La-salle-de-classe-de-Titeuf_image_player_432_324

C'est un document de présentation de 26 pages. On peut en prendre connaissance ICI 

Il faut (faudrait / faudra)  le compléter par l'examen des projets de programmes pour les cycles C2 , C3, C4 que l'on trouve ICI 

Pour mémoire :

{cycle 1:  cycle des apprentissages premiers, en petite section, moyenne section et grande section d'école maternelle}

cycle 2:  cycle des apprentissages fondamentaux – CP – CE1 – CE2

cycle 3: cycle de consolidation – CM1 – CM2 – 6ième

cycle 4: cycle des approfondissements – 5ième – 4ième – 3ième

Que retient-on de saillant, à lire le document de présentation?

Peut-être, l'intention (elle est bonne) de donner une forme de cohérence à la scolarité obligatoire en faisant du DNB (Diplôme National du Brevet – sans doute plus connu comme Brevet des Collèges) le contrôleur de la maîtrise du socle commun. En faisant donc, au fond, de cette maîtrise, l'objectif premier de ladite scolarité obligatoire, et du coup du binôme Ecole-Collège, l'esquisse d'une souhaitable entité autonome, Ecole-de-la-Scolarité-Obligatoire-non-antichambre-du-lycée.

Ensuite, évidemment, "les 20%"!

Ainsi donc, 20% de l'horaire d'enseignement seraient à la disposition des équipes (pédagogiques) d'établissement  pour essayer de … mieux faire. Comment? En organisant : Du travail en petits groupes – De l'accompagnement personnalisé – Des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires).

Evidemment, stricto sensu, le ministère calibrant du coup lui-même ces 20% à "environ 4 à 5 heures par semaine", c'est peu pour courir ces trois objectifs. L'accompagnement personnalisé, ce devrait être deux heures d'études encadrées par jour et les EPI devraient, recalibrés en mi-temps d'activités de groupe-classe hétérogène pilotées par un binôme de professeurs à la fois polyvalents et référents, représenter 50% de l'horaire d'enseignement.

Le travail en petits groupes est un concept à noyer dans les deux démarches précédentes, tandis que les "autres" 50% du temps d'enseignement devraient être une poursuite de l'excellence individuelle par modules et unités de valeur.

Mais je m'éloigne.

Donc 20%.

Puisqu'ils sont proposés, s'en saisir et exploiter à fond la marge d'inventivité pédagogique qu'ils peuvent offrir aux équipes pédagogiques, ce qui pose la double question de l'existence effective de ces équipes et de la compétence éducative et managériale des chefs d'établissement. Et il n'y a pas là un mince problème !

On peut en outre immédiatement remarquer que les exemples d'EPI tels que dessinés dans le document de présentation de la réforme – opinion personnelle – sont médiocrement convaincants …

 

Ces histoires d'équipes pédagogiques en action rejoignent les déclarations d'intention concernant les apports du numérique, la démocratie collégienne, l'ouverture "participative" aux parents, pour signifier de fait, quoi qu'il en soit des mots, que le collège est un microcosme qui ne se saisira positivement de l'autonomie offerte et ne donnera un caractère opérationnel aux énoncés produits que si les chefs d'établissement ont une vision adéquate du changement complet de perspectives à opérer et la capacité d'entraînement suffisante pour faire manœuvrer leurs équipes dans la bonne direction. Or les chefs d'établissement sont à eux seuls, jusqu'à plus ample informé, un problème ….

Chefs d'établissement et équipes pédagogiques, tout reste une éternelle et simple (!)  d'hommes (de femmes). 

La plus mauvaise idée, sinon, là-dedans?

Sans doute la question des langues vivantes.

Si l'on se place dans le cadre souhaitable du socle commun, la maîtrise du français dans sa pratique orale et écrite (où maîtrise ne soit pas un vain mot) et d'un outillage efficace de mathématiques ainsi que la connaissance d'un très modeste canevas chronologique du monde tel qu'il va depuis les temps préhistoriques ne me semblent à compléter que par un réel essai/effort de pratique orale de l'anglais. World's way. Réalisme prime.

Au-delà, il faut entrer dans la logique de l'optionnel et des unités de valeur / modules de construction de l'excellence individuelle. Et c'est bien pourquoi le partage 50/50 du temps d'enseignement entre ce progrès collectif ouvert que peut être le socle commun, et ces progrès individuels que seraient des modules est , non, devrait être, l'objectif visé. Avec dessin national ferme, précis, du champ des modules, et large autonomie méthodologique aux équipes locales dans le domaine du socle une fois son contenu clairement défini.

 

Et puis je crois qu'on n'aboutira pas tant qu'on ne parviendra pas à organiser un système éducatif qui soit capable d'accueillir et d'encadrer efficacement de huit heures à dix-huit heures cinq jours sur sept (va pour le week-end, encore que …) des populations d'enfants que la vie moderne abandonne à eux-mêmes, c'est-à-dire hypnotiquement à leurs téléphones portables. Mais on glisse ça sous le tapis.

 

Le texte de présentation produit est trop dans l'entre-deux. On y devine la prise de conscience d'un problème, mais aussi cette frilosité qui condamne à l'échec par manque d'audace et d'investissement. Je serais très surpris que le corps enseignant suive. Je parie plutôt pour une non-réforme de plus. Et, puisque c'est par des schémas à pente négative que le texte officiel commence, je crois à la poursuite de la dégringolade.