) +H

Etc.

La division euclidienne de Q1 par 10 donnera:  Q1 = 10Q2 + G

La division euclidienne de Q2 par 10 donnera : Q2 = 10Q3 + F

La division euclidienne de Q3 par 10 donnera : Q3 = 10Q4 + E

La division euclidienne de Q4 par 10 donnera : Q4 = 10Q5 + D

La division euclidienne de Q5 par 10 donnera : Q5 = 10x0 + C

C,D,E,F,G,H sont donc les restes successifs de divisions euclidiennes, poursuivies jusqu'à obtenir un quotient égal à 0: division de M par 10, puis du quotient par 10, puis du nouveau quotient par 10, etc.

CAS GÉNÉRAL, BASE b .      

On peut sur le même principe, étant choisi un entier non nul b, essayer de le décomposer en combinaison de {1=b0, b=b1, b2, b3, b4, …..}.

Ainsi, le nombre entier M, avec  :

M = C x b5 + D x b4 + E x b3 + F x b2 + G x b1+H x b0

Et : 0<C<b ;  0≤ { D,E,F,G,H} <b

S'écrit, en base b :         CDEFGH

Comment obtient-on { C,D,E,F,G,H} à partir de M?

Il suffit de procéder par divisions (euclidiennes) successives comme pour la cas de la base 10. Le principe est exactement le même.

Ainsi, ici, on commencera par diviser M par b, obtenant : M = bQ1 + H

Il suffit pour s'en persuader de remarquer que tel que donné ci-dessus: 

M = b(C x b4 + D x b3 + E x b2 + F x b1 + G) +H

Et donc : Q1 = C x b4 + D x b3 + E x b2 + F x b1 + G

Etc.

La division euclidienne de Q1 par b donnera:  Q1 = bQ2 + G

La division euclidienne de Q2 par b donnera : Q2 = bQ3 + F

La division euclidienne de Q3 par b donnera : Q3 = bQ4 + E

La division euclidienne de Q4 par b donnera : Q4 = bQ5 + D

La division euclidienne de Q5 par b donnera : Q5 = bx0 + C 

C,D,E,F,G,H sont donc les restes successifs de divisions euclidiennes, poursuivies jusqu'à obtenir un quotient égal à 0: division de M par b, puis du quotient par b, puis du nouveau quotient par b, etc.

Donnons un exemple.

Comment s'écrit en base 7, M qui s'écrit 1156 en base 10?

1156 = 7x165 + 1

165 = 7x23 + 4

23 = 7x3 + 2

3 = 7x0 + 3                

Bilan, en base 7, M s'écrit : 3241

On pourrait noter, avec la base en indice terminal  : 115610 = 32417 

Autre exemple : toujours M mais en base 9 cette fois.

1156 = 9x128 + 4

128 = 9x14 + 2

14 = 9x1 + 5

1 = 9x0 + 1

                                   Bilan : 115610 = 15249

Etc.

Ecriture en base 2 (binaire) .

Il est clair qu'en base, les restes calculés ne pourront être que 0 ou 1. Et donc, l'écriture en base 2 d'un nombre entier quelconque ne sera qu'une suite de 1 et de 0.

Ainsi :

1156 = 2x578 + 0

578 = 2 x 289 +   0

289 = 2 x 144 + 1

144 = 2 x 72 + 0

72 = 2 x 36 + 0

36 = 2 x 18 + 0

18 = 2 x 9 + 0

9 = 2 x 4 + 1

4 = 2 x 2 + 0

2 = 2 x 1 + 0

1 = 0 x 2 + 1                 D'où finalement : 115610 = 100100001002

Ecriture en base 16 (Hexadécimale) .

On se heurte en base 16 au problème de la représentation des restes supérieurs ou égaux à 10 puisqu'ils peuvent prendre toute valeur de 0 à 15 et qu'on ne doit les coder que sur un seul symbole, naturellement un chiffre, de 0 à 9, mais après?

On tourne l'affaire avec une convention de codage allant chercher pour continuer les lettres de l'alphabet :

10=A; 11=B; 12=C; 13=D; 14=E; 15=F.

Essai avec 1156 :

1156 = 16x72 + 4

72 = 16x4 +  8

4 = 16x0 + 4                         … et : 115610 = 48416

On n'a pas eu besoin de lettres. Mais, par exemple 4345810 ?

