JLMélenchon Hollande

La question du Front National, dont on nous rebat les oreilles, ce n’est rien d’autre une fois de plus que le problème scolaire. Le discours post-premier-tour de la gauche, dégoûté, virulent (Mélenchon) ou maladroitement raide (Hollande), a tort de vilipender la honte brune à l’horizon ou d’affirmer sans preuves : Même pour vous, c’est moi, la solution.  C’est là du temps perdu et de la salive inutile.

Tout le monde est raciste, plus ou moins, xénophobe, peu ou prou, haineux, jaloux, vindicatif, aigri, certains jours. La question n’est pas là. J’ai été élevé dans une famille traditionnellement catholique, parfois portée sur la bondieuserie et porteuse d’inquiétudes et d’idées reçues anti-juives, anti-arabes, anti-noirs, tranquillement anglophobe et germanophobe, et dans les moments de colère jurant après les ratons et les bougnoules. C’était il y a longtemps.

On en sort par l’effort de la raison, par la réflexion, par la lecture, par l'écoute, par l’étude, par l’école.

L’école ….

Le discours à développer, préalable aux méthodes à mettre en œuvre, ce n’est pas un discours sur la vilénie du racisme, du rejet de l’immigré, c’est un discours qui pose en principe premier le combat pour l’intelligence. Et le combat pour l’intelligence, c’est l’école publique, laïque et républicaine. Tout l’effort doit porter là-dessus et c’est d’abord de cela qu’il faut parler. Pas en termes de moyens, de postes à ouvrir ou fermer, d’intendance, qui par nécessité suivra, mais en termes de sens, d’objectifs, de ressaississement total du glissement social par l’adéquation de l’outil de formation aux exigences de l’avenir pour qu’il soit préférable au présent.

Les occasions gâchées n’ont pas manqué, Langevin-Wallon, 1968, 1981. Mais il faut encore entreprendre. Et on le peut si le discours sait montrer la voie. C’est un remaniement complet de l’école, associé à un repositionnement humaniste du regard à ouvrir sur le monde au bénéfice des générations à former, qui peut, seul, dénouer le nœud gordien des blocages sociétaux.

La prise de conscience politique de cette exigence est grandement absente aujourd’hui. Il ne sert à rien de dire : "Electeurs du Front National, brebis fourvoyées ou ex-ordures – cela, selon les sensibilités et les tempéraments - venez à moi". Il faut dire : "Electeurs, vous savez le constat, et qu’il est dramatique en termes de valeurs et d’inégalités ; je vous propose de tout reconstruire, en une génération ; le but est difficile et lointain, mais c’est le seul qui vaille ; à court terme et pour les affaires courantes, nous ferons de notre mieux pour limiter les dégâts et n’être pas pire que les autres ; mais nous allons en même temps, ensemble, inventer l’avenir en reconstruisant totalement l’école pour vaincre, sans faiblir, la bêtise au front bas".