J'veux du soleil

Le film sonne juste. Je n'y allais pas conquis d'avance. Pas d'engouement particulier pour JF Ruffin et puis, les images haineuses des quelques Gilets Jaunes agressant Alain Finkielkraut du côté de la gare Montparnasse ....

Mais ce "ronds-points movie" touche. Bien entendu, le montage est parfaitement de parti pris, les images intercalées d'Emmanuel Macron soigneusement "anti", un ou deux flashes de "répression policière" convenablement révoltants ... mais les hommes et les femmes qu'on voit sur les ronds-points véhiculent à l'évidence des difficultés à vivre qui ne laissent pas indifférent. 

Une chose frappe, qui ne m'a sauté aux yeux qu'ensuite: ces gens, là, en train de faire cuire des saucisses à côté de cabanes bricolées avec des palettes, dans le froid de novembre et l'obstination des convaincus, si j'y reconnais facilement les silhouettes que je croise sur la place du marché d'un village du sud de Toulouse où j'ai mes habitudes, je n'y retrouve rien de ce que je vois autour de moi quand je monte dans une rame de métro, un peu tôt le matin, à Paris. Deux populations étanches.

Il vaut quoi qu'il en soit le coup d'aller voir le film, oubliant qu'il est "de propagande": il suscite un élan généreux. Et les derniers plans, sur une reprise du tube du groupe Au P'Tit Bonheur (Clip de la version originale ICI) est une belle et émouvante idée.  Dans la salle de cinéma, une voix s'est élevée, à la fin, pour proclamer : Il faudrait que Macron le voie. J'imagine qu'il l'a vu. Mais ensuite? Je ne suis optimiste à aucun niveau, dans cette affaire.