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AutreMonde

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1 juillet 2026

Canicule Scolaire

Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, cherche des solutions aux problèmes que posent aux examens du second degré, Brevets, Baccalauréats, les désormais prévisibles canicules. Il en est pourtant une, évidente et comme le disait déjà en 1984 JP Chevènement, simple et pratique: la suppression desdits examens. Il ne semble pas l'envisager.
Il y a pourtant là une décision drastique qui aplanirait bien des difficultés, météorologiques et autres.

Un contrôle continu généralisé, bien géré, adossé à des progressions articulées sur la validation de blocs limités de savoirs et de pratiques (u.v. : unités de valeurs) soulagerait considérablement le système éducatif et placerait les élèves dans des conditions plus raisonnables de cumul d'acquis robustes, loin des aberrations de la situation actuelle.

Dans l'évitement d'une réflexion approfondie sur cette perspective, il y a cette vision pessimiste ( réaliste diront ses défenseurs) de la nature humaine qui considère comme avérée l'impossibilité pour le corps enseignant de porter un jugement objectif sur des élèves qu'il connaît d'une part et d'autre part dont l'ire des parents est à un jet de pierre. On ne saurait, disent ceux qui sont contre, espérer une telle révolution copernicienne des mentalités.

Sans doute, le système éducatif dans son ensemble est à revoir, mais sans aller jusqu'à un grand bon en avant systémique à la Mao avec les dégâts prévisibles, ce point précis des examens du secondaire pourrait être l'opportunité d'une avancée décisive.

Il faut faire confiance aux enseignants qui la mériteront d'autant plus qu'elle ne leur sera pas refusée a priori. Faire naître et s'épanouir dans les établissements, auprès des équipes pédagogiques, l'espérance de la très lourde responsabilité d'une prise en charge complète des cursus d'apprentissage dans l' autonomie nécessaire aux plus efficaces adaptations serait l'assurance d'un vent nouveau.

Même dans le système ''en l'état'', la gestion des acquis en sous-unités clairement précisées, facilement contrôlables et validées tout au long du cursus dans le carnet personnel de progression de l'élève, permettrait à celui-ci une avancée motivante au jour le jour de sa scolarité, palier par palier, sans le stress des grands machins coûteux, ingérables, bachotés et finalement bradés des fins de cycles.

La modularité du système (la définition des u.v.) pourrait être nationale mais laisserait aux équipes pédagogiques toute latitude pour gérer au mieux la validation rigoureuse des acquis et les différentiels de progression que crée naturellement une telle démarche, ouvrant sans doute à davantage de mobilité des groupes-classes.

Au terme d'une année de troisième ou de terminale complète et sereine, l'élève, nanti de son carnet personnel de progression bâti depuis ses débuts en sixième, se verrait attribuer un exeat de fin de cycle attestant de la qualité satisfaisante ou insatisfaisante de son cursus et, pour des profils nationalement définis en termes de cumul d'u.v. d'un parchemin nommé Brevet ou Baccalauréat assorti ou pas d'une mention complémentaire cette fois signifiante.

Une telle perspective, de nature à assurer des troisièmes trimestres non alourdis d'examens, pourrait être le point de départ d'une remotivation des élèves comme des enseignants et l'ouverture des établissements scolaires à des restructurations plus importantes à suivre, pour une Education nationale plus adulte et plus efficiente.

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13 mai 2026

REPRENDRE LE COLLIER

 

Donc, s'y remettre. Parler un peu d'école et de littérature. L'impression d'être parti ailleurs depuis longtemps.

En fait j'ai déménagé en décembre dernier. Pas vraiment changé de quartier, pas vraiment changé d'habitudes, mais diminution de surface de l'appartement. Division par deux, largement.  Motif économique. Les temps sont durs au retraité de l'Education nationale. Passons.

Du coup, une envie de comptes-rendus ou de brèves notes de lecture, pour mémoire, m'est revenue. Rien d'approfondi. Juste la devise, ici immodeste, de Julien Gracq, En lisant, en écrivant. Sans insister, au fil de la plume. La liste pour Janvier - Février - Mars - Avril :

Pierre Jourde - La marchande d'oublies // Philippe Jaenada - La désinvolture est une bien belle chose // Mathieu Belezi - Cantique du chaos // Gabriel Zucmann - Les milliardaires ne paient pas d'impôts // François Bégaudeau - Désertion // Emmanuel Carrère - Kolkhoze & La classe de neige & L'adversaire // Cécile Chabaud - Profs I (Vous faites quoi dans la vie?) & Profs II (Cours et Miracles) &  De femme et d'acier (Nicole Mangin) // David Goodis - Rue Barbare // Alice Ferney  - L'intimité // Didier Daeninckx - Meurtres pour mémoire // James Dickey - Délivrance.

Je suis Pierre Jourde depuis pas mal d'années et la découverte de L'heure et l'ombre, qui m'avait beaucoup touché. Festins secrets et Paradis noirs sont deux formidables romans, inspirés. Pays perdu et La première pierre vont au cœur. Le reste est plus inégal, avec parfois des ambitions immenses comme Le Maréchal absolu. La marchande d'oublies est de ce dernier tonneau. Des fragments magnifiques mais chez moi une lassitude globale, un peu coupable devant l'ampleur de la tâche accomplie, sans compter les circonstances, une partie du roman ayant été rédigée vent debout contre la maladie, en chambre stérile.

