AutreMonde

Réflexions sur l'actualité de l'Education Nationale et... Commentaires divers et parfois développés (humeur, lectures, spectacles) .

15 février 2009

Trois Sorties

.... et trois spectacles .

Les ai-je vraiment choisis ?

Des circonstances familiales m’y ont jeté et ma foi, autant être dès lors spectateur bonhomme et attentif.

Dimanche matin 8/2 :  J’ai dû assurer la nuitée des trois petits-enfants et j’avais promis un film matinal à suivre à l’UGC Cité-Ciné des Halles. On s’est couchés un peu tard la veille et on a raté la première séance. On est prêts pour celle de 11h05. Ce sera « Volt, star malgré lui » (Disney, Studios Pixar. Film d’animation). Télérama est content et j’avais lu la présentation de Pariscope : « Elevé dans un studio de cinéma, un jeune chien, star d’une série télé, est persuadé qu’il possède les pouvoirs que le scénario lui a attribués. Un jour il s’échappe et, perdu, tente de retrouver sa jeune maîtresse en découvrant la vraie vie. Une folle randonnée pleine d’aventures et de rencontres ».

Ça devrait aller.

Et effectivement, ça va.

La salle était bondée de parents ou grands-parents privés de messe* (?) et promus accompagnateurs de bambins surexcités, sur un principe qui semble s’apparenter à celui des charters car le quota d’enfants par adulte m’a paru anormalement élevé. Procréerions-nous tant que cela ?

Enfin, tout le monde s’est bien amusé. Le film est très enlevé, un peu difficile peut-être au départ pour les moins de sept ans car il faut repérer l’emboîtement / mise en abyme, « film dans le film », des séquences télé. Celle qui sert d’ouverture est d’ailleurs époustouflante. Mais les petits personnages annexes sont épatants (un hamster nommé Rhino, groupie de Volt ; une chatte de gouttière noire et blanche, compagne d’abord contrainte puis consentante de l’expédition, qui répond au nom de Mitaine et dont le pouvoir de séduction est indiscutable (je l’ai trouvée carrément irrésistible)) et le spectacle est réjouissant. Bien sûr, c’est très « américain », plein de morale et de bons sentiments, mais enfin il y a quelques clins d’œil plus décapants et on ne regrette pas le voyage. 

·        À propos de messe, mon anticléricalisme viscéral s’est régalé, au hasard d’une relecture cette semaine de La Nausée (Sartre) de cette notation : « C’est dimanche : (…) dans les églises, à la clarté des cierges, un homme boit du vin devant des femmes à genoux » .

Fin d’après-midi, même jour: J’avais la charge diurne (nuitées dans un hôtel convenable du quartier) et pour quatre jours d’une très dynamique nonagénaire (largement nonagénaire !) niçoise (descendue d’avion à Orly vers 14h) dont le programme de sorties comportait deux prestations théâtrales pour lesquelles j’étais sommé de jouer les escort boys.

Le programme du premier jour : Tous les algériens sont des mécaniciens, de Fellag, avec Fellag et Marianne Epin. Au Rond-Point des Champs-Elysées à 18h30.

Le théâtre du Rond-Point offre  - et c’est relativement rare – une assez large palette de tarifs selon le statut et l’âge, de 10 à 33 euros. Notre statut commun de « seniors » nous classait sur l’échelle à 24. Ma suggestion à la caisse de distinguer entre « vieux » (moi) et « très-très vieux » (ma cavalière) pour tirer encore un peu son tarif vers le bas n’a pas été retenue ….

La critique (en tout cas celle de Fabienne Darge dans Le Monde de Jeudi 29/1) était prometteuse.

