Journées, le week-end dernier, du Patrimoine. Je vois chaque année approcher cette manifestation avec crainte. J'ai horreur des visites, ma femme les adore. Le compromis s'établit, comme toujours à l'imparfaite satisfaction des deux parties. Mais ne nous plaignons pas trop, on fait, au gré des portes ouvertes, des découvertes parfois très intéressantes.

Au programme d'hier, il y avait la Fondation Le Corbusier, square du docteur Blanche (une bonne heure de queue, on a laissé tomber), la verrière du Grand Palais (annoncée ouverte au public, annonce erronée relayée par internet – aimable filtrage à l'entrée – on nous a  refoulés), la (nouvelle) piscine Molitor et l'Hôtel de Ville de Paris.

Piscine_MolitorH_tel_Le_Molitor

A Molitor, il fallait prévoir plus d'une heure de queue, à moins … eh oui, à moins de passer par l'Hôtel  Sofitel Le Molitor qui l'englobe dans ses locaux, et qui fermait avec bienveillance les yeux sur ces quelques dizaines de petits malins qui franchissaient son seuil façon clients au lieu d'aller rejoindre les quelques centaines de disciplinés qui sagement s'alignaient à l'extérieur, sur le trottoir, devant l'entrée de la piscine.

Pas grand-chose à raconter, en fait. Beau bassin intérieur de 25 mètres, beau bassin extérieur de 33 mètres, segmentés sur le mode 25 + 8 par un muret à peine immergé pour séparer bassin de natation et barbotage. Le plus intéressant? La terrasse de l'hôtel, au 4ième étage, avec vue sur les serres d'Auteuil menacées par les projets d'extension de Roland-Garros.

Broutilles.

H_tel_de_Ville_de_Paris

Et puis l'Hôtel de Ville de Paris. Aucune queue à l'entrée, vers dix heures, dimanche, filtrage serré mais bienveillant (sans portable, puis sans montre, puis sans pardessus, je faisais sonner le portique de sécurité. On m'a dit: Passez quand même, inch allah!)

C'est immense, fastueusement décoré et vide. Quelques vitraux amusants, une exposition des étudiants de l'école des Beaux-Arts, une présentation des corps de métiers de la Ville de Paris, de beaux plafonds, etc.

On voulait voir le bureau du Maire.

C'est une double horreur.

Ce n'est pas un bureau, mais une grande salle foutraque où sont accumulées quelques laideurs artistiques (un cheval polychrome, un panda bicolore, un buste de Marianne par Faizant qui a fait plus rigolo) et où trône un scandale dysorthographique.

bureau_maire_de_Paris_2015

Le méfait concerne un tableau de dimension importante (au fond sur la photographie)  dont j'ai malencontreusement omis de noter qui l'avait commis. Il présente les caractéristiques inesthétiques usuelles de l'art moderne, juxtaposition de n'importe quoi dans des tons brutaux et il porte cette inscription définitive : La pinture me rend marteau.

Je trouve parfaitement scandaleux qu'Anne Hidalgo, maire de Paris, affiche ès qualités, dans son bureau, cette provocation dysorthographique. Il y a chez l'auteur de la formule une forme d'imbécillité assumée à laquelle le premier magistrat de la capitale ne devrait pas prêter la main. Je ne pense pas qu'il soit outre mesure nécessaire de développer autour de cette mauvaise action. La présence navrante de ce tableau décrédibilise tout discours municipal sur un soi-disant effort d'amélioration de la maîtrise du français à l'Ecole.

L'orthographe se meurt! Que sonne le tocsin!

Cela mérite bien que je ponde l'octain

Qui suit …

***

Epouse de Priam et Mère de Pâris,

Hécube, Ô toi qui vit périr dans Troie en flammes

Presque tous tes enfants, rougis du fond de l'âme,

Au forfait que commet la Maire de Paris.

Toi, tu pleurais Hector, Elle tue l'orthographe,

Vos titres sont semblables à l'oreille, l'agrafe

Aux cheveux embellit vos têtes couronnées,

Mais si la tienne est fière, la sienne doit courber!