AutreMonde

02 juillet 2017

LES MATHEMATIQUES DE LA SCOLARITE OBLIGATOIRE

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Le DNB (Diplôme National du Brevet), ex-Brevet des Collèges, ex-BEPC, pour les anciens, vient de délivrer cette semaine sa vision des bases mathématiques à acquérir dans le cadre de la scolarité obligatoire, en gros.

C'est toujours intéressant à regarder.

Cette année, il y avait 7 exercices indépendants.

On trouve facilement le sujet sur internet.

Exercice 1 : Un peu de calcul élémentaire des probabilités. Tirages successifs, avec remise, d'une boule dans une urne contenant des boules bleues et vertes. Un peu de bon sens et se souvenir que la probabilité, dans les cas simples, se calcule par division : Nombre de cas favorables / Nombre de cas possibles.

Exercice 2 : Un peu plus difficile. Il fallait lire et interpréter une suite d'instructions visant à faire construire cinq triangles équilatéraux (tous côtés égaux) successifs. Cela nécessitait un peu d'attention et la compréhension d'instructions codées. Un bon exercice.

Exercice 3 : Très élémentaire. Il fallait savoir lire un graphique simple de fonction y=f(x) qui était fourni. Il fallait aussi savoir qu'une fonction linéaire (c-à-d du type f(x) = kx, avec k une constante) est représentée graphiquement dans un repère en (x,y) par une droite passant pas l'origine. Basique.

Exercice 4 : Se débrouiller avec un tableau de tarifs de production d'électricité, selon la puissance de l'installation et la date de mise en service. Des mathématiques « de tous les jours » avec une multiplication au bout. Ensuite, quelques calculs simples autour de l'installation de panneaux photovoltaïques sur un toit : un calcul d'angle par sa tangente, le théorème de Pythagore, un petit problème de pavage par des panneaux carrés de 1 mètre de côté. Tout à fait « certificat d'étude de papa » en termes de connaissances et de calculs. Ce qui n'est pas ici un défaut.

Exercice 5 : Trois questions indépendantes. Un calcul très élémentaire de vitesse (savoir faire une règle de trois) – Un petit calcul littéral, qui exigeait la connaissance de l'identité remarquable (a+b)^2 – Un calcul de vitesse d'un véhicule à partir d'une distance de freinage (une formule à appliquer). Tout ça très simple .

Exercice 6 : Des statistiques sur l'obésité à partir de la mesure de l'IMC (Indice de Masse Corporelle). Savoir lire un tableau ; savoir calculer une moyenne ; connaître la définition de la médiane d'une série de valeurs (= valeur qui partage la série des valeurs en deux ; 50% de valeurs inférieures, 50% de valeurs supérieures). Une petite question technique sur la façon de calculer dans un tableur. Là, ce n'est plus « à la papa », mais marque la volonté d'introduire les outils bureautiques (idem avec l'exercice 2)

Exercice 7 : … où on retrouve papa, avec une grande bassine de confiture à répartir entre des pots de forme cylindrique. De nouveau très « certificat d'études ».

Au total, une épreuve qui ne teste que le niveau le plus élémentaire des contenus du programme. Sans être retourné vérifier, cela m'a semblé plus facile, de beaucoup, que l'année dernière. En même temps, un élève qui rédige cela sans faute dispose d'un socle satisfaisant pour le quotidien. C'est sans doute, au fond, la vocation du DNB. Mais dans la mesure justement où l'épreuve est à ce point basique, elle pourrait être « couperet », avec exigence éliminatoire de 80% de réponses correctes.

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25 juin 2017

JM BLANQUER ET JEAN DE LA FONTAINE

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Le Ministre et l'École

(d'après: Le Coche et la Mouche)

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé

Et de tous les côtés aux élèves exposé

Les enseignants tiraient leur Coche.

Garçons, filles, parents, tous leur tombaient dessus.

L'attelage suait, soufflait, été rendu.

Un Ministre survient, des pédagos s'approche ;

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'il sait faire aller la machine,

Prend quelques décisions assez inopportunes

Croit faire que le char chemine

Sans dotation d'argent aucune

S'en attribue d'avance et aussitôt la gloire

Va, vient, fait l'empressé ; il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant à chaque endroit

Faire avancer les gens et hâter la victoire.

De félicitations le Ministre a besoin,

Se plaint qu'il agit seul, et qu'il a tout le soin

Qu'aucun n'aide les profs à se tirer d'affaire.

