26 mai 2009
Après Darcos, Descoings ?
La rumeur semble s’installer, qui vaut ce qu’elles valent toutes, c’est-à-dire quelquefois réelle annonce … Du coup je suis allé un peu voir du côté du site dédié à la mission du second sur le lycée (http://blog.lyceepourtous.fr/category/blog).
Cela m’a vaguement rappelé le site Désirs d’Avenir de Ségolène au moment de la campagne présidentielle. C’est plutôt bien fait mais j’ai l’impression que ça tourne en rond sur le fond. Ces ambitions « participatives » ne débouchent guère me semble-t-il ; mais je n’ai pas « surfé » peut-être assez longtemps. Il y a beaucoup de vidéos ….
Que va faire Descoings de tout cela (évidemment, je n’ai pu me retenir d’adjoindre au lot ma contribution, puisqu’on me la demandait comme à tout un chacun aimablement. Pour éviter le copié-collé d’une quelconque note antérieure, j’ai « torché » sur un coin de table les restes un peu fatigués d’un credo trop souvent entonné pour s’envoler, léger, sur les ailes d’un quelconque espoir (ci-joint). Mais enfin …).
Sauf la satisfaction de poursuivre une ambition personnelle (dans Le Monde daté d’aujourd’hui, Arnaud Leparmentier rapporte les propos « d’un haut responsable politique » lui ayant affirmé : « … tout le monde sait que Descoings ne pense qu’à ça. »), je me demande quelle conception d’ensemble peut avoir Richard Descoings d’un système éducatif qu’il n’a fréquenté qu’au niveau du cabinet de Jack Lang ou par le biais de ses initiatives à Sciences Po.
Là, il consulte tous azimuts, renouvelant via internet et YouTube la multi-réunionnite de Claude Thélot lors de sa consultation de 2003-2004 sur un avenir du système éducatif toujours dans les limbes et pour ce qui concerne le sien resté dans les tiroirs…. Tout ça fatigue un peu. Mais le principal intéressé (hier Thélot, aujourd’hui Descoings) s’amuse. Loi du genre, sans doute. Qu’en sortira-t-il ?
La veille ou l’avant-veille (« Couac parlementaire sur la réforme du lycée ») Maryline Baumard et Benoît Floc’h évoquaient le désaccord final de la mission parlementaire UMP-PS sur le lycée et au passage une proposition de Benoist Apparu, rapporteur UMP, qui voudrait défendre « une architecture en trois blocs [du parcours scolaire] : le premier est celui de l’acquisition du socle commun de la maternelle à la fin du collège. Le deuxième regroupe le lycée et la licence et a pour objectif d’amener 50% d’une classe d’âge au niveau bac+3. Le troisième commence au master. »
J’ai vu avec plaisir apparaître là, au moins, cette idée qui me semble indispensable d’un traitement spécifique du bloc de la scolarité obligatoire, dont la fusion du primaire et du collège est l’outil nécessaire. Le reste me plaît moins. Le rapport final est pour demain. Mais d’après les journalistes, il y aurait des convergences avec les idées de Richard Descoings. Si cette affaire de premier bloc y gagnait ses galons …
Nous verrons bien. En attendant, exit donc nous dit-on, Darcos après le 7 juin … Je n’ai jamais cru en lui. Il avait été déjà bien faible à l’inspection générale. L’ennui, c’est que Descoings ne m’inspire en rien des pensées plus positives. Les « a priori » sont donc négatifs. Mais il faut juger sur pièces.
Annexe :
Contribution. (postée sur le site Lyceepourtous.fr)
Vouloir penser une réforme complète du lycée dans le détail est probablement un exercice vain – outre qu’assurément épuisant. Outre également que le détail tue l’idée.
Vouloir penser une réforme du lycée comme entité séparée, quand les problèmes les plus graves pour l’avenir sont, en amont, ceux de la scolarité obligatoire, et en ce sens de la formation à la citoyenneté, au dialogue, à l’insertion civique pour tous, c’est une démarche qui n’est pas porteuse de sens.
