NABUCCOLes-desherites

L'envie m'a pris d'aller un peu regarder ce que pensait un politique récemment sorti de l'anonymat médiatique de l'Ecole et de ses problèmes. Il faut se renseigner.

Le titre choisi, et qui l'a été par référence au livre de Bourdieu et Passeron, Les Héritiers, m'avait a priori davantage renvoyé à celui de Maurice Barrès, Les Déracinés. Anti-Bourdieu dans ses contenus, on pourrait peut-être trouver dans l'essai de FX Bellamy des accents qui n'auraient pas tous déplu à Barrès.

Il y a dans ce petit livre, je crois quatre temps. 

Un premier et court chapitre tout à fait réussi, émouvant, sur la représentation du Nabucco de Verdi du 12 mars 2011 à l'Opéra de Rome, Ricardo Mutti au pupitre, et au bis exceptionnel du Va pensiero du choeur des Hébreux consenti par le maestro. Ouverture de l'essai en forme de chant du cygne, peut-être, de la culture. 

Sous l'intitulé: Trois secousses dans un séisme, on trouve ensuite en trois chapitres une analyse précise des conceptions de Descartes (Discours de la méthode), de Rousseau (Emile) et de Bourdieu (Les Héritiers, essentiellement) que l'auteur met aux origines de la maladie de la transmission des connaissances, de la transmission de la culture, qui gangrène le système éducatif. C'est rigoureux, précis, tout à fait passionnant.

La troisième partie: Refonder la transmission, m'a moins convaincu. On retombe là dans l'ornière propre aux réflexions sur l'Education nationale: les analyses sont convaincantes, les dénonciations efficaces et percutantes, mais les remèdes ne dépassent pas le niveau des voeux et l'on ne lit aucune proposition opérationnelle, aucune piste de restructuration effective de l'existant, aucune esquisse de refondation du système, rien qui permette de voir se dessiner la possible mise en oeuvre d'un ressaisissement.

Les dernières pages de l'essai, en deux étapes, l'une de conclusion, rédigée à la fin de l'été 2014, l'autre, en post-face, dans l'urgence de novembre 2015 et qu'ont imposée les attentats de janvier (Charlie Hebdo) et du Bataclan, de nouveau, dans leur réflexion générale, tout à fait accrocheuses et pointant le vide abyssal et mortifère sur lequel a pu déboucher dans la construction de quelques esprits l'échec de l'école en tant que système de formation. Mais elles n'en demeurent pas moins sans ouvertures ou pistes opérationnelles. Un constat affligeant, affligé et un Que faire? intact.

Le livre fait avancer la prise en compte du constat d'une école en situation d'échec et propose des hypothèses diagnostiques singulièrement convaincantes ... jugement que doit compléter un mais trop usuel : Pour quelles solutions?

 

foire-dempoigne                

                                    Conseil de classe 1