Je trouve que Jaenada est un formidable conteur, découvert avec sa contre-enquête, La Serpe, sur le procès de Georges Arnaud, l'auteur du 'Salaire de la peur'. Il s'intéresse ici à quelque chose de tout à fait mineur dans la saga du Saint-Germain-des-près au sens large des années 1950 qu'il élève à la hauteur d'une sorte d'épopée. Ses renseignements sont fascinants de précision inutile (on ne retiendra rien) mais tout le charme de Jaenada - et il opère - est dans le style comme le titre désinvolte, la digression, la façon de se mettre constamment en avant sans être jamais autre chose que sympathique. Le roman glisse, on se moque un peu du fond, mais on savoure ce flot de littérature de coin du feu sur lequel on navigue sans effort.

Grosse déception avec le Cantique du chaos. Mathieu Belezi m'avait impressionné avec son formidable et à sa façon bouleversant  Attaquer la terre et le soleil. Là, j'ai déjà tout oublié. Plouf. Flop.

Déception aussi avec le Gabriel Zucmann qui ne m'a rien apporté de plus que les informations superficielles que j'avais entendues sur France-Inter et France-Info. L'essentiel tient au fond en moins de dix lignes. L'argent des grandes fortunes est un insupportable scandale moral, j'en suis absolument convaincu. Les disparités de revenus sont inadmissibles. Mais visiblement, ça ne gêne pas tout le monde et Zucmann a été déjà enterré.

J'ai déjà un peu (beaucoup) oublié le contenu du Bégaudeau. J'oublie beaucoup, et vite. Mais c'est un auteur que j'aime depuis son exceptionnel Entre les murs qui lui vaut mon affection définitive. Ce qu'il produit est toujours intéressant, même si le personnage (m')agace un peu par la sorte de mépris vaguement insolent qu'il diffuse à l'intention de l'interlocuteur qui n'a jamais rien compris. Mais c'est un bon, Bégaudeau, un très bon. Là j'ai acheté son dernier, Le mépris, justement. J'ai l'appétit ouvert.

Carrère aussi est excellent. Et Kolkhoze vaut le détour, même si j'ai peiné sur sa famille proliférante dans les méandres de laquelle je n'ai pas cherché à m'organiser outre mesure. Sa mère était l'essentiel, je m'y suis accroché. Et c'est formidablement intéressant. Du coup, je suis reparti ensuite vers des bouquins de lui de dimensions plus modestes que je n'avais pas lus. La classe de neige et L'adversaire. Vraiment très bien.

Cécile Chabaud est une sacrée découverte. Ses deux livres sur le vif (Profs I et II) sont tout à fait enlevés, parfois désopilants. L'effet de surprise joue en faveur du I mais après un petit temps d'irritation en se disant ce n'est qu'un bis repetita, le II m'a repris et ça marche. Et puis il y a De femme et d'acier. On doute qu'il s'agisse du même auteur tant on change de registre. Cette biographie partiellement 'fictionnée'  de Nicole Mangin, unique femme toubib de la Première Guerre mondiale retient, attache. Beau portrait. Important témoignage. D'un livre l'autre, belle maîtrise stylistique de l'hétéroclite, de l'antinomique.

Le film de Carine Tardieu, L'attachement, avec principalement Pio Marmaï et Valeria Bruni-Tedeschi m'ayant beaucoup plu, j'ai voulu lire le livre dont il est tiré. L'intimité, d'Alice Ferney, est un gros pavé progressivement de plus en plus indigeste dont le film n'exploite que le premier tiers, en gros. Il se développe en une sorte d'essai répétitif autour de questions liées à la procréation dans ses versions "modernes" de  PMA et de GPA et en dépit d'un effort d'incarnation romanesque, je me suis passablement ennuyé en compagnie de personnages paradoxaux. Je ne suis pas tenté d'explorer cet auteur plus avant.

Dans la foulée de cette ennuyeuse lecture cinématographique, je suis allé vers deux romans américains négligés à la sortie des films qu'ils ont fait naître. Rue Barbare, de David Goodis, est assez accrocheur, avec en arrière plan les images plus ou moins conformes de Bernard Giraudeau et Bernard-Pierre Donnadieu pour les deux principales figures masculines. Mon souvenir du film est trop vague pour que je juge la fidélité de l'adaptation, mais le bouquin dont la dimension littéraire excède le simple polar m'a paru de bonne qualité. Après lui, Délivrance, de James Dickey, m'a renvoyé à travers un vrai plaisir de lecture au formidable film éponyme de John Boorman, avec Burt Reynolds et John Voight, sorti en 1972, qui m'avait emballé et qui reste pour moi au Panthéon d'un genre où, à peine un cran en dessous, on trouve  le film de 1981 de Walter Hill, Sans Retour, avec Keith Carradine et Power Boothe. Sacrés souvenirs! Et pour y revenir, ici, bon livre.

