Babylone

C'est Yasmina Reza (Babylone) qui remporte la palme du divertissement. Son livre est absolument savoureux, dans un dialogue continu avec le lecteur qui m'a ravi.  La narratrice est très attachante et très amusante, très humaine, un peu inattendue dans des situations et des réactions à la fois crédibles et invraisemblables. L'ironie des mondanités bascule dans un thriller où il y a peut-être des traces de Marcel Aymé – je n'en suis pas sûr. Quoi qu'il en soit, je me suis régalé.

 

Celle que vous croyez

Camille Laurens (Celle que vous croyez) ne m'a qu'à demi séduit. Au sens propre. La première partie emporte l'adhésion (je me serais quand même passé du (fort heureusement court) prologue préchi-précha).  Le long monologue, ensuite, en direction d'un interlocuteur caché rappelle Camus (La chute) et est tout à fait excellent. La seconde moitié du roman m'a moins retenu et peu à peu, je me suis lassé des ratiocinations sur le désir (féminin), puis le désir du désir, etc. Ce n'est pas franchement inintéressant, mais je me suis senti à côté de la plaque. Et les personnages masculins sont navrants de bêtise. Très bon départ mais bilan mitigé.

Gargantua

Alcofribas Nasier (François Rabelais) et son Gargantua, ça relevait du pensum obligé, pour suivre un peu une petite parente embarquée dans le navire 2016-2017 en partance pour l'épreuve anticipée de français au baccalauréat. Les obscénités du début sont plus pénibles que drôles (question d'époque?) et il faut attendre la guerre pricrocholine pour être un peu touché par l'humanité de Grandgousier, père de Gargantua. Pour le reste, j'ai revu passer les épisodes étudiés lors de ma propre scolarité, l'invention du torche-cul idéal, les exploits de frère Jean des Entomeures, l'abbaye de Thélème, avec au moins cette satisfaction de constater que le texte original  est beaucoup plus accessible que je n'en avais gardé le souvenir et qu'aidé par la translation en français moderne fournie en regard, on se débrouille fort bien , cette dernière ne servant que de roue de secours quand l'intuition ne suffit pas. Je ne suis toutefois pas sorti de là avec, inentamée, l'admiration convenue de la prose rabelaisienne. C'est potache et bon enfant, l'humanisme latent est indiscutable et plaisant, les étripements et exploits scatologiques relèvent de la blague de gamins de troisième, oui, bon …  sans plus, en somme.

La fille du train

La fille du train, enfin, premier roman de Paula Hawkins. Le film va sortir prochainement (26 octobre). C'est un bon thriller, un peu trop englué dans l'alcool, jouant un peu trop sur les fausses pistes, mais enfin qui se développe bien et qui accroche. Parfait pour un voyage … en train, par exemple un Paris-Toulouse, de jour. Bon, on a compris un peu avant la fin. Pas trop, disons à la hauteur de Montauban.