Le syndicat récitait son bréviaire,

Faisait perdre du temps ! Les proviseurs dormaient !

Partout, la somnolence sévissait !

Le Ministre prétend leur tirer les oreilles

Et fait quelques sottises à nulles autres pareilles.

Après bien du travail, l'année arrive au bout

Respirons maintenant dit le Ministre à bout

J'ai tant fait que les jeunes ont la cervelle pleine.

Messieurs les enseignants, payez-moi de ma peine.

 

Les Ministres ainsi, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires,

Ignorent tout du nécessaire

Et partent en nous laissant, pilule fort amère

L'École chaque fois un peu plus affaissée.

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14 juin 2017

LE BACCALAURÉAT, CE MARRONNIER ABSURDE …

Baccalauréat

Dans Le Monde daté du 14/06, dès la première page, on prête à Jean-Michel Blanquer l'intention de "remuscler" l'examen. Le grand principe du discours ministériel sur le baccalauréat, tous ministres de l'éducation confondus, c'est de cultiver la foutaise.

En voilà assez! Il ne faut pas remuscler le baccalauréat, il faut le supprimer d'un trait de plume et passer à une validation cohérente des acquis de la formation initiale Ecole+Collège+Lycée.

Le cursus actuel est incompatible avec le pari de la massification: donner à tous une formation de base solide et de qualité, permettre à chacun de porter au meilleur son excellence.

La solution est, dans ses principes, d'une simplicité biblique.

Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent progresser par cumul d'unités de valeur disciplinaires correspondant à des modules courts (vingt à trente heures d'enseignement) sanctionnés, chacun, par le contrôle exigeant des acquis obtenus.

A l'issue du cursus, chaque élève est ainsi doté d'un profil personnel adossé à l'ensemble des unités de valeur obtenues qui le définit parfaitement en termes académiques.

L'entrée dans la vie active ou l'accès aux filières de l'enseignement dit post-bac s'effectue dans la cadre d'une sélection qui s'appuie sur la comparaison des prérequis exigés et des compétences certifiées.

Pour une discipline donnée, le cumul d'unités de valeurs s'effectue au long du cursus en poupée russe et à la vitesse d'acquisition propre de l'élève, indépendamment de son âge. Son tableau de chasse peut être impressionnant en mathématiques et regrettable en français, au-delà d'un plancher transversal d'unités de valeurs accessible à tous sauf cas pathologique et qui vaudra soit (dans l'esprit de la scolarité obligatoire) attestation de fin d'études de niveau I, soit (dans l'esprit du baccalauréat) attestation de fin d'études de niveau II.

Il est clair que la démarche suppose une parcellisation du public scolaire selon les disciplines et par unité de valeur, en groupes d'acquis homogènes. Sachant aussi que les modules conduisant à la délivrance des unités de valeur pourront être recommencés en cas d'échec ad libitum (autant que souhaité).

La suppression complète du baccalauréat est la conséquence évidente de ce qui précède ... et qui est, par ailleurs, trop sélectif dans ses dispositifs de tri pour permettre le développement harmonieux d'un vivre ensemble des classes d'âge et l'installation chez l'élève de tout ce qui n'est pas la compétence académique sélective.

Il n'y a donc là qu'une partie, disons la moitié, du temps scolaire.

L'autre moitié sera consacrée, en regroupant les élèves sur des principes actuellement en cours, à faire vivre ensemble des groupes homogènes en âge, aux acquis diversifiés, autour d'activités de réflexion et de mise en commun de l'éventail des talents et des compétences du groupe, insérant progressivement l'élève dans une vie sociale ouverte à la discussion, à l'échange, au dialogue, à la recherche en commun, à l'examen critique des problèmes du monde grâce aux outils du raisonnement, de la raison, de la tolérance, de l'enrichissement culturel de chacun par tous.

Mettre en œuvre les principes énoncés suppose une remise en question complète du fonctionnement des établissements, de leur architecture, de leur gouvernance, des missions,  des services et de la formation des maîtres , etc.

Sans parler de la notion de programme, de l'atomisation des champs disciplinaires en unités de valeur, de la définition des activités de la moitié scolaire du vivre et penser ensemble etc.

Un immense chantier, en somme. Mais à quoi sert une ambition politique ouverte sur l'avenir sinon à cela: changer le monde par l'Ecole? 

 

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09 juin 2017

Photographies et Législatives – Paris V° arrdt.