Au hasard de l'écoute d'une émission de radio, je me suis décidé à aller enfin lire un Didier Daeninckx. J'ai choisi son premier succès je crois, Meurtres pour mémoire, roman noir très bien ficelé autour d'une figure inspirée par Maurice Papon et la sanglante répression policière de la manifestation parisienne pacifiste du 17 Octobre 1961 organisée par le FLN.  Un Grand Prix 1985 de Littérature Policière tout à fait justifié.

N.B. Sur l'école, tant à (re)dire, trop à dire. Une autre fois peut-être. Sans doute. Mais quand même ceci : le film de Vincent Garenq sur Samuel Paty, vu à sa sortie, hier . L'abandon. J'étais réticent. J'ai changé d'avis. Il est probablement indispensable et il faut le projeter en établissements scolaires pour y provoquer, avec et chez les élèves, des débats. Effort difficile à manier sans doute car pouvant pousser à l'islamophobie irrépressible, mais justement, pour tout cadrer, comprendre et éclairer dans l'équilibre et l'ouverture, effort nécessaire.

Je recopie ici la micro-critique que j'ai postée sur Facebook : Ce film poignant et qu'on souhaiterait utile ne le sera pas. La bêtise qui guide les actions humaines est trop forte et continuera à régner. Ceci en est un témoignage. Au départ, une erreur pédagogique réelle qui ne devait mériter qu'une engueulade de bon sens de l'autorité de tutelle. A l'arrivée, un drame épouvantable. Entre les deux, un microcosme musulman non représentatif mais factuel. Une élève stupidement bornée, des parents surexcités absurdement solidaires de ses mensonges, le relais d'un faux imam intégriste et radicalisé, la pieuvre des réseaux sociaux, un jeune fanatique à la religiosité noyée de débilité criminelle et aveugle. Face à cela, la médiocrité affligeante de l'environnement professionnel, le refus majoritaire et apeuré du soutien, le cumul des approximations policières et du manque de lucidité. Seule, la principale du collège - et il faut, encore plus que féliciter, remercier pour son incarnation Emmanuelle Bercot, parfaite - est à la hauteur de ses responsabilités. Tout le casting fait vivre avec talent ce monde navrant incapable d'anticiper le malheur pour y parer et seulement disponible ensuite pour les regrets, les "Plus jamais ça", et les célébrations anniversaires.

 

 

 

 

 

 

24 mars 2025

UN LIVRE DE PLUS - Christophe Kerrero

Voilà un drôle de titre que le contenu du bouquin ne justifie pas vraiment, pas plus d'ailleurs qu'il ne justifie cette accroche du "coup de gueule" qu'on veut nous vendre à la clé. Une ou deux flèches ad hominem. Mais la soupe est quand même un peu tiède.

Fier de son trajet scolaire moyen, Christophe Kerrero rédige avant tout un plaidoyer pro domo  relatif à son parcours de responsabilités et ne délivre pas de message entièrement construit sur une reconquête à venir de l'école au-delà de l'esquisse  pieuse et de la description des quelques combats qu'il a menés  qui ne me paraissent pas aller au fond du problème. 

Après nous avoir un peu saturés de descriptions techniques sur ses efforts et réussites dans les différents postes qu'il a occupés, s'efforçant d'en valoriser  tous les aspects, Christophe Kerrero affirme une approche très réservée des vertus et de l'avenir possible des classes préparatoires qu'il a un temps pratiquées comme élève, pour peser dans le sens d'une révision du concept qui en modifierait les spécificités. Il souligne leur coût et les avantages (indus?) consentis à leurs professeurs, qu'il rapproche des besoins criants du collège et du lycée.

Il est certain que tout le système éducatif est à revoir mais les pages qu'il consacre par exemple à Affelnet (Affectation des Elèves par le Net - Procédure d'affectation en lycée public des élèves issus des classes de 3ème) donnent surtout un sentiment décourageant de complexité administrative  excessive  découlant  de l'inadaptation relative de l'offre de formation (capacités d'accueil et contenus ) aux attentes et besoins de la demande (familles).

Là comme ailleurs - étant donné que mettre le tissu éducatif (locaux et personnels) à l'optimum de ce qui permettrait la fluidité de la réponse à la demande éducative serait un projet à long terme perçu comme démesuré (et démesurément coûteux) - on met toute l'énergie disponible dans le bricolage de solutions imparfaites de nature à limiter les dégâts sans rien changer aux insuffisances structurelles. Il y a là des batailles absurdes où l'on s'obstine à affirmer qu'un mauvais système peut (doit?) être maintenu au motif que sans les efforts que l'on déploie pour faire avec sans le modifier, il donnerait des résultats pires.  On s'inscrit ce faisant dans une logique du reculer pour mieux sauter dont les responsables n'osent pas sortir.

