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Le Ministre et l'École

(d'après: Le Coche et la Mouche)

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé

Et de tous les côtés aux élèves exposé

Les enseignants tiraient leur Coche.

Garçons, filles, parents, tous leur tombaient dessus.

L'attelage suait, soufflait, été rendu.

Un Ministre survient, des pédagos s'approche ;

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'il sait faire aller la machine,

Prend quelques décisions assez inopportunes

Croit faire que le char chemine

Sans dotation d'argent aucune

S'en attribue d'avance et aussitôt la gloire

Va, vient, fait l'empressé ; il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant à chaque endroit

Faire avancer les gens et hâter la victoire.

De félicitations le Ministre a besoin,

Se plaint qu'il agit seul, et qu'il a tout le soin

Qu'aucun n'aide les profs à se tirer d'affaire.

Le syndicat récitait son bréviaire,

Faisait perdre du temps ! Les proviseurs dormaient !

Partout, la somnolence sévissait !

Le Ministre prétend leur tirer les oreilles

Et fait quelques sottises à nulles autres pareilles.

Après bien du travail, l'année arrive au bout

Respirons maintenant dit le Ministre à bout

J'ai tant fait que les jeunes ont la cervelle pleine.

Messieurs les enseignants, payez-moi de ma peine.

 

Les Ministres ainsi, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires,

Ignorent tout du nécessaire

Et partent en nous laissant, pilule fort amère

L'École chaque fois un peu plus affaissée.