 

LEGISLA

Quand on remonte la rue Cujas à partir du Boulevard Saint-Michel (Paris, V° arrondissement), à l'angle de la rue Victor Cousin, il y a le choc des panneaux électoraux. Il y a le choc En Marche!

Nom de Dieu! Pourquoi l'officiel désigné, Gilles Le Gendre, a-t-il choisi, pour s'afficher à côté d'Emmanuel Macron, un portrait de lui aussi moche?

Au verso de sa profession de foi, la photographie en noir et blanc qui accompagne la courte présentation qu'il fait de lui-même est quand même autrement convaincante. Mais là, sur le panneau, en couleur, à côté d'un Macron au sourire de sphinx constipé - déjà pas une réussite – son allure de dégarni rigolard et mal rasé fait nécessairement douter du sérieux de sa candidature. Il a l'air de passer par hasard et de la trouver bien drôle!

On l'entend d'ici : "Eh, les mecs, z'avez vu? Si vous voulez soutenir Macron, votez pour moi. Marrant, non? Bon, d'accord, vous me connaissez pas, mais regardez, j'ai fait un photomontage avec Emmanuel, trouvez pas que ça déchire? Non? Ah, bon. Oui, c'est vrai, il respire pas la joie de vivre là-dessus, Emmanuel, mais j'avais rien d'autre. Et croyez-moi, on va quand même bien rigoler! Je trouve ça poilant de devenir député !"

Cette affiche m'est un mystère.

On a plutôt l'impression que lui,  c'est un beau-père complètement allumé et que c'est Macron ... Le Gendre !

 

Sonia de Maigret

Il a pris une suppléante : Sonia de Maigret. Sur la photo, le physique est agréable. Ce qui me défrise un peu, c'est son positionnement professionnel : Coach de vie.

Coach de vie ! C'est quoi, encore, ce machin? Coach de vie! Il y a du coach partout maintenant, et à tout propos. Les gens sont à ce point incapables de s'assumer qu'ils délèguent ça à d'autres?  A d'autres qui font leur fromage avec? Dans son court  CV: "... une longue période dans la forêt équatoriale au sein de tribus." Quand même! Bon, avec cette compétence, elle doit en tout cas pouvoir aborder le dossier du Collège, côté comportement tribal.

Mais enfin, entre un député qui se marre et qui a sélectionné dans son album photo celle où il a l'air d'un imbécile heureux, et une suppléante qui fait dans le développement personnel par procuration et qui veut m'aider à mieux m'entendre avec moi-même, franchement …. je suis moyennement en appétit.

Enfin, faut être logique, hein? On a choisi Macron? Maintenant, faut lui donner les moyens de faire la preuve qu'on n'a pas eu tort. Donc, quand j'irai voter, dimanche, j'éviterai de regarder l'affiche, sur le panneau, juste le bulletin de vote.

 

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Dommage pour NKM, candidate dans la même circonscription.

Elle me plaît, pourtant, cette petite. Oui, ça fait macho,  mais c'est affectueux. D'abord elle la ramène, et j'aime bien. Ensuite elle a fait l'X, et puis le Génie Rural/Eaux et Forêts comme école d'application. Très sympathique! Enfin, elle a des yeux intelligents qui vous dévorent. Très agréable!

Bon, mais hein, là, de suite, va falloir oublier tout ça.

Vraiment dommage, en plus, avec de si beaux cheveux …

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26 mai 2017

LES JOURS S'AJOUTENT AUX JOURS …..

Je reviens un peu sur ce que j'écrivais ici le 18 mars. Pas vraiment vu le temps passer, depuis.

La dernière du Déni d'Anna a eu lieu ce mercredi 24 Mai.

La salle du Lucernaire, dont la jauge est à 112 places, était comble.

Ovation pour l'auteur (Isabelle Jeanbrau), la mise en scène (la même!), la musique (Daniel Jea) et la troupe (avec focus sur Benjamin Egner (le père), mais tous excellents).

La suite ????

       Isabelle fin 2015 

               JOURDE Le Monde

Pendant ce temps, le bouquin de Pierre Jourde (Winter is coming) avait une page élogieuse dans Le Monde des Livres. Voilà. Raccord avec mon billet du 18 mars.

Entre temps, on a aussi voté. J'ai écrit quelques lignes en cours de route …

Emmanuel et Brigitte ! Articles People garantis. On va voir ce que ça va donner.

A priori, j'aime bien.

Emmanuel et Brigitte

Et maintenant, au milieu des rancœurs "Lesrépublicaines" ou "Insoumises", dans l' effondrement assourdissant du Parti Socialiste, on s'en va vers la rebelote des 11 et 18 juin.