Du coup, le discours de Christophe Kerrero à travers lequel on perçoit le souci d'un enseignement de masse qui élèverait le niveau général de la formation sans interdire les réussites individuelles (au fond, du mieux pour tous sans moins bien pour certains), souci sans doute facilement partagé, se prend les pieds dans le tapis des difficultés techniques des améliorations de détail face aux rigidités d'un système dont la nécessaire et profonde reconfiguration obligerait à un chantier national de long terme qu'aucun politique ne se permet d'imaginer. L'affaire ne serait jouable qu'avec l'élection d'un chef de l'Etat qui se ferait choisir sur ce seul programme. Même le niveau ministériel est insuffisant, ne parlons pas du niveau rectoral. Il s'agirait de redéfinir l'école pour changer l'avenir. Utopie. Dommage.

 

17 octobre 2024

MOI, PROVISEURE ...

Moi, proviseure ... c'est-à-dire Moi, je ... Etonnant exercice d'autosatisfaction.

Quand on a derrière soi, à titre personnel, une longue carrière sur laquelle, se retournant, on jette un regard hésitant et navré, on s'étonne de voir comme ici des egos triomphants qui parviennent à se féliciter de leurs propres performances et, même bienveillant, on s'agace un peu.

La principale qualité de ce bouquin a été de me faire découvrir l'existence du lycée Lucas de Nehou, situé à 500 mètres de mon appartement. Par ailleurs, une vidéo que l'on trouve ici, où Mahi Traoré détaille un peu son parcours, éclaire positivement une personnalité inattendue. Enfin, un survol de différentes apparitions médiatiques depuis la sortie de son premier livre chez Robert Laffont (Je suis noire mais je ne me plains pas, j'aurais pu être une femme) fait apparaître sous un jour plaisant une femme pleine de charme et d'assurance rieuse qui porte avec élégance des tenues soignées aux couleurs souvent vives et des bracelets.

Mahi Traoré est visiblement ambitieuse. Son parcours ne s'arrêtera pas là.

Reste le livre, que je viens d'achever, et le fond. Que nous apporte ce panégyrique? Des anecdotes qui ne tranchent pas avec le quotidien de tout praticien de l'enseignement, l'affirmation de la qualité d'une gestion d'établissement volontariste et dynamique qui se réjouit de ses succès, le soulignement des différentes facettes d'un métier dont elles nimbent ici l'efficacité que lui procurent les initiatives et la personnalité de sa titulaire, etc.

Il est certain qu'un établissement peut devoir beaucoup au charisme et au savoir faire de son chef. Il est certain pour qui a beaucoup navigué dans le système éducatif que ce sont là deux atouts qui ne sont pas statistiquement majoritaires chez les cadres administratifs dudit système. Je suis tout disposé à croire qu'ils sont présents chez Mahi Traoré. Mais la portée d'une réussite personnelle est de peu de conséquences lorsque le problème est l'inadaptation globale de l'ensemble de la formation initiale d'un pays à la réussite collective de sa jeunesse. Or notre Ecole n'est plus adaptée à une mission que d'ailleurs elle ne sait pas même clairement définir. En ce sens, ce livre, comme tous les livres des personnels de l'éducation, essentiellement centré sur des témoignages factuels sans prospective, ne fait en rien avancer vers la solution au problème, qui exige une refonte générale.

Moi, proviseure ... je m'en sors mieux que d'autres et mes élèves ont de la chance de m'avoir. Peut-être, sans doute, mais après? On ne trouvera pas ici autre chose que l'optimisation individuelle et locale d'un système tel qu'il est, avec les satisfactions personnelles et ponctuelles que cela comporte. Et l'Ecole continuera sur son erre à se mal porter, dans la fatigue et le désarroi d'un corps enseignant mal considéré  livré à des usages et des modes de fonctionnement dépassés.

Le lycée Lucas de Nehou est particulièrement bien dirigé? Soit. Et l'Ecole de la République?

15 octobre 2024

HUSSARDS NOIRS - BRASSARDS NOIRS

On revient ces jours-ci, anniversaires obligent, sur les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard. Ce peut être l'occasion de redire à quel point, lors du premier de ces drames, le plus choquant dans sa forme, le plus traumatisant par sa nouveauté, l'Etat n'a pas su être à la hauteur de l'événement.

 

J'ai pensé à l'époque et je pense toujours, que la seule mesure symbolique forte qui s'imposait était un deuil national jusqu'à la fin du trimestre en cours (Noël 2020). Et que la plus éclatante et nécessaire forme de ce deuil eût été d'abord le port, sur sa durée, par l'ensemble des personnels de l'Education Nationale d'un brassard noir. Port ouvert, au-delà, à la solidarité de l'ensemble de la population civile. Le pays devait d'abord pleurer. Et pleurer collectivement à la face du monde comme à celle des assassins de l'Esprit des lumières. Il ne l'a pas fait.

 

Ce signe seul, très au-delà des grimaces que sont les minutes de silence où des classes ennuyées regardent leurs pieds en attendant que ça passe et parce qu'il aurait répandu dans toute la société civile et dans toutes les activités quotidiennes, aussi bien dans les établissements que lors des déplacements publics, dans la rue, dans les transports en commun, dans les salles de spectacle, partout, le rappel constant, évident, pesant et dramatique de l'horreur d'un crime qui atteignait tous nos idéaux, et de l'exigence absolue de n'oublier à aucun moment la mise en demeure qu'il constituait, était indispensable.