Néanmoins …
Il y a les locaux et les moyens et outils matériels de la production de formation, il y a les enseignants, leurs compétences et leurs services, il y a la philosophie éducative dans laquelle inscrire l’effort de ces enseignants.
Pour le dire autrement en le précisant :
A. Les trois années de lycée doivent permettre la consolidation et l’approfondissement d’une culture générale et d’une maîtrise des outils de la prise d’information, de la réflexion, et de la communication dont la scolarité obligatoire aura installé les bases.
Cet objectif pourra être poursuivi sur un mi-temps scolaire, dans des classes confiées à un binôme de professeurs aux polyvalences complémentaires, intervenant ensemble et suivant ensemble le groupe.
B. La recherche de l’excellence individuelle se développera dans le cadre d’un second mi-temps scolaire entièrement modularisé. Une atomisation de l’ensemble des acquisitions et compétences disciplinaires envisageables (tant dans le champ de l’enseignement dit général que dans celui des enseignements dits professionnels) doit offrir une grille de modules courts (20 à 30 heures d’enseignement) dont l’évaluation terminale positive inscrit comme acquise une unité de valeur dans le livret scolaire personnel de l’élève.
Les unités de valeur se cumulent
Le module est suivi par des groupes homogènes en niveau (sans critère d’âge ; un élève de seconde et un élève de terminale peuvent suivre un même module)
L’enseignement des modules est confié à des professeurs spécialistes de la discipline
C. La notion actuelle de filière disparaît. Disparaît aussi le redoublement au sens du groupe-classe. Par contre, l’échec en fin de module ouvre la possibilité de le recommencer.
D. Le choix des modules est optionnel. L’élève définit par ses choix et son travail son profil d’excellence et de sortie du lycée. La grille d’offre de modules est nationale. Elle est connue de l’aval (poursuite d’études, vie active) qui arrête à sa convenance les profils (par U.V. cumulées) qu’il impose comme critère de recrutement. Ces profils, publics, fondent en termes d’orientation active les décisions optionnelles des lycéens.
D’. Le baccalauréat disparaît ipso facto.
Les enseignants …
L’introduction au lycée de professeurs polyvalents (cf. ci-dessus A) induit la définition d’une compétence nouvelle qui pourra se construire à partir d’une formation de type philosophique augmentée d’enrichissements à préciser. Par exemple le binôme évoqué pourrait couvrir dans sa complémentarité la totalité du champ des connaissances générales actuelles des baccalauréats, mais sans exigence supérieure de niveau.
Les locaux, les moyens matériels …
Les enseignants, pour suivre les classes comme pour gérer les modules, doivent être à même de développer sur place l’essentiel de leur activité professionnelle qui devra inclure des plages de disponibilité pour le suivi-conseil-soutien réel des élèves. Il leur faut donc des bureaux (et des moyens bureautiques), et des salles de réunion, sans exclure pour la vie des équipes pédagogiques un efficace reconditionnement des salles des professeurs.
L’encadrement éducatif, l’autonomie …
Pour œuvrer efficacement autour d’objectifs nationaux qui ne cessent d’exiger des adaptations locales, il faut donner un contenu large et effectif à l’autonomie des établissements et en penser la gestion d’équipe au travers d’une nouvelle approche de la notion de projet d’établissement. Toute une réflexion est à mener mais qui semble nécessairement conduire à l’élaboration de projets-programmes à trois ans (la durée d’un cycle-lycéen) élaborés par l’équipe pédagogique et éducative en place et dont le principal porteur prendrait, sur cette durée, les fonctions de proviseur. Un processus électif est à prévoir. Un proviseur-adjoint nommé par l’administration assurerait dans le temps la continuité gestionnaire (rôle classique de secrétaire-général).
Voilà, pour une ébauche…
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