43458 = 16 x 2716 + 2

2716 = 16 x 169 + 12

169 = 16 x 10 + 9

10 = 16 x 0 + 10            … et : 4345810 = A9C216

La méthode de mise en place (l'algorithme) de l'écriture en base b telle que décrite se transpose facilement en programme pour calculatrice de type lycée (j'utilise une vieille TI 82).

Je reformalise l'algorithme en termes généraux. La traduction-machine se fera selon les modèles.

M, entier à transcrire (il sera saisi en base 10)

B, la base de numération retenue

L la liste des termes successifs de l'écriture de M en base b

Q, I, K entiers

Saisir M

Saisir B

Q reçoit M

I reçoit 1                      (c'est un compteur; il rangera les restes successifs)

Tant que Q ≠ 0 Faire

Q reçoit Int(M/B)

L(I) reçoit M-BxQ         (L(I) est le reste de la Iième division)

M reçoit Q

I reçoit I+1

Fin Tant que

I reçoit I-1                    ( I a un cran de trop en sortie de boucle Tant que)

Pour K de I à 1, avec pas de -1, afficher L(K)    

Fin Pour

On peut jouer à faire tourner tel quel le programme obtenu pour les bases de 2 à 9.

Les nombres étant donnés en base 10, on passe ...  le programme fonctionne bien sûr et redonne ... la même écriture. 

Il faut au-delà (B ≥11) , se donner les codes de notation pour les restes {10, …, B-1}. On a vu le cas de la numération hexadécimale. On peut vouloir généraliser. L'utilisation exhaustive de l'alphabet permet de traiter sur ce modèle les bases jusqu'à b=36. Mais il faut alors penser à introduire un répertoire des codes retenus. Ce n'est pas la mer à boire.

Contentons-nous de permettre à b les valeurs {11; 12; 13; 14; 15;16}

On introduit une liste P avec, de 1 à 10, P(i) = i-1, puis : P(11)=A, P(12)=B, P(13)=C, P(14)=D, P(15)=E, P(16)=F.

L'algorithme ci-dessus, deviendra:

M, entier à transcrire (il sera saisi en base 10)

B, la base de numération retenue

L la liste des termes successifs de l'écriture de M en base B

P la liste des codes

Q, I, K, R entiers

Saisir M

Saisir B

Q reçoit M

I reçoit 1                      (c'est un compteur; il rangera les restes successifs)

Tant que Q ≠ 0 Faire

Q reçoit Int(M/B)

R reçoit M-BxQ    (R est le reste de la Iième division)

L(I) reçoit P(R+1)

M reçoit Q

I reçoit I+1

Fin Tant que

I reçoit I-1                    ( I a un cran de trop en sortie de boucle Tant que)

Pour K de I à 1, avec pas de -1, afficher L(K)    

Fin Pour

On pourra s'amuser ainsi à contrôler rapidement, à l'aide du programme :

569810 = 212110013 = 422146 = 77319 = 336A12

 

 

Chiens ahuris

 

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08 janvier 2017

LA SEULE EXACTITUDE (II) – Alain Finkielkraut

Vuillard-Elégante

Cette Élégante, peinte vers 1891-1892 par Edouard Vuillard, Alain Finkielkraut l'a dit lors d'une rencontre télévisée avec Daniel Cohn-Bendit, c'est pour lui beaucoup de la France, et peut-être, la France. L'idée est aussi charmante que le tableau, et on le comprend. Il attache beaucoup d'importance à la galanterie française et n'apprécie guère les dérives d'un féminisme exacerbé qui en vient à en contester les plus civiles manifestations. On le comprend de nouveau.

Et on en trouve des traces dans La seule exactitude.

Il y a dans l'ouvrage, ainsi, des retours incessants à quelques idées qui structurent sa lecture du monde comme il va et où la fraîcheur du tableau de Vuillard, en arrière-plan, pose une note inattendue et apaisante.

Il ne saurait être question de reprendre un par un les soixante-dix articles du livre pour les discuter. Je ne ferai que quelques remarques, en essayant de repérer les obsessions récidivantes, non, le vocabulaire est trop péjoratif, les idées-forces.