 

Election

Dans les étonnements de la République en Marche, il y a Cédric Villani.

Mais que diable va-t-il faire dans cette galère?

Villani-Législatives 2017

Je me trompe peut-être, mais je le sens mal député.

Son aura est importante, il peut porter un projet sur l'Ecole, mais je ne suis pas certain qu'on l'entende, ni que sa vision soit la meilleure. Wait and see, bien sûr. Samedi dernier, je me trouvais en voiture dans Orsay et je l'ai vu sous la chaleur et sur le trottoir, marchant rapidement vers le centre-ville en compagnie de deux prolos (en tout cas, ils avaient l'allure), chemises à carreaux et pour l'un, bleu de travail, et puis Villani, brassant l'air, lavallière au vent, araignée au revers, costume noir inadapté aux circonstances météorologiques, en nage sans doute, enthousiaste sûrement, mais, pour quel avenir politique?

D'ailleurs, au passage, sur les questions de gouvernement, je me demande si Emmanuel Macron ne fait pas une erreur de casting avec JM Blanquer. Quand même! DGESCO (Directeur Général de l'Enseignement Scolaire) de décembre 2009 à novembre 2012, c'est-à-dire quasi ministre de l'Education Nationale tant Luc Chatel était peu dans le coup, il n'a que je sache rien inventé de significatif. Et soudain, il aurait vu la lumière?

Du côté de Juppé, il y avait Benoît Apparu, maire de Chalons-en-Champagne, qui s'est intéressé de près à la question.

Apparu

 Je ne sais si E.Macron y a pensé, mais je crois que c'était une carte intéressante à jouer, plus intéressante que Blanquer, plus jeune, plus tonique, plus inventif et même avec plus de cheveux. Il paraît qu'il retourne à la vie civile le 19 juin, ayant renoncé à briguer un nouveau mandat de député. C'est peut-être une occasion manquée.

Et Cannes, bien sûr !!!

Bella Hadid

Tout ça, à suivre ….

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18 mai 2017

UN NOUVEAU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE ? DIABLE ....

Le nom de Jean-Michel Blanquer me paraissait familier.

J'ai retrouvé un billet de février 2015 qui me semble supporter la relecture sans mise à jour ....

Il y est question du nouveau ministre, auquel "Le Point" avait ouvert ses colonnes ...

http://ednat.canalblog.com/archives/2015/02/03/31457091.html

Attendons la suite, mais je ne suis pas nécessairement optimiste.

Nous allons voir .... 

 

NVB-Blanquer

 

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08 mai 2017

EMMANUEL MACRON – UNE PRIORITÉ N° 5 À REVOIR …..

Macron-Ecole

Dans Le Monde daté du mercredi 3/5/17, on trouvait en page 7 et sous la plume d'Aurélie Collas, une colonne sur la "Réforme de l'École primaire", version Emmanuel Macron. Réduite en titre à Douze élèves par classe dans les ZEP pour réduire l'échec, cette priorité, qui n'est pas le tout de la vision macroniste du problème scolaire, n'en indique pas moins un défaut d'analyse.

Face à la situation actuelle, la question à traiter concerne la scolarité obligatoire en bloc, avec un sous-bloc essentiel et le plus difficile : le Collège. Penser nécessairement l'affaire dans l'ordre chronologique (le primaire avant le secondaire) n'est pas efficient. L'école élémentaire est sans doute le volet le plus aisé à traiter, avec une philosophie simple : permettre aux enseignants de reprendre confiance, et leur faire confiance.

Le professeur des écoles, à la tête de sa classe et globalement en charge de l'ensemble des enseignements, est le mieux placé pour assumer à lui seul le retour raisonnable à la priorité aux enseignements fondamentaux qui s'impose, en leur accordant tout le temps nécessaire. Il n'est pas besoin de bouleverser les textes pour cela ni de mobiliser des moyens inouïs. Il n'est besoin que de donner l'impulsion, de fournir des conseils, de libérer l'autonomie des équipes d'école, étant revenus aux rythmes scolaires d'avant la tornade de leur réforme.

Il faut libérer les pédagogues de l'élémentaire de tout contrôle tatillon, et leur faire confiance pour s'organiser au sein des équipes d'école afin d'adapter leurs démarches, leurs efforts, leurs plages d'enseignement, l'organisation de leurs classes - de leurs classes telles que la population scolaire locale les impose - à l'apprentissage prioritaire du français - lecture, expression écrite et orale - et des quatre opérations dans leur technicité et dans tous leurs développements connexes (résolution de problèmes élémentaires).

