NVBMacron

 

Deux projets ou pseudo-projets dont les médias se font l’écho et qui me semblent plutôt déprimants, celui de Najat Vallaud-Belkacem parce qu’il marque une incompréhension de la question qu’il veut résoudre, celui d’Emmanuel Macron parce qu’il incarne une absence résolue de foi dans la notion d’intérêt général.

En admettant - prémisse fausse, mais passons - que la mixité scolaire soit de nature à sauver le système éducatif de sa déroute bien avancée, ce n’est pas un busing à la française qui permettra sa mise en place. Il y a là un problème de politique de la ville à résoudre, et non une question scolaire. Il faut obtenir la mixité des quartiers, dont découlera évidemment celle des établissements. Et ce sont tous les acteurs indispensables de la société civile et tous les fonctionnaires porteurs du service public qu’il faut réinsérer dans un tissu urbain rééquilibré, vidant de son sens la notion de ghetto ou de zone sensible dont découle celle d’établissement difficile.

La mise à la disposition des enseignants de logements de fonction adaptés et confortables dans le secteur scolaire de leur établissement serait une voie d’approche plus intéressante que l’exfiltration des gamins .

Pour ce qui est d’Emmanuel Macron, la rémunération des fonctionnaires au mérite me paraît un non sens. Que le secteur privé vive sur des options carriéristes est peut-être dans sa nature. Mais il me semble nécessaire que le secteur public fonde son recrutement sur la notion d’intérêt général et que le ressort essentiel de l’effort professionnel y soit la volonté personnelle d’optimiser le service rendu. Je suis d’ailleurs parfaitement hostile à la situation actuelle qui voit cohabiter dans un même établissement scolaire (je pense aux collèges et aux lycées) des enseignants endossant les mêmes responsabilités mais, selon qu’ils sont agrégés ou certifiés, redevables d’horaires différents et différemment rétribués. Le traitement devrait être affecté au poste qu’on occupe et pour lequel, par définition, on a été jugé compétent. Si on ne donne pas satisfaction, on est changé de poste. Les critères de recrutement doivent être suffisamment exigeants pour que les titulaires trouvent à l’intérieur du système - en vertu d’une sorte d’anti loi de Peters - au besoin après tâtonnement, le cadre optimalement adapté à leur compétence et le lieu de leur efficacité maximum.

Ces principes me paraissent si évidents que je comprends mal que face à des difficultés à la résorption desquelles ils indiquent un chemin, on se préoccupe d’abord de les fouler au pied.