Le Collège de Buchy  Jérémie Lefebvre

 

Jérémie Lefebvre (cf. Wikipédia) publie chez Lunatique un petit livre d'une violence exacerbée autour d'un parcours scolaire (essentiellement le sien) dont l'explicitation du cadre ne lui a pas attiré que des sympathies (voir Normandie-actu).

Ce sont des remarques de Pierre Jourde dans son blog de l'Obs qui ont attiré mon attention sur ce court récit qui se lira en moins d'une heure trente. Jourde y est revenu à deux reprises, le 22/9, puis le 17/10, soulignant que "Tout le texte, du début à la fin, est noir, sans concession, d’une âpreté et d’une cruauté rares".  

C'est effectivement d'une noirceur profonde. Et qui m'a beaucoup touché. Témoignage halluciné qui exhale toutes ses rancœurs, le livre psalmodie un désespoir dont l'aigreur s'étend à une vision nauséeuse de la "beaufitude" hexagonale assez inusitée. 
L'accouchement du bouquin a dû être difficile, dans la douleur. 
La haine que les brimades scolaires subies a fait naître chez le narrateur atteint des sommets, compréhensibles mais étonnants. L'écriture a-t-elle pu, à trente années de distance, fonctionner comme thérapie? Ce n'est pas même certain tant les ouvertures psychologiques des dernières pages assombrissent le paysage mental. 
Il est écrit sur le monument aux morts de Tarbes, ville chère à mon cœur, Ni haine, ni oubli. Ici, l'oubli est bien écarté, mais la haine est intacte.
Rien au fond, ne s'efface vraiment.
Un petit livre à lire, absolument.