 

L'Etat n'a pas su réagir, la communauté éducative n'a pas été sommée par ses responsables de se lever au-delà des grimaces déploratoires, la monstruosité des obscurantismes n'a pas rencontré la nécessaire résistance. Ce geste national, ce simple et profond geste silencieusement ostentatoire du brassard noir, aurait pu être un pas, un véritable pas, vers les véritables prises de conscience.

 

L'Education Nationale dont les politiques chantent qu'elle les obsède sans seulement commencer vraiment à y réfléchir car sa complexité se situe dans un long terme qui décourage leurs ambitions toujours immédiates, est au centre absolu de tout tant c'est par elle que la société d'aujourd'hui peut bâtir la société de demain. Tout peut en découler. La repenser intégralement devrait être le seul véritable souci de la nation. Samuel Paty, Dominique Bernard, les suivants, sont et seront les morts exceptionnels d'un système incapable de se réorganiser dont les adultes qui l'ont traversé oublient, dans les remous de leur vie active, qu'il n'est pas le long passage ennuyeux et obligé où l'enfant attend impatiemment que l'heure de la récréation sonne, mais le creuset de la nation dont on pourrait faire l'arme principale de son avenir et sur les fissures duquel des ministres successifs appliquent la tête ailleurs des sparadraps inopérants.

 

En cette période de vaines commémorations, il est affligeant de voir jeter sur  deux enseignants morts de l'avoir été, la poudre d'inutiles et lénifiantes paroles qui devraient céder la place à un drastique ressaisissement du dossier dans la perspective d'une redéfinition complète des objectifs de l'Ecole et des moyens de les atteindre, par l'ouverture au monde et l'accès par l'intelligence à tous les équilibres.

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28 juillet 2024

MATHÉMATIQUES AU BAC 2024

Épreuve de 4 heures pour les mathématiques en "Spécialité".

Quatre exercices (respectivement, 4-5-5-6 points) :

Un "vrai-faux", c'est-à-dire des affirmations (fonctions, suites) dont il faut dire ce qu'elles valent.

Un survol de probabilités (Une agence de marketing a étudié la satisfaction des clients ...)

De la petite géométrie analytique en 3D

Une étude de fonctions.

Très facile. Une seule question (7-b exercice 2) demandait au candidat un peu de réflexion, l'artifice sous-jacent consistant à voir qu'une variable entière qui doit rester inférieure ou égale à 2 est une variable entière qui ne doit pas être supérieure ou égale à 3.

Il n'y a pas grand-chose à dire ici d'une épreuve qui se contente de contrôler que l'élève a suivi avec sérieux mais sans nécessité de génie les enseignements proposés. Sur ce type de contrôle, une note inférieure à 16 n'est pas une note satisfaisante.

On retrouve ainsi une réflexion déjà suggérée sur le niveau des exigences dans les conclusions à tirer de sujets d'examen ou de concours "faciles". Il n'est pas nécessaire de proposer aux candidats des difficultés insurmontables pour la plupart et les sujets modestes sont agréables à chercher et permettent au candidat moyen de déployer optimalement ses acquis, mais il faut dès lors considérer que les obstacles raisonnables qu'on lui soumet doivent être franchis, ce qui rend dérisoires des résultats d'examens ou de concours où le succès, l'admissibilité, l'admission, se décident avec des notes que l'on juge par référence à une époque où avoir 10/20 à une épreuve était la manifestation d'une maîtrise honnête des contenus étudiés. C'est cette distorsion qui ruine la signification des bilans.

Je suis absolument favorable, dans le contrôle de l'acquisition des savoirs, à un système tout du long continu fondé sur la multiplication d'unités de valeur portant sur un champ chaque fois précis, de volume modeste, permettant la construction progressive de profils personnels nettement identifiés. Adossé à la perspective garantie d'un corps enseignant compétent, constamment "mis à jour", à l'exigence rigoureuse, un tel contrôle permet la disparition des examens et des recrutements en aval sur dossiers (anonymes)  et entretiens (personnalisés) moins aléatoires et plus équilibrés. On perd un temps et un argent fou en délivrance de peaux d'ânes et en attribution de médailles en chocolat là où l'on pourrait mieux répartir et organiser le soutien des efforts d'apprentissage individuels et la prise en compte de leur réussite.

Le rapprochement en ce début d'été 2024 des épreuves du Brevet des Collèges, du Baccalauréat et de celles proposées au recrutement des enseignants qui peu ou prou y forment après cinq à huit années d'études supplémentaires est porteur d'interrogations.

Refondre la formation à tous ses niveaux et sous tous ses aspects devrait être le premier des projets politiques. C'est une certitude sans écho.

25 juillet 2024

CAPES - MATHÉMATIQUES.

L'étude des deux épreuves du concours (externe) 2024 [https://capes-math.org/data/uploads/ecrits/ep1_2024.pdf  et  https://capes-math.org/data/uploads/ecrits/ep2_2024.pdf] ne laisse pas d'interroger, surtout lorsqu'on ne s'est pas livré à l'exercice depuis un certain temps. Où sont les sujets que je corrigeais lorsque je faisais partie du jury?

