... à  Montesquieu-Volvestre

 

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L'été ainsi s'avance, et nous voici mi-août.

Que s'est-il donc passé qui mérite le compte

Rendu ? L'événement, dont on fait son ragoût,

Justifie-t-il l'effort que fait qui le raconte ?

Il est dans les journaux, et de toute façon,

Déjà narré. C'est fait. Pourquoi vouloir mieux faire ?

Parlons du quotidien, de l'intime leçon

Des gestes répétés qu'on pourrait, c'est vrai, taire,

Car de nul intérêt, mais qui, s'accumulant,

Font le courant vital qui fuit et qu'on savoure

Au rythme du bonheur fugace de l'instant

Que vieilli, mieux qu'avant, on connaît sans retour.

 

Mille petites choses. Et d'abord, Isaac Asimov, Le cycle de la fondation, un must (m'avait-on dit) de la SF. Quelle arnaque ! Je n'irai pas plus loin que le premier tome, achevé pour l'unique raison que je l'avais commencé. C'est ennuyeux et filandreux. Ça vous tombe des mains. À la rigueur, ça peut servir de somnifère.

Je n'ai pas eu de chance, ces premières semaines de vacances. Après m'être enchanté de Betty Smith (Le lys de Brooklyn), j'ai plongé dans le médiocre, par relatif désœuvrement et envie de détente. Le prix du Quai des Orfèvres 2017 : Pierre Pouchairet. Mortels trafics. Là aussi, on s'emmerde copieusement. C'est hyper-documenté (l'auteur est un ancien de la ''maison poulaga'', comme on ne dit plus) mais sans le moindre intérêt. Il a dû rajouter un glossaire des sigles en usage au ministère de l'intérieur. Plus rasoir, tu meurs.

Je suis tombé sur sa photo, en faisant un tour sur le web. La gueule de l'emploi, pas mal. Suivaient quelques vues de la cérémonie de remise du prix, avec cette année Alice Taglioni (belle fille) comme marraine. Il y avait là Alain Delon, Jean-Paul Belmondo plus ou moins en fauteuil roulant (je me demande pourquoi on s'obstine à le sortir et pourquoi il s'y prête) et son grand copain Charles Gérard, une de ces tronches toujours au second plan dont on peine à retenir le nom mais qu'on connaît par cœur.

 

Je regarde un peu où en sont les uns et les autres. Antoine Compagnon a annoncé son cours 2018 au Collège de France : De la littérature comme sport de combat (II). La saison I m'a semblé très ennuyeuse et je ne suis pas certain de suivre la saison II. Je suis Compagnon depuis une dizaine d'années. Il avait démarré sa nomination par un cours sur Proust et je m'en enchantais. Il est assez vite passé à autre chose et je suis toujours là, cahin-caha, mais par inertie.

Laurent Bouvet, qui enseigne les Sciences Politiques à l'université de Saint-Quentin en Yvelines. C'est un jeune type (né en 1968) intéressant qui m'avait accroché lors d'un séminaire d'Alain Finkielkraut à l’École Polytechnique. Il fait un séjour aux USA, là. Ses posts sur Facebook m'amusent, y compris à travers son gentil narcissisme. Il s'est dernièrement posté dans une vidéo en train de nettoyer son pare-brise. On peut sourire à la portée du document, mais comme il a ma sympathie de toute façon, tout va bien.

Ce qui m'a surpris – en termes d'inattendue coïncidence (?) - c'est de le retrouver depuis quelques mois relayant certains billets de Mara Goyet. Celle-ci est professeur dans un collège parisien et s'est fait connaître il y a une quinzaine d'années par un bouquin agréable sur les travers de son métier qui fut aussi le mien (Collèges de France – Fayard éditeur) et un réel talent de plume, très plaisant, dans les courts billets caustique de son blog, Alchimie du Collège. Elle a fait depuis d'autres bouquins et un petit mais notable chemin médiatique. J'ai été quelque temps en contact amical et internétisé avec elle, jusqu'à la rentrée 2013 où elle a très mal pris une blague à la Jules Romains (Les copains) que j'ai faite en allant participer sous une fausse identité – nous ne nous étions jamais vus - à la pré-rentrée de septembre dans son établissement. Je me demandais le lien avec Laurent Bouvet, mais en fait, elle est je pense des sympathisants du ''Printemps Républicain'', une association dont Bouvet est membre fondateur et qui s'annonce comme suit : ''Nous sommes un mouvement de citoyens libres et indépendants, déterminés à défendre et promouvoir, dans le débat public, la République et ses principes : l'égalité, la laïcité, la solidarité et la souveraineté.'' Je suis moi-même avec sympathie mais de très loin les activités de ce mouvement et je l'ai vu programmée lors d'une table ronde à Ulm, peut-être à l'automne dernier, à laquelle j'avais envisagé - avant d'y renoncer - d'aller. Ceci je pense explique cela.

Je note qu'elle tient en ce moment sur lemonde.fr une série de rubriques estivales ''Pérégrinations alpines de Mara Goyet''. Pourquoi? Mais enfin ... pourquoi pas ? Il en est apparemment prévu 11.

La télévision ne m'a pas beaucoup plus gâté que la littérature de détente. Sur le récent : un mauvais polar de Fred Cavayé, Mea Culpa, avec Vincent Lindon et Gilles Lellouche, un bien piètre film d'action de Terence Young , De la part des copains, avec Charles Bronson, la déception d'une rediffusion du Crabe Tambour, de Schoendoerffer, avec Jacques Perrin en total contre-emploi, absolument pas convaincant, Claude Rich et Jean Rochefort (le livre m 'avait beaucoup plu, mais le film est raté, malgré de belles vues maritimes), et un western récent (2014) et britannico-danois de Kristian Levring, le moins mauvais film du lot, sur un point de départ horrible, et qui se laisse regarder, avec Mads Mikkelsen, mutique et Eva Green, carrément muette puisque les indiens lui ont coupé la langue !

Un peu de sport aussi, en cette première moitié d'été. Les championnats du monde de natation : je voulais voir ce qu'allait faire Camille Lacourt. Bravo ! Les championnats du monde d'athlétisme : Renaud Lavillenie qui se démerde toujours pour se faire battre au mauvais moment ; Pierre-Ambroise Bosse qui détale comme un lapin à 250 m de l'arrivée du 800 m et qui me fait me poser des questions sur cette supériorité inattendue, spectaculaire et écrasante (un grand verre d'eau fraîche avant le départ?) ; les courses de trop d'Usain Bolt …

Plus qu'à attendre le 26 août. Ma page Facebook est envahie dans les marges par l'annonce du combat entre Conor McGregor et Floyd Mayweather en boxe, 70 kg. Un soi-disant défi du siècle de plus. Mc Gregor est plutôt un spécialiste de MMA (Mixed Martial Arts) avec des titres de champion du monde, et Mayweather, multichampion du monde de boxe dans cinq catégories différentes, retiré en 2008, revenu en 2015, etc … Du business, sans doute. Mais sur les images que j'ai vues, Mc Gregor manifeste une fougue combattante qui m'inquiéte et un caractère particulièrement déplaisant. Je lui souhaite, à l'issue du combat du siècle, la raclée du siècle. D'ailleurs annoncée d'avance par un fin connaisseur de la chose pugilistique : Mike Tyson.

On a fait le tour, enfin, un petit tour …..

À suivre.