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Ben ... oui

Pris par trop de choses ... comme tout le monde.

Les fins d'année scolaire mobilisent même les retraités, quand il s'agit de suivre d'un peu près les épreuves du Bac et du Brevet. Une pétition a essayé de circuler concernant les soi-disant difficultés de l'épreuve de mathématiques en S. C'est un vrai marronnier, ça et ça laisse chaque fois rêveur. Il n'y avait il me semble rien qui ne relève de l'application directe du cours là-dedans. Avec même des coups de pouce aux candidats dont on aurait pu se passer. On devrait être en terminale S pour réfléchir... Les exercices m'ont paru un peu ennuyeux.

Les épreuves du Brevet sont toujours amusantes à examiner car on y lit l'absolue volonté d'amener tous les candidats aux environs de la moyenne, en posant le nombre suffisant de pseudo-questions pour que les points viennent tout seuls. Archétypique, dans l'épreuve d'Histoire, on propose aux candidats un document  ainsi présenté :

"Document : Témoignage de Jean-Jacques Auduc, né le 9 juillet 1931, près du Mans."

Suit une première question :  Présentez l’auteur de ce témoignage. (2 points)

Comment ne pas récupérer ces deux points-là? Passons.

 

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Vu quelques films.  Quatre exactement, inégaux. "Une certaine rencontre" (Steve Mc Queen et Natalie Wood). Gentil divertissement daté. "Trois visages" (Jafar Panahi), très attachant, très bien, et "La mauvaise réputation" (film germano-suédo-norvégien à tendance pakistanaise), impressionnant. Enfin, last et certainement least, "Bécassine", qu'on peut avantageusement éviter. 

Un peu lu. Stephen Hawkins, "Une brève histoire du temps", qui ne m'a rien apporté et m'a ennuyé. Charles Pépin, "La joie", petit bouquin qui m'a distrait et dont j'ai absolument tout oublié déjà. Quelque chose que Camus (La Chute, L'étranger) a dû vaguement inspirer. Mais c'est vraiment vague, une impression. Un truc gentil, pour un voyage en train. Je ne l'ai lu que parce que dans les MK2 du quartier Saint-Michel/Saint-Germain, on nous impose systématiquement de la publicité pour les conférences-Philo que Charles Pépin donne les lundis soir. Après les Lundis de Sainte-Beuve, les Lundis-philo de Pépin ... Il faudra bien que je me décide à aller l'écouter au moins une fois. Il m'en coûtera 10€.  Mais il suspend son effort pendant les congés scolaires. Logique de prof. 

Sinon, sur les conseils d'un ami enthousiaste, j'ai tâté de trois essais d'Antonio R. Damasio. Les titres sont attractifs : L'erreur de Descartes, Spinoza avait raison, Le sentiment même de soi. Je n'ai pu aller au bout d'aucun. Une véritable arnaque. Des pages filandreuses sur des pathologies neurologiques, centrées sur la description de zones cérébrales simultanément réactives au gré des situations décrites. Très déconseillé.

J'ai voulu (re)lire Les grands cimetières sous la lune, Bernanos. Je suis dedans. Je peine. Le point de départ a été la lecture de Lydie Salvayre, son Goncourt 2014, Pas pleurer, qui ne m'a pas emballé mais où Bernanos et ce livre sont omniprésents. J'ai voulu aller (re)voir. Je ne sais pas en fait si, jeune, je l'ai lu. Cela me semble terriblement daté comme style. Sur le fond, je suis contraint à d'incessantes mises au point historico-politiques sur l'Espagne des années 1936 et suivantes. C'est plutôt sain, mais je me lasse un peu. On verra.

Là, je viens de terminer Gary-Ajar, La vie devant soi. Très décevant. C'est un fabuleux canular mais je n'y ai pas cru une seconde. Je me souviens assez bien de la polémique de 1975, avec ce Goncourt attribué à un quasi inconnu. On n'a eu le fin mot de l'histoire qu'après le suicide de Romain Gary en 1981. Je crois, à la lecture, que Gary s'est bien amusé, à la fois en essayant de faire du faux Céline, et en se moquant, à travers des procédés dont il savait qu'ils allaient emporter l'adhésion du lecteur, du manque de finesse dans le jugement de la critique. Dans l'édition Folio (à 2€!) du texte intégral que j'ai utilisée, texte qui est complété par un apparat de commentaires destiné aux élèves des lycées, j'ai relevé un jugement  qui va assez dans le sens de ce que j'ai ressenti comme lecteur : [l'auteur] ne parvient pas à effacer les traces de la fabrication. Son petit garçon, trop malin pour être honnête, parle faux [...] Truquages, approximations et broderies ne seraient pas gênants , du reste, si on ne les maniait pas aux dépens de la plus profonde détresse humaine, ravalée au niveau du folklore. A chaque page, on entend le "Tu viens chéri?" susurré à l'entrée des hôtels de passe, et qui se trouve érigé en système d'écriture. On racole ainsi le lecteur pour l'emmener voir, en flattant son populisme, la seule chose au monde qui soit vraiment obscène : la misère résignée. Voilà qui rassurera les nantis. Pensez, quelle commode découverte! Les pauvres ne sont pas dangereux, ils sont drôles. Et tous les mêmes, au fond, car Arabes, Juifs ou Nègres, de n'être pas français leur donne, à la fin, la même nationalité. [Alexandre Sorel - L'Express - Décembre 1975]

Et puis je suis en train de traduire True Grit, de Charles Portis. Il y a eu deux adaptations cinématographiques de ce western, publié en 1968. La version de 1969 d'Henri Hathaway, avec John Wayne (il a eu en 1970 l'Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur pour ce rôle), et la réinterprétation en 2011 des frères Coen, avec Jeff Bridges, qui m'a paru inférieure lors de sa sortie, en dépit des dithyrambes de la critique. Mais il faut que je reprenne ça. En fait, le livre a déjà été traduit, mais on préfère toujours ce qu'on fait à ce que font les autres. Donc, j'y suis. Et j'attends d'en être sorti pour comparer avec la traduction de John Doucette. Je me demande d'ailleurs d'où sort ce John Doucette-là, répertorié comme acteur américain de deuxième catégorie quand on balaie le Net, et qu'il m'étonnerait de retrouver dans ce rôle de traducteur. Homonymie? Non, en seconde approche, il y a bien dans les références de la BNF un John Doucette français et traducteur de True Grit qui a, pour des raisons qui le regardent, caché sous ce pseudonyme, sa véritable identité. 

A suivre ....

                               John Wayne         Jeff Bridges