Et cela remonte à quand, mon bon Monsieur?

Les années 1980 à 1984 si ma mémoire est bonne.

Ah ... Quarante ans ... Déjà ... Sans commentaire !

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La première épreuve comportait deux problèmes indépendants. Le second était une étude à thème sur "Quelques modèles dynamiques d'une population". Le premier , sous l'intitulé général "Vrai - Faux", proposait 23 affirmations portant sur: la proportionnalité, l'analyse, l'arithmétique, la géométrie, les dénombrements, les probabilités et l'algorithmique, avec cette consigne : "Pour chacune des assertions suivantes, préciser si elle est vraie ou fausse et  justifier la réponse donnée".

La deuxième épreuve était à forte dimension "pédagogique", adossée à des productions d'élèves et au rappel des textes officiels, et supposée mettre le candidat devant des situations quasiment pratiques où sa compétence devait lui permettre, selon l'intitulé des différentes fractions du sujet, de : Concevoir des situations d'enseignement (5 questions) - Approfondir une procédure automatisée (4 questions) - Rectifier des représentations (3 questions) - Analyser des productions d'élèves (9 questions) - Préparer une séquence d'enseignement (5 questions) - Consolider des apprentissages (2 questions) - Exploiter des erreurs d'élèves (3 questions). Trois petites questions terminales prenaient un léger recul autour de l'axe  "Produits définis sur différents ensembles".

L'ensemble, techniquement, était d'un niveau extrêmement modeste. De fait, les connaissances et savoir-faire mobilisés correspondaient à un balayage assez diversifié et non approfondi des programmes des classes du lycée. Une seule question, isolée, (Epreuve 1 - question 22), dont je n'ai pas vu de solution générale simple hors le recours au lemme de Burnside, est sortie de ce cadre.

La première épreuve semblait destinée à une classe de terminale, spécialité: mathématiques. La deuxième épreuve relevait pour beaucoup de notions de type 3ème / 2de.

Tout cela n'est pas désagréable à chercher. Mais y trouve-t-on les exigences d'un concours de recrutement de professeurs de lycée en termes de connaissances et de pratiques mathématiques? Suffit-il vraiment pour enseigner d'être (de n'être que) le meilleur élève de sa classe? On sent là - et la deuxième épreuve en porte l'éclatante preuve - une sorte de victoire du "pédagogisme" sur l'ambition des connaissances magistrales. On place en quelque sorte la charrue avant les boeufs, le "Comment enseigner?" avant le "Quelle science pour enseigner?". La seconde épreuve serait typiquement un très bon canevas de dialogue interactif pour des séquences de formation continue, on voit mal sa pertinence en amont.

Mais à supposer qu'on accorde toute sa bienveillance à ces sujets en prenant acte de ce que les chercher a été l'occasion de deux demi-journées distrayantes d'un mois de juillet toulousain par à-coups maussade, il reste la question des exigences du correcteur. Car après cinq années post-baccalauréat d'études mathématiquement spécialisées, sur les 54 questions cumulées des deux épreuves, on ne voit pas motif à pardonner plus de trois ou quatre fausses routes. Or les années précédentes, les notes des derniers admissibles descendaient je crois en dessous de 6/20, ce qui est parfaitement inavouable et ne devrait pas être.

J'ai vu passer au moment des écrits, en avril dernier, un article sur ces questions qui rend assez bien compte de réactions rejoignant à peu près les miennes [Sophie Hiénard - Le Point - Réf: https://www.lepoint.fr/education/capes-de-mathematiques-2024-une-epreuve-ecrite-de-niveau-lycee-19-04-2024-2558094_3584.php#11]. Il y a là un réel problème. Et la conception d'ensemble de la formation des enseignants (concours de recrutement, exigences théoriques, formation pratique (qui doit être organisée sur le tas avec une entrée progressive dans la carrière), formation continue) reste entièrement à revoir. Comme le reste!

22 juillet 2024

UN COUP D'ŒIL AU DNB

Référence:   https://www.education.gouv.fr/brevet-bac-et-cap-les-sujets-des-examens-2024-414462

(L'examen a porté sur les sujets "Métropole").

Peut-on rapprocher sans être taxé de provocation  les sujets du DNB (Brevet des Collèges - fin de classe de 3ème) et ceux du CRPE (Concours de recrutement des professeurs des écoles - Bac + 5)? L'exercice est en tout cas intéressant tant, à comparer les épreuves, on se demande comment et pourquoi il a fallu huit années d'études supplémentaires pour passer des premières aux secondes!

Dans leurs libellés 2024, la nuance tient essentiellement à l'introduction au CRPE de prétentions à la conception pédagogique dont j'ai dit dans l'article précédent qu'elles me paraissaient inappropriées, car pour ce qui est de la maîtrise académique des disciplines, on peine à trouver des différences significatives!

Les prétentions ci-dessus gommées, les sujets sont quasiment interchangeables, voire potentiellement plus pertinents au DNB en vue du CRPE !