Alain Finkielkraut, de fait, a de notre société une vision où dominent, dans le champ de cette préoccupation constante qu'est le débat sur l'immigration, deux partis, le parti du sursaut et le parti de l'Autre. Et il s'inscrit dans le premier. C'est une inscription qui lui vaut d'être taxé de réactionnaire, quand son souci est avant tout de conserver la culture qui l'a construit, de la protéger contre les délitements de l'époque, avec, c'est vrai, sans doute beaucoup de difficultés à accepter celle-ci et à tâcher d'en sauver les aspects positifs.

Le parti de l'Autre, dont Edwy Plenel, patron de Médiapart, est à ses yeux une figure de proue, c'est le parti des antiracistes radicaux qui en arrivent, en brandissant le drapeau de la comptine rousseauiste de l'assassin innocent et de la faute au système, à vouloir rendre invisible la diversité humaine, et partant, à nier toutes les difficultés dont cette diversité est porteuse dans un vivre ensemble qui prétend intégrer le flux continu des nouveaux arrivants.

Dans ce mouvement, il voit s'associer tant le journal Le Monde, qu'il désigne néologiquement (en le moquant) comme le quotidien de la rebellitude, que les sociologues dont il voit les doctes analyses relever surtout de l'aveuglement.

Il y a là selon lui tout un courant qui se caractérise par une méconnaissance résolue de la nouveauté du présent, un déni du réel, dans lequel peuvent se retrouver la terrible prégnance d'un passé où le colonialisme, les années trente, Auschwitz, Vichy constituent d'accablantes références de nature à engendrer des réflexes de rejet de tout ce qui pourrait s'interpréter comme le début d'un indice de retour à ces errements (Alain Finkielkraut évoque le désir éperdu de ne pas être hitlérien). La vérité du jour, dit Finkielkraut, étant impensable, on s'attache, pour se rassurer, à la penser avec les vieux cadres, d'où le succès des références aux années 30. Le résultat étant un fuite résolue devant les exigences de la situation et les problèmes nouveaux posés par un flux immaîtrisé d'arrivées comme par des actions terroristes violentes auxquelles on finit par trouver des explications à dominante sociologique. Le résultat combinant même des attitudes de soumission repentante aux exigences de l'Autre avec une référence à l'appeasement anglo-saxon, celui qui a conduit Neuville Chamberlain à Munich en 1938.

Conchita Wurst

Par moment, les questions sociétales l'étouffent. Le "Il est interdit d'interdire" de Mai 68 a débouché sur un délitement du social adossé à la primauté du vouloir égoïste (il anglicise : I know want I want and I want it now), sur l'abandon de la règle "Un homme, ça s'empêche" qui servait de ligne de conduite au père d'Albert Camus, et à travers la technicisation du réel, sur un refus du donné et la prétention de dépasser les bornes naturelles pour être non ce qu'on est né, mais ce qu'on veut, parent homosexuel ou, abandonnant son sexe pour un genre, Conchita Wurst.  Et la gauche, pense-t-il, n'est pas pour rien dans ces affaissements.

Et puis la mort lente de la langue, les effondrements de la culture, l'inaptitude de l'école à défendre l'une et l'autre, à introduire les élèves dans notre vieille civilisation, le laxisme du baccalauréat, la révocation de la promesse d'ouvrir au plus grand nombre le trésor des humanités et l'héritage de la noblesse du monde dédaigneusement rejeté, la vacuité de l'art contemporain, lui font voir dans le présent l'annonce d'un effritement de l'avenir.

 

Je ne fais ici qu'un bilan superficiel (et partiel) d'un livre dont le pessimisme épuisé ne doit pas cacher la pertinence. Mécontemporain essentiel, comme il le dit de Péguy, Alain Finkielkraut mérite d'être lu deux fois pour être (presque) entièrement compris. Il a un redoutable sens de la formule et son analyse porte, qui sonne la plupart du temps vrai. Je n'ai pas évoqué, en tant que telle, sa lecture des questions juives ou arabo-musulmanes, presque constamment sous-jacente,  tant on sent chez lui, d'abord, le souci de la sauvegarde d'une civilisation, d'une culture européenne dont il voit la mort programmée. Et j'ai laissé de côté deux chapitres "à part" consacrés l'un à Heidegger, l'autre à Péguy. J'y reviendrai peut-être. Ou pas. Mais je veux souligner combien ma première approche de son livre a été corrigée par la seconde et combien la réflexion personnelle gagne, à se pencher studieusement sur la sienne.  

Réfléchir

Posté par Sejan à 11:32 - Commentaires [3] - Permalien [#]