Cette philosophie, il faut la dire, haut et fort, et mettre à sa disposition toutes les compétences d'un encadrement (Inspections Académiques, Corps d'Inspection du premier degré, …), transformé en instance d'encouragement et de soutien.

Non, le ressaisissement essentiel, qui se conçoit sans doute plus difficilement, concerne le Collège. La durée de scolarisation pourrait y être portée à cinq ans, pour en faire le cadre effectif de la formation jusqu'à seize ans et le lieu complet de l'acquisition et de la consolidation des apprentissages de base, armes de la vie adulte de l'individu dans toutes ses dimensions, comme du déploiement différencié de toutes les excellences individuelles, double objectif que le collège depuis quarante ans affirme viser et se révèle remarquablement incapable d'atteindre.

Dans ces cinq années, chaque élève se verrait offrir (c'est-à-dire imposer) un double cursus, l'un commun, l'autre personnalisé.

Prolongement de l'école élémentaire, le premier cursus, mi-temps de formation, maintiendrait dans son hétérogénéité aléatoire, le groupe-classe confié à un binôme de professeurs à spectre de compétences large, chargé de le guider dans des apprentissages de tronc commun très fortement articulés sur les outils de base de l'insertion sociale et de la communication (expression écrite et orale, notions scientifiques et techniques élémentaires, culture du monde tel qu'il est dans son histoire, sa géographie, ses mécanismes économiques, sa géopolitique, son globish (et oui, osons!), équilibre du corps et pratique sportive) à des fins d'usage et d'accès à une existence et à une réflexion autonomes.

Le second cursus, second mi-temps de formation, en parallèle, s'adressera à l'individu. Dans un champ de micro-modules disciplinaires sanctionnés par l'acquisition d'unités de valeur, l'élève, optionnellement quant à la définition de son trajet et du cumul des unités de valeurs, construira les contenus de son excellence individuelle. Les micro-modules s'adresseront à des groupes homogènes en termes d'acquis antérieurs dans la discipline concernée et l'acquisition cumulée des unités de valeur correspondantes définira le profil d'excellence de l'élève sur la base duquel, lors de sa sortie du Collège, il pourra faire face aux exigences de la vie active ou d'une poursuite d'études.

Faut-il souligner qu'un tel système élimine la notion de redoublement, la progression de chacun étant continue au long du mi-temps commun et à vitesse personnelle en termes d'unités de valeur dans le cadre du mi-temps d'excellence?

C'est ce schéma, ultérieurement transposable au lycée, qui apparaît comme axe réaliste de redéfinition de la formation initiale, et peut-être le seul. Je ne développerai pas ici les profondes modifications qu'il implique en termes de recrutement et de service des enseignants, comme en termes de redéfinition des locaux d'enseignement et de gouvernance des établissements et plus largement du système éducatif. Je l'ai déjà souvent évoqué. Mais il va de soi qu'il y a là un chantier (et une direction) que le candidat Emmanuel Macron, devenu Président, devrait inscrire en N° 1 dans ses priorités, tant l'avenir à tous égards du pays dépendra de la jeunesse qu'il se donnera.

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25 avril 2017

DONC, MACRON …

Macron

Dans le fond, je n'ai rien contre les couples "prof-élève".

J'ai gardé le souvenir enchanté de Mme Vernière. Je l'ai eue comme professeur de Lettres Classiques (en seconde et en première) au lycée de Talence (33405) qui, sauf erreur, ne se disait pas encore lycée Victor Louis, ni ne se proclamait éco-solidaire. On était à la toute fin des années 1950. C'était un professeur original à la compétence sans faille, fantasque, et avec qui je me sentais en totale amitié. Je ne l'ai jamais oubliée. Elle est morte en 1994.

Et même sans que les histoires aient le moindre rapport, je reconnais que la relation développée par Emmanuel Macron me touche.

Cela prononcé, il a été bien mauvais, l'Emmanuel, dimanche soir 23/4, dans son discours de succès au premier tour. Vaseux, pâteux, avec des blancs … pas terrible tout ça. Il va falloir faire un effort.