En Sciences et Technologie, toxoplasmose et domotique. Lisible, sans difficulté.

En Histoire-Géographie : Shoah / Europe géopolitique / Service civique. Plus intéressant que le sujet CRPE.

En Français: dictée / texte de Marc Dugain (La chambre des officiers - plus intéressant que les élucubrations de Lola Lafon au CRPE). Questions standards, faciles .

En Mathématiques : cinq exercices très simples demandant à peine moins de connaissances et de réflexion que l'épreuve du CRPE.

En Anglais: un petit texte de compréhension aisée (pourquoi au CRPE n'y a-t-il pas d'épreuve obligatoire de langue vivante mais seulement une épreuve orale facultative dont ne comptent que les points obtenus au dessus de la moyenne?). Questions très faciles plus difficulté d'un paragraphe de 50 à 80 mots à rédiger.

Il y a là matière à des rapprochements qui posent malgré tout quelques questions et invitent à relire avec un peu d'inquiétude les attentes effectives du CRPE en termes d'épaisseur comme de surface de la culture générale polyvalente du maître des premières formations. On dirait que le niveau requis / visé est celui de la classe de 3ème! Dans mes souvenirs des discussions avec l'oncle "pédago" dont je parlais la dernière fois, ce sentiment qu'il savait "un peu de tout" et sous cette expression cachait plus qu'un très solide vernis généraliste m'est resté. Il ne faudrait pas que ce "un peu" soit devenu le "trop peu" d'un vernis craquelé.

21 juillet 2024

UN COUP D'ŒIL AU CRPE

Instit ou Pédago, ce sont les termes qui me sont restés d'une scolarité qui respectait les instituteurs et durant laquelle, outre les maîtres que j'ai eus, un oncle paternel qui officia longtemps en Tunisie incarnait avec une bonhommie attachante et des savoirs qui me paraissaient vastes cette fonction que je trouvais essentielle et estimable.

Professeur des Écoles, le changement de dénomination m'a fait regimber, et puis on s'habitue. Va pour PE.

J'ai regardé en ce début d'été un peu attentivement les épreuves spécifiques du dernier concours de recrutement (Groupement 1 - Métropole - référence bas de page (*)) :  mathématiques, français, histoire-géographie, sciences et technologie, arts. Je suis étonné par certaines attentes pédagogiques des sujets qui vont jusqu'à la construction a priori de séquences d'enseignement dont il me semble que seules des épreuves pratiques, in situ, peuvent être le cadre approprié. Un éventail robuste de connaissances académiques me paraît le seul véritable préalable nécessaire, contrôlable à l'écrit, avant des entretiens oraux permettant de "sentir" (toute subjectivité des jurys assumée) chez le candidat une vision du métier et de faire un pari raisonnable sur son charisme, son bon sens et ses aptitudes. En ce sens, je ne saurais me prononcer sur le sujet de l'Épreuve écrite d'application dans le domaine des arts proposée.

L'épreuve de Sciences et Technologie examinée comportait deux volets. L'un relatif à la physiologie du sportif, l'autre à l'escrime de compétition et à ses innovations technologiques. On est frappé par le hiatus existant entre le volume et presque la complexité des documents fournis et la faiblesse des questions posées,  parfois entourées d'un certain flou, hiatus qui crée un doute. De l'ensemble naît un sentiment de gêne. Pourquoi tout ce fatras quand il s'agit de savoir si le candidat a quelques notions vraiment élémentaires sur l'alimentation du sportif, la circulation sanguine et la sollicitation de l'organisme à l'effort d'une part, le fonctionnement le plus élémentaire d'un circuit électrique (lampe, générateur, interrupteur) et l'incidence d'un conducteur, bon ou mauvais, sur le passage du courant de l'autre?

En Histoire-Géographie (en fait, ici, Histoire et Enseignement civique) on se trouve sommé de préparer, à partir d'une documentation fournie, deux séances pratiques dont l'intérêt me paraît second par rapport au contrôle qui resterait à effectuer de la présence d'un socle satisfaisant de culture générale historique. Simone Veil d'une part, la question garçons-filles de l'autre. Je passe pour me concentrer sur les deux axes qui restent essentiels, les mathématiques et le français.

Regardons le français.

On nous propose un texte, guère folichon, de Lola Lafon, figure notoire de l'univers littéraire, musical (chanson) et féministe actuel qui a rencontré un succès certain sans que j'en aie à ce jour rien lu ni, au vu de ce court extrait, sois tenté de m'y mettre.

Il s'agit d'écriture : Écrire est un engagement à ferrailler . Etc. L'étude de langue et lexicale (9 points sur 20)  se réduit à des questions de brevet des collèges (DNB). Le développement demandé ensuite (11 points) est très général (Les pouvoirs de l'écriture), avec la suggestion de s'appuyer entre autres sur le texte donné. Là, la porte est ouverte et tout est possible à un talent d'expression et à une réflexion de qualité. Donc pourquoi pas ? Mais il serait je crois plus pertinent de tester la qualité et l'étendue du fond de culture littéraire qu'on peut attendre d'un enseignant généraliste en proposant un texte plus "classique" dont on demanderait le commentaire succinct mais complet, et en ouvrant un questionnement annexe ou connexe sans exigence excessive touchant à l'histoire de la littérature.

