Sévère déception ce matin à l'écoute de France-Inter qui recevait, entre 8.20 et 9h, Pierre Mathiot, venu commenter le rapport remis hier à JM Blanquer présentant ses propositions de réforme du baccalauréat.

Pierre Mathiot, amaigri, était interrogé par Nicolas Demorand, visiblement mieux nourri.

P    N

Mais peu importe, le problème n'était pas là. Ni d'ailleurs où ils l'ont placé, aidés par les questions des auditeurs, à côté de la cible. Le baccalauréat, mythe fondateur et aboutissement fantasmé d'un parcours scolaire qui n'a plus grande substance ne sera sans doute pas déstabilisé par les suites que JM Blanquer donnera au rapport Mathiot. 

Et c'est bien regrettable. 

On a échangé sur l'examen du baccalauréat comme rite initiatique, comme premier diplôme de l'enseignement supérieur à réinstaller mieux en tant que tel, tout en prenant bien soin de souligner que l'accès à l'université ne saurait relever d'une quelconque sélection. Bref, on s'est régalé de foutaises.

Les chiffres cités ou évoqués sont pourtant parlants. Le baccalauréat est obtenu avec des pourcentages d'élection de maréchal, et près des deux-tiers des bacheliers inscrits à l'université en première année s'aperçoivent en échouant qu'ils n'avaient rien à y faire. 

Et sans prendre en compte qu'il faut revoir entièrement le fonctionnement du système de la formation initiale, on a discuté épreuves terminales et contrôle continu pour n'en rien dire de totalement précis.

Alors qu'il serait nécessaire de :

Se ressaisir en la redéfinissant de la scolarité obligatoire où sont à réinstaller fortement les notions d'autorité, de respect des valeurs, de sens de l'effort et de discipline. Un travail exigeant sur les chefs d'établissement (Collèges) et les modes de fonctionnement individuel et collectif du corps enseignant serait encore l'angle d'attaque le plus efficace, à l'écart de tout changement de structure et de programmes.

Installer une évaluation continue solide des acquis de la scolarité obligatoire sans compensation entre les différentes disciplines pour l'obtention d'un diplôme de bonne fin valant exeat.

Organiser les trois années de lycée en formation générale post-obligatoire à dominante (humanités - scientifique - technologique) avec mise en place d'une évaluation continue solide des acquis de la formation sans compensation entre ses différents volets pour l'obtention d'un diplôme de bonne fin valant exeat. Où la modularisation  sans compensation des connaissances et compétences acquises dessinera des profils individuels d'excellence sur la base desquels s'organiseront les éventuelles poursuites d'étude au sein des formations supérieures.

Deux points des échanges de ce matin émergent clairement comme faisant peur: le contrôle continu et la sélection.

Craindre le contrôle continu, c'est ne pas faire confiance au corps enseignant. Une compréhension collective efficace des objectifs de la formation initiale et un recrutement comme une formation des enseignants d'une qualité exigeante sont les véritables garanties d'un fonctionnement juste, intègre et rigoureux du système. Faire constamment fond sur l'hypothèse d'inendiguables accommodements locaux est assez insultant vis-à-vis de la déontologie pédagogique.

Nier la sélection est absurde. Si le mot gêne, il suffit de dire que dans toute formation par paliers, l'accès au niveau suivant n'a de sens que si des prérequis nécessaires sont fixés. Dûment informé, l'élève puis l'étudiant sait ce qu'il lui reste à faire en amont pour remplir le cahier des charges de ses ambitions. Que le système, dans ses structures, s'attache à soutenir son effort dans ce sens est un objectif qui va de soi, mais il ne faut pas lui vendre du vent : si les prérequis définis par l'aval qu'il vise ne sont pas acquis, il ne peut pas s'engager dans la voie. 

Je n'ai pas eu le sentiment ce matin d'une bien grande clarté sur ces sujets.