Mélenchon non plus, mauvais perdant, n'était pas très gaillard. Et son refus de se prononcer immédiatement pour le vainqueur provisoire, en attendant le second tour, n'a fait malheureusement que confirmer combien le bonhomme, qui s'était déjà signalé par son algarade ridicule pour des questions de voussoiement avec Daniel Cohn-Bendit, manque de qualités personnelles pour incarner absolument la noblesse de la fonction convoitée.

Bref, Macron.

Il est certain qu'il n'y a pas d'hésitation à avoir, qu'on ait ou pas voté pour lui dimanche dernier. Et je pense qu'il est à peu près sûr que ce sera lui, le successeur de Hollande. La question, c'est de savoir de qui il s'entourera pour gouverner, tenant pour sincère sa volonté d'écarter les chevaux de retour … ce qui ne laisse guère de place à l'obstiné François Bayrou, par exemple, bien encombrant allié.

On verra. Les législatives, déjà, seront intéressantes.

Oui, au fond, avec Macron, on est un peu dans le flou, mais un flou qui ne m'est pas antipathique puisqu'il peut laisser place à de bonnes surprises. Et puis surtout, lors du débat à 11 du 20 avril, il a été le seul à mettre en avant, dans ses projets, l'éducation. En fera-t-il quelque chose? Nous verrons bien, mais en tout cas, il y a pensé.

Et là aussi, Mélenchon m'a déçu. Au lieu de vouloir se lancer dans cette affaire embrouillée d'assemblée constituante en vue d'une sixième république, il aurait mieux fait de bâtir un projet simple, solide et complet de mise à plat et de reconstruction, d'abord, de la scolarité obligatoire.

Sur la durée d'un quinquennat, il aurait pu prévoir une première année de remise en ordre ne demandant pas de gros investissements, avec pour commencer l'abrogation de la réforme des rythmes scolaires (bon, ça, il y avait pensé), le retour de l'école élémentaire au statu quo ante, et la remotivation des "instits" (mais si … c'est bien mieux que "professeur des écoles") dans la perspective d'une plus grande autonomie guidée de leur action en direction des savoirs fondamentaux.

Autonomie guidée? Mais si!  Même pas peur de l'oxymore …

Ce point calé, il mettait en place durant cette première année, puisqu'il aime les grands "machins", sur la base d'un pré-canevas, au lieu d'une Constituante-VI°-République, un système de consultation directe de tous les établissements scolaires de la Scolarité Obligatoire visant à redéfinir entièrement celle-ci.

Avec des résultats, pour partie à faire légaliser par l'Assemblée nationale lors d'une session spéciale au printemps 2018, et pour partie relevant de l'autonomie à développer des établissements  "Nouvelle manière", résultats entrant dans les deux cas en phase opérationnelle à la rentrée 2018 et ayant devant eux les quatre dernières années du quinquennat pour démontrer leur efficacité, ce qui correspondrait déjà au parcours complet en Collège (6°-5°-4°-3°) d'une cohorte d'élèves et constituerait un premier test efficace de validation.

Avec la Scolarité Obligatoire, on est au cœur de tous les problème de la société, actuelle et à venir. Et c'est là qu'il faut porter le fer et repenser tout le système.

Mais je crains que sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon ne soit un révolutionnaire d'opérette, accroché à quelques automatismes syndicaux de nature à interdire tout réel bouleversement.

Sinon, je regardais l'appel à candidature du mouvement d'Emmanuel Macron, En Marche, pour les législatives (https://legislatives-enmarche.typeform.com/to/hz0tTV).

Je n'ai plus ni l'âge, ni vraiment l'envie, mais l'aventure de la candidature paraît un challenge amusant.

Je suis d'ailleurs tout à fait séduit, plus largement, par l'idée, mais il faudrait l'étendre à la désignation de pas mal de responsables. Il y a au fond là un principe bien français de recrutement sur concours qui me semble tout à fait pertinent. Et qui pourrait peut-être permettre de sortir du népotisme et des réseaux.

Dans l'immédiat, wait and see.

Mais si l'on écoute les rumeurs dont se faisait l'écho ce midi France-Inter qui évoquait déjà les possibles premiers ministres, le seul fait d'entendre les noms de François Bayrou, de Gérard Collomb, de Jean-Yves Le Drian était déjà le commencement des déceptions à suivre.

Qu'est-ce que c'est que ça ????

On veut des inconnus de qualité, bordel!

Ça doit pouvoir se trouver !