Et pour finir les mathématiques.

C'est en gros encore du niveau du DNB, mais c'est varié et même assez amusant. Il n'y a aucune difficulté technique ni théorique et si c'est résolu impeccablement de bout en bout, on peut juger que les compétences du candidat sont satisfaisantes. C'est là d'ailleurs qu'est le problème. Il est judicieux de donner des sujets tout à fait raisonnables, ne visant qu'à définir le socle nécessaire au futur enseignant, mais l'exigence doit alors être absolue et l'intransigeance de rigueur. Sur ce sujet 2024, bon exemple, il ne s'agit pas de rendre une solution partiellement correcte. Les réponses doivent être exactes en totalité. Des nuances de notes peuvent se jouer sur la rédaction, une inattention ponctuelle et évidente peut être acceptée, mais aucune véritable erreur ne doit être tolérée. Ce doit être, avec un tel sujet, une épreuve couperet.

A ce titre-là (couperet) il faut insister - ce que ne souligne aucun des intitulés des épreuves - pour que l'épée de Damoclès de la correction orthographique plane sur l'ensemble du concours. Toutes disciplines confondues, les rédactions des candidats doivent être soumises à une grille de lecture rigoureuse et il devrait être fixé un niveau-seuil de correction formelle de l'expression en dessous duquel la candidature est écartée.

En conclusion, une impression globale mitigée et le sentiment que des adaptations auraient pu rendre plus convaincantes les épreuves, les mathématiques me donnant encore le sentiment d'être les moins mal traitées si on convient qu'elles exigent une solution exhaustive sans faille et qu'il vaudrait la peine de se pencher sur la possibilité d'en faire une épreuve éliminatoire.

(*) Référence : https://www.objectif-crpe.fr/annales-crpe?utm_source=google&utm_campaign=OC_All_Pmax&gad_source=1&gclid=Cj0KCQjwwO20BhCJARIsAAnTIVSxoGgkpKl2SINuTI7RXzszfcClRG8QREbzcutsPGBMTlCYy-X_oKUaAnjcEALw_wcB

18 juillet 2024

PUISQU'ON A VOTÉ CHOSE, C'EST FAIT ...

... on va pouvoir y aller et laisser nos irresponsables désormais aux manettes se dépatouiller avec le bordel ambiant et persister à s'enfoncer consciencieusement, puisque l'on n'y peut mais .

Du coup, on s'aperçoit qu'après y être allé il faudra en revenir et que la prérentrée des enseignants est fixée au vendredi 30 août prochain.

Quelle mascarade ces prérentrées! J'en ai, en poste et en 1970, connu l'installation. Plus de cinquante ans de n'importe quoi. Fixer celle-ci au vendredi 30 août est une provocation. La mesure raisonnable à prendre, que je suggèrerai à Caroline Pascal qui vient d'être désignée comme numéro 2 (DGESCO) d'un ministère en attente de son numéro 1 à venir, serait de rapporter cette affaire et de prendre par décret la décision d'aligner enseignants et élèves sur un retour dans les établissements le lundi 2 septembre, début d'une semaine de reprise entièrement à la main des équipes locales en vue du redémarrage de l'année scolaire le lundi 9 suivant. Foin de caporalisme et foi en l'autonomie et en le sens des responsabilités des personnels: "Vous avez la semaine pour vous retrouver, faire le bilan de l'année scolaire précédente, organiser l'accueil administratif des élèves et leurs activités douces mais efficaces de remise en route, la semaine pour réfléchir ensemble".

Dans le cadre de la formation initiale, qui est celui qui m'intéresse, école-collège-lycée, je trouverais par exemple intéressant que puissent être examinés par les équipes enseignantes les sujets du DNB (Brevet des collèges), du baccalauréat, et des deux concours de recrutement CRPE et CAPES, 2024. Il y a là une façon fructueuse de discuter des approches, des attentes et des objectifs de la formation-élèves, comme des compétences-professeurs espérées. Il va de soi qu'il me paraîtrait sain qu'au long de l'été, tout ou partie de ces sujets ait retenu l'attention des collègues et que ce soient donc des échanges déjà très informés qui puissent avoir lieu.

Quand je parle d'activités "douces mais efficaces de remise en route" pour les élèves, je pense à des prises de contact entre eux et les équipes chargées des classes, à des discussions maîtrisées mais ouvertes sur les événements de l'été, à des occasions de faire s'exprimer à l'oral et à l'écrit des jeunes gens dont il est avant tout essentiel de développer l'aisance et la correction à ces deux niveaux. Les situations sont à bâtir. Aux enseignants d'inventer l'atterrissage optimal mais constructif de leurs ouailles désignées après des vacances qu'ils leur souhaiteront avoir été planantes. Une première semaine pour réfléchir, se projeter et s'apprivoiser.

On peut y songer ...  

 

 

 

 

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