Promesse non tenue. J’ai trouvé le spectacle un peu poussif. Marianne Epin n’a rien et ne fait rien pour passer pour une femme de « là-bas ». Fellag a écrit un texte sans grand génie, qui détaille tranquillement les difficultés d’un quotidien qu’on voit miné par la pénurie et qui joue, dans une provocation émoussée, de l’aspiration de l’algérien de base à venir profiter de la sécurité sociale de l’ex-colonisateur. Les sketches sont étirés et Fellag accroche de temps en temps son texte.

Mais la salle, comble, était visiblement remplie à 99% d’inconditionnels, et les quelques rares répliques en arabe déclenchaient des houles – au demeurant sympathiques – de complicité avec le public. Des pieds-noirs ? Des fils de pieds-noirs ? Sinon ? Rien dans le look dominant ne faisait particulièrement penser à des spectateurs venus de l’immigration. Étonnant. En tout cas, l’aimable douairière qui me donnait le bras en manteau de vison (mais si !) et qui ne quitta qu’à regret Oran en 1962 était enchantée.

Lundi soir 9/2 : Il fallait se transporter pour 21h30 à l’Aktéon Théâtre, 11, rue du Général Blaise, dans le XI° arrdt. « On » avait une amie d’Avignon qui avait vu le spectacle cet été dans le festival « Off » et l’avait recommandé. L’actrice était délicieuse et pétillante, « on » pouvait y aller de confiance, etc.

À 94 ans et par grand-froid, même en manteau de vison, c’est en taxi qu’on se déplace. Et comme un escort boy n’est pas là pour engager des frais mais seulement pour faire des grâces ( ?), on lui confie son épais porte-monnaie : « Écoutez, gardez-le, occupez-vous de régler, je suis trop maladroite avec l’argent liquide ». Il y a une station de taxi en bas de la rue Soufflot, au pied de l’immeuble, et il y a même en quasi permanence des taxis à la station. On montait dans une grosse Mercedes grise à 20h45.

Dans la vie de mon chien est un « seule en scène » écrit et joué par Isabelle Jeanbrau. Mise en scène de Laurent Maurel. Le lundi et le mardi jusqu’au 3 mars. C’est excellent.

Le Figaroscope de ce  mercredi 11 a rendu compte du spectacle à l’unisson de mes impressions : « Loustic est un petit chien malicieux et surtout très observateur. Il ne se lasse pas de scruter les mœurs et coutumes de ses amis bipèdes. Et principalement deux d’entre eux, Stella et Paul, ses maîtres patentés (…) Vue par Isabelle Jeanbrau, l’expression « vie de chien » perd vraiment tout son sens. Ce loustic-là a une bonne nature et prend la vie avec une philosophie joyeuse. Il faut dire que Mlle Jeanbrau lui prête son sourire, son enthousiasme et sa bonne tête. Elle est étonnante dans ce rôle de chien. Au-delà de sa performance de comédienne, c’est de grâce qu’il s’agit. On sort du spectacle avec le cœur léger ».

Oui, c’est à peu près ca, en mieux même. Et j’ai trouvé très touchant, derrière quelques morceaux au franc comique, ce portrait humoristique d’un couple en échec peint par un beagle rempli d’un étonnement empathique et distancié.

Quant à la « performance de la comédienne », elle m’a semblé, ce lundi-là, assez extraordinaire. Recommandé.

Ensuite, l’escort boy a pu lever le pied, mais on lui a substitué le cuistot et je me suis lancé, non sans talent, dans la purée (la vraie !) - saucisse, le poivrons sautés - boudin, le poulet-frites, le couscous (incontournable, Fellag, etc.)  et la soupe de légumes. Le coup de  fourchette invité était solide. Il faut se maintenir, à ces âges … 

Posté par Sejan à 11:43 - Sorties / Spectacles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

IUFM, purée

Le discours sur les IUFM, bien balancé comme toujours dans votre approche des débats éducation nationale, y gagne encore à être placé à proximité d' une saucisse- purée( de nous autres). Bonjour à la douairière!

Posté par Guy Chassigneux, 17 février 2009 à 06:38

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