 

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18 mars 2017

LE DÉNI D'ANNA , WINTER IS COMING, jours de deuil …

gabriel Jourde

Le déni d'Anna 3

Comment dire la perte ? Pierre Jourde, après le décès le 17 mai 2014 de son fils Gabriel, tente un livre : Winter is coming. Publié chez Gallimard, le 9 mars 2017. Isabelle Jeanbrau a perdu sa mère au petit matin du 11 novembre 1985. Sur ce départ et la gestion familiale de la suite, elle a écrit une pièce, à l'affiche du théâtre du Lucernaire, à Paris, depuis le 15 mars 2017. Le déni d'Anna. Cancer dans les deux cas. Un jeune homme (20 ans), une femme jeune (42 ans). Un jeune artiste lumineux et prometteur, une mère jeune, lumineuse, professeur de Lettres classiques.

Deux façons de dire adieu, ou peut-être au-revoir?

Winter is coming est sur le registre tragique. Fatum. Le destin est en coulisse. Pierre Jourde, obstinément, dit les jours, les longs jours immobiles et agités de la marche vers la perte, de juin 2013 à mai 2014, de la pleine santé ouverte sur l'avenir au dernier souffle épuisé, désespérant. Les faux espoirs, les hôpitaux, les médecins, les souvenirs qui remontent, le refus de comprendre, l'injustice du sort, la révolte inutile, la peine. Son livre, sur la pile, rejoint ceux de Philippe Forest (L'enfant éternel, etc.), qu'il n'avait jamais eu le courage, s'il s'agit de courage (?), de lire. Peut-on écrire sur la perte d'un enfant? La preuve est faite que oui.  

A quoi, à qui cela sert-il?

Thérapie? Catharsis? La mise en scène de la douleur la plus intime, la plus absolue, vaut-elle contre-feu? Le cri parfois soulage. S'agit-il d'un cri? Un livre est long à construire, là où un cri est un jaillissement bref et spontané. Un cri ne s'adresse à personne. Un livre veut un lectorat.

Etrange affaire.

Et le lecteur? Voyeur d'un désespoir? Pourquoi lire cela? Parce qu'on a déjà lu Jourde et pour mieux le connaître ? Car c'est lui qui se dit, étonnamment, ici. Jérome Garcin, dans la brève recension qu'il livre (http://bibliobs.nouvelobs.com/critique/20170309.OBS6332/kid-atlaas-le-fils-perdu-de-pierre-jourde.html) parle à propos de l'hommage au fils disparu d'un portrait à la sanguine. Simple formule. C'est surtout - et c'est de Pierre qu'il s'agit, non de Gabriel - le portrait d'un sanguin. Préoccupé de muscle et de virilité, le coup de poing facile, la violence théoriquement refusée et qui, recours immédiat, affleure au premier obstacle, Pierre Jourde a des effondrements de colosse . On a parfois l'impression que l'activité intellectuelle qui fait le fond, professeur d'université, écrivain, critique, de sa vie professionnelle, n'est qu'un placage et que tâtonne, dessous, toute une nature fruste, paysanne et brutale, de cette brutalité des êtres simples qui n'ont pas la parole pour s'expliquer. Etonnant paradoxe avec lequel il semble se battre, et aussi se débattre.

Phénomène peut-être incontournable d'écriture où le récit d'une perte illimitée détourne l'objet de la perte en dévoilement du narrateur. Ecrire ce qu'on a perdu en s'efforçant, consciemment ou pas, de revivre la douleur, c'est ainsi d'abord s'écrire. Pierre Jourde, qui y fait allusion ici, a produit un travail sur Littérature et Authenticité. La question apparaît effectivement, le lisant, centrale.

le-deni-d-anna

 

Dans Le déni d'Anna, c'est le groupe familial qui est au cœur de l'affaire, réduit à son noyau et déployé dans ses facettes comiques, autour de la figure paradoxale du père. L'agonie, ce sont des accords de guitare; l'au-delà, d'autres accords; la morte est une ligne mélodique que soutient une batterie. Le réel ce sont les vivants, dans leurs automatismes, dans la volonté du père de passer outre les conventions, d'avancer sans céder sur rien, quoi qu'il advienne, pour maintenir en vie les survivants, pour qu'aucun obstacle n'ait de prise, qui interromprait le courant vital, qui permettrait au chagrin de prendre le dessus sur l'exigence essentielle: continuer. La morte est là, toujours, partout, et qui peut-être regarde, triste, attendrie, amusée, toutes ces agitations ridicules autour de son absence jamais oubliée, au milieu du kaléidoscope des comportements individuels, des tensions non dites, à la recherche, là encore, d'une authenticité de la restitution.

Foin du registre tragique, ici. Pas de fatum, pas de destin. L'auteur était en classe terminale, son jeune frère – à la scène Daniel Jea, qui signe, et qui exécute à la guitare, la musique – en classe de troisième, quand le rideau, une première fois, est tombé.

Reconstruction de souvenirs, vingt ans, trente ans après, impressions laissées, nébuleuse des images mémorielles, dans la distance voulue du rire. Anti-pathos roboratif. Le premier devoir que l'on doit aux morts, c'est de s'appliquer à bien vivre.

Le théâtre décentre l'attention. L'auteur s'efface derrière ses personnages. Le lecteur est un témoin de seconde main. Le spectateur, lui, assiste, aux premières loges. Et rit. Anna vit intensément dans les pirouettes de ceux qui l'ont aimée. Et je suis certain qu'on peut penser qu'elle rit elle aussi,  pleine de tendresse indulgente, accoudée aux nuages, en se disant : "Mais j'y crois pas!", devant tant de gesticulations en son honneur. Peut-être faut-il paraphraser Camus, à la fin du Mythe de Sisyphe, et risquer : Il faut imaginer des deuils heureux.

Winter is coming

                         Le Déni d'ANNA - L'affiche

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02 mars 2017

ÉDUCATION VERSION MACRON – (Source Huffington Post)

Conférence de  Presse du 2 Mars 2017.

Macron

Récapitulatif des "points forts" et Avis.

-       Autonomie pour les écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique.

Non. Le système des affectations mutations est à revoir pour plus de pertinence , mais ce ne sont pas les établissements qui doivent recruter.  On peut introduire une pincée de cooptation : à dossier égal, préférence au choix de l'équipe locale, mais c'est une instance extérieure qui tranche (de niveau départemental ou régional).

-       Prime de 3000 euros net par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+.

-       Dans ces zones, division par deux du nombre d'élèves en CP-CE1 pour qu'il n'y ait pas plus de 12 élèves par enseignant

-       Revalorisation des salaires des enseignants de CP et CE1 dans les les ZEP. Ils bénéficieront également d'une liberté accrue pour conduire leurs projets pédagogiques

Non.C'est une erreur que de maintenir le système des zones ou établissements prioritaires, et un illogisme. Le travail du politique doit viser à n'avoir qu'un type national d'établissement à l'intérieur d'aires de recrutement à mixité garantie par une politique de la ville et des aires de vie révisée et efficace. Le renouvellement des méthodologies de l'acte d'enseignement assure ensuite la gestion éducative et pédagogique des populations mixtes et hétérogènes obtenues.

-       Création de 4000 à 5000 postes d'enseignants

Soit. Sous réserve de contrôler le caractère suffisant du nombre avancé, qui me semble bien léger.

-       Rétablissement des sections européennes et classes bi-langues

Oui.

-       Rétablissement des études dirigées "partout", en mobilisant "les enseignants, des retraités volontaires et des étudiants". "Dans le parcours de tous les étudiants de France, il y aura ainsi un trimestre dédié à cette activité"

Absolument. Il est essentiel de mettre en place un système d'offre d'encadrement uniforme sur le territoire de 9 heures à 18 heures au moins 5j/7. C'est le seul moyen de réaliser l'égalité des conditions de la formation initiale face à l'inégalité des conditions familiales.    

-       Interdiction de l'usage des téléphones portables dans l'enceinte des collèges et des écoles primaires

Oui.

-       Réforme de la carte scolaire, dans le but d'assurer la mixité sociale

Soit. Mais dans la perspective plus globale et ci-dessus affirmée d'un travail d'introduction efficace et équilibré de la mixité sur la ville et les aires de vie.

-       Introduire la sélection au niveau Master à l'université

Oui.

-       La gestion de l'enseignement professionnel sera désormais laissée à la charge des régions

Oui.

-       Ecriture d'une charte des droits et des devoirs pour donner du contenu à la notion d'égalité

Soit. L'énoncé est un peu flou, mais précisé, l'objectif peut être pertinent.

                                            ***********************

C'est très décevant si on attend une véritable réforme en profondeur de l'Ecole. Mais le point "Rétablissement des études surveillées" peut être porteur d'une réelle amélioration. Il n'y a toutefois pas là de vision, de dessein global porteur d'avenir. Tout reste à reconstruire.

Simplement et jusqu'à plus ample informé, c'est malheureusement la même chose ailleurs.

L'éducation est bien le parent pauvre de